
Quand l’autobus s’est arrêté aux abords de l’Estadium E. Hdez, on a vite constaté que l’endroit était décrépit. Mais personellement, je trouvais le lieu absolument parfait pour vivre pleinement cette expérience de baseball à Cuba.
Tel qu’indiqué dans ce texte, j’ai participé à un extraordinaire voyage au pays de Fidel Castro, la semaine dernière, avec plus d’une dizaine d’amis de la Ligue de baseball senior amateur de Montréal (LBSAM). Au programme, outre la plage et le tout-inclus, deux matchs contre la formation Bella Costa.
Dès notre arrivée, on a pu «sentir» une certaine rivalité alors qu’un tas de merde -et il n’était pas d’origine animale- nous attendait dans l’abri des joueurs. On a d’abord cru à l’effet du hasard, mais quand des préservatifs traînaient sur le même banc avant le second duel, quelques jours plus tard, on a soupçonné que l’humour cubain était simplement différent de celui du Québec.
L’équipe de Bella Costa, issue du complexe hôtelier du même nom à Varadero, a finalement été très accueillante.
Côté résultats, nous avons d’abord perdu par le pointage de 8-7 dans le premier match avant de s’incliner 12-10 lors de la deuxième partie.
Certains joueurs de notre club diront qu’on s’est fait «raouler». Le receveur cubain, un dénommé Raul, avait effectivement tendance à influencer un arbitre à la zone de prises douteuse avec ses réactions exagérées après bon nombre de lancers.
Ajoutant l’insulte à l’injure, c’est ce même Raul qui a frappé un «walk-off double» pour mettre fin au premier match avant de terminer l’autre rencontre sur le monticule.
Mention honorable au vieux Rinieri qui, grâce à un bras de caoutchouc, a pour sa part lancé une bonne douzaine de manches en l’espace de quatre jours.
Dans notre camp, Olivier Blake et Patrice Jodoin ont frappé la longue balle tandis que Willy a multiplié les coups sûrs. De mon bord, quelques balles frappées en lieu sûr, des buts volés, mais aussi un jeu imparfait en défensive…
Parmi les faits inusités, on a découvert qu’un chien mort reposait dans le champ centre, sous le tableau indicateur, une fois que la neuvième manche de la première partie était terminée. C’est aussi ça, Cuba!
La palme des anecdotes revient à l’homme au cigare. Silencieux, le géant de race noire a assisté aux deux matchs en direct de l’abri des joueurs visiteurs. Ce n’est qu’à la fin de la seconde partie qu’on nous a informés que le monsieur était un ancien professionnel de la Ligue cubaine, un certain Julio German Fernandez…
De retour à l’hôtel, où l’on regardait un match de baseball à la télévision, la surprise fut généralisée lorsque le nom de l’homme au cigare faisait partie des choix de réponses à la question-quiz du jour. Fernandez aura été l’un des meilleurs joueurs de l’histoire de la province de Matanzas.
À propos, la Ligue nationale cubaine offre un très bon de niveau de jeu. J’ai pu le constater en allant assister à un match des Industriales, à La Havane. Circuits et excellents jeux défensifs ont ponctué la rencontre. Il y avait aussi ces partisans jouant du tambour et ces friandises un peu différentes…
Personnellement, j’ai mangé de la peau de porc trempée dans la friture, avec poils roux compris. Question de faire passer le goût, une dame se trimballait dans les estrades avec une bouilloire à la main. Le prix d’admission étant de trois pesos (environ 3$), je n’ose toutefois pas me plaindre.
En sortant du stade, j’ai finalement compris, en partie, pourquoi on avait perdu contre les Cubains (et l’arbitre). On parle d’un peuple extrêmement fier quand il est question de baseball. Sur la rue, j’ai ainsi vu cette affiche avec la mention: «El triunfo estara en la suma del esfuerzo de todos.»
Traduction libre: Le triomphe est dans la somme de l’effort de tous.
Ça comprend évidemment l’arbitre et, inévitablement, celui qui s’est soulagé sur le banc du club visiteur…