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À lire seulement si vous venez de Trois-Pistoles…

- 11 juin 2015

Berube220C’était le 29 mai dernier. J’avais cette entrevue avec Marc-Antoine Bérubé.

J’étais plus soucieux. Le professionnalisme devait primer.

Bien informé par mon cousin Fred (un bon ami de Marc-Antoine), je devinais que le gars avait de fortes chances d’être repêché par une équipe du baseball majeur. Je laissais toutefois mes sentiments de côté afin de pouvoir relater des faits, plutôt que des souhaits. Rigueur, rigueur, rigueur…

J’ai enchaîné les questions le plus objectivement possible, comme si je ne connaissais pas si bien le sujet.

Pourtant, le jeune homme est originaire de Trois-Pistoles, comme moi.

Pourtant, son père Valmond, un homme axé sur la «discipline», m’a montré les rudiments du basketball au gymnase de l’école secondaire.

Pourtant, sa grand-mère m’enseignait la biologie… Elle m’avait d’ailleurs partagé un jour, en voyant que j’avais un feu sauvage, qu’elle souffrait elle-même d’herpès buccal à l’occasion. Si ma mémoire est bonne, « ma’ame Bio » m’avait révélé traîner ses propres ustensiles au resto pour éviter, autant que possible, d’avoir un bobo sur les lèvres. J’ai visiblement été marqué. Mais ça, ça n’a rien à voir avec le baseball et le contenu de ladite entrevue.

(…)

Je me devais, disait-on, de demeurer détaché avec Marc-Antoine même si on vient de la même place, que je connais très bien son père et visiblement trop bien sa grand-mère.

J’ai moi-même, pourrais-je ajouter, dirigé «Béru» quand il était haut comme trois pommes et qu’il évoluait au niveau «École de baseball».

Plus récemment, j’ai aussi fait partie des entraîneurs, tout comme lui, à l’Académie de baseball MVP de Trois-Pistoles, en 2013. C’est là que je l’ai connu tout juste un peu mieux.

À travers tout ça, je dois être clair: je n’ai aucun crédit pour son développement. Je vous l’assure.

À vrai dire, je trouvais même Marc-Antoine plutôt perdu quand il était petit. N’empêche, j’aimais bien voir le gamin aux cheveux bouclés attaquer le t-ball vigoureusement.

(…)

En tant que journaliste, tout en demeurant objectif, je trouvais simplement intéressant de lui offrir ne serait-ce qu’un peu de visibilité avant le repêchage (ici).

Moins de deux semaines plus tard, voilà que Bérubé vient d’être sélectionné par mon club préféré, les A’s d’Oakland. Difficile de demeurer parfaitement insensible, je vous le concède.

J’ai pu féliciter sa mère Nathalie (la fille de ma’ame Bio), au téléphone, avant de reparler un peu avec Marc-Antoine. Encore une fois, j’ai tenté d’enchaîner les questions -le plus objectivement possible- pour ce nouvel article (ici).

(…)

En discutant avec Marc-Antoine, autant lors de la première entrevue qu’à la deuxième, je me suis quand même rendu compte que je ne connaissais pas si bien le sujet finalement… Il y a toujours moyen d’en apprendre.

Le monde du baseball universitaire américain, peu importe l’athlète qui y évolue, est fascinant. On finit par comprendre que les clubs de l’ACC (pour Atlantic Coast Conference) font partie de ceux qui attirent le plus les regards des dépisteurs. En choisissant l’Université de Pittsburgh, Bérubé a mis les chances de son bord.

Tout ça pour me rendre compte également à quel point «Béru» a évolué, autant sur le plan personnel que sur le plan sportif. Il y a notamment eu cette réponse à la question «quel aspect du jeu as-tu le plus amélioré dans la dernière année»?

«Honnêtement, je pense que c’est l’approche mentale», a-t-il dit.

Il a parlé de l’importance d’avoir une mémoire à court terme au baseball, entre autres.

«Ce qui fait la différence à un certain niveau, c’est le talent oui, mais c’est aussi l’aspect mental», de préciser Bérubé.

Oui, le meilleur joueur des fourmis de Trois-Pistoles (un nom trouvé par Valmond, à l’époque) parle maintenant comme un gars des grandes ligues.

(…)

En devenant journaliste sportif, je vis moi-même un rêve. Je demeure à Montréal depuis plusieurs années, mais mon cœur n’est jamais bien loin de Trois-Pistoles.

Il y a cette fois où, invité par l’animateur en pastorale Gratien Gagnon, j’ai fait une série de conférences à mon ancienne école secondaire. Mon discours : oser, prendre des risques et croire en ses rêves.

À l’époque, certains élèves m’avaient laissé entendre qu’il était difficile de réussir sa vie quand on vient d’un petit village comme Trois-Pistoles. Tout en essayant de renverser cette fausse impression, j’ai été offusqué, déçu, triste.

En étant repêché par le baseball majeur mercredi, Marc-Antoine Bérubé a lui-même prouvé le contraire.

Pour ça, je félicite le jeune homme de même que toute sa famille.

Merci à vous de permettre aux gens de Trois-Pistoles de s’offrir un brin de fierté (qui doit se retrouver aussi ailleurs que dans le «cheese complet» de la Patate D’Amours et dans le fromage quick-quick).  Merci de permettre aux gens de Trois-Pistoles de rêver un peu plus fort!

(…)

En terminant, si vous ne venez pas de Trois-Pistoles et que vous êtes rendus à lire ceci, vous comprendrez que c’est tout le Québec qui devrait parfois se permettre de rêver un peu plus.

Il faut être fier de ce que l’on est et d’où l’on vient!

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3 commentaires

  1. Julie | 12 juin 2015 à 8 h 37 min

    WOW! Quel beau texte Benoit! Et quelle fierté pour moi ENCORE ce matin de pouvoir dire haut et fort que moi aussi je viens de 3-Pistoles, là d’ou proviennent de grands sportifs, de grands journalistes…. C’est pas parce qu’on est p’tits qu’on peut pas être grands comme dirait l’autre! Merci Benoit!

  2. Richard | 12 juin 2015 à 12 h 11 min

    Premièrement je voudrais féliciter Marc-Antoine Bérubé pour avoir cru en son rêve qui aujourd’hui se concrétise…Oui Benoit ton message devrait être pris en considération car il est faux de dire que venant d’une petite ville comme Trois-Pistoles ont ne peut pas rêver, Un de nos grands écrivains au Québec est et demeure toujours a Trois-Pistoles et se nomme Victor Lévis Beaulieu (VLP). Je vient de Trois-Pistoles moi aussi et je connais beaucoup de gens qui sont originaire de cette petite ville du Bas St-Laurent et je peux vous confirmez que toutes ces personnes quand ils se retrouvent a Trois-Pistoles vont a la Patate D’amours, sois pour un cheese complet, un pain ketchup, les superbes frites et tout le tralala. Il ne faut pas oublier le fantastique paysage que l’ont peut y voir. En terminant, je voudrais inviter tout ceux qui lirons ton petit message de venir voir cette petite ville extraordinaire et en passant allé voir notre magnifique église qui est la plus belle par son originalité de tout le Bas-St-Laurent et même de la Gaspésie. Vous ne le regretterez surement pas…Richard.M

  3. Denis Picard | 15 juin 2015 à 15 h 58 min

    Salut Benoit, J’aimerais savoir le nom de ton père et ou tu demeurais quant tu étais a trois-pistoles, car je suis parti de la depuis 20 ans et je doit connaitre tes parent. Merci de m’écrire un petit mot pour être capable de te retracé. Le joueur de baseball est tu le garçon a Valmont Bérubé et sont père s’appel Denis, le magasin de sport sur la rue Notre-Dame anciennement. J’habitais pas loin. Bye a +

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