Une autre époque

- 16 mai 2012

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Jamais je n’aurais pensé écrire ce titre. Dire que la couverture médiatique aux arts et spectacles a changé est une affirmation farfelue tant elle est évidente. Pour vous dire, quand j’ai commencé dans le domaine, il y a de cela déjà 21 ans, faire partie du cercle des journalistes et chroniqueurs couvrant le culturel, était tout un job de rêve. Nous étions quelques dizaines à remplir les pages et les ondes des postes de radio et de télévision, en fait, la plupart des médias avaient leurs propres émissions culturelles et les artistes et le public savaient qu’ils avaient des rendez-vous réguliers pour savoir ce qui se passe du côté de leurs artistes préférés.

France D’amour sort un album? Il était fort à parier qu’on la verrait à Flash à 18h30, à Sucré-Salé sur TVA, à l’émission estivale du moment de Radio-Canada, on la verrait aussi du côté de Télé-Québec, dans un topo à Musique Plus (qui se souvient de Fax?), sur Artv qui venait tout juste d’ouvrir ses portes. On l’aurait aussi entendue à la radio au Showbiz Chaud avec Érik Rémy, Josée Perrier, Jasmin Roy, Fred Rioux et moi-même, dans les diverses chroniques arts et spectacles du 98.5, Rythme FM, Énergie, Rouge FM (Rock-Détente à l’époque), CKAC, Info 690, la radio de Radio-Canada. Le Journal de Montréal, La Presse Canadienne, La Presse se seraient entretenus avec elle, tous les hebdos avaient des pages « actualités »dans leurs publications, sans compter les sites web qui en ont ajouté mais qui ont, au final, bousculé la façon de faire. Rapidité, visibilité incertaine, éparpillement des médias, repiquages fréquents d’informations sans en révéler la source, protocole existant mis à l’index. On a vu arriver des dizaines de jeunes passionnés par la célébrité qui rêvaient de faire le métier, même gratuitement, qui n’en avaient rien à cirer des règles non-écrites entre les professionnels du milieu.

C’est un petit monde et même au sein de la « confrérie » (hum hum…) des journalistes et des chroniqueurs culturel, il y a ses stars. Disons que c’est celui dont on craignait le plus ses critiques ou celui qui avait le plus de visibilité à offrir et avec qui il y avait eu des ententes publicitaires au préalable qui serait le mieux servi, tout dépendamment, évidemment, du projet à vendre. C’était là, aussi, une évidence. Show-BUSINESS, n’oublions pas. Par exemple, tout le monde savaient qu’aucun visionnement de presse en télévision ne commencerait sans la présence de Louise Cousineau. J’ai vu des directeurs de programmes trembler devant celle qui a littéralement inventé le métier de chroniqueur télé. Peu importe l’endroit où le visionnement avait lieu, le diffuseur contrait la loi et un cendrier trainait pas loin du siège réservé à Madame Louise. On ne voulait pas prendre la chance de mettre Madame Louise de mauvais poil. Ensuite, c’était le bal des entrevues. Les radios et les télés du matin passaient en premier, les autres étaient solidaires pour les journalistes cernés, toujours en carence de sommeil. Dormir quatre heures par nuit pendant des années et se montrer pimpant et toujours à l’affût sans qu’aucun signe de fatigue ne paraisse, c’est dur sur le physique et le mental. Par chance, il y a la passion… et l’adrénaline.

Bref, avec l’arrivée des différents sites web, des médias sociaux, la disparition de plusieurs émissions de télévision axées sur la culture, la fermeture et/ou la rationalisation de plusieurs stations de radio ou le changement de vocation de quelques stations, la fermeture des journaux spécialisés( même Voir passe au couperet), le lock-out au Journal de Montréal qui, je ne vous mentirai pas, a été une guerre intestine entre plusieurs journalistes, sans penser au remaniement complet des différents groupes de presse, Rodgers qui vient de fermer plusieurs sites, dont le Showbizz.net, tout cela n’aide en rien à la situation, le métier est en pleine crise.

Par chance, on sent le courant revenir…tranquillement… tout doucement… très lentement…Je pense à District V où Herbie Moreau a su s’ajuster aux goûts du jour avec les web cam, Skype, et autre bidules, tout en faisant une couverture journalistique des plus classiques. Je pense aussi à Ici et là , présentée à Vox où l’on pousse la réflexion un peu plus loin, à cette nouvelle émission culturelle qui sera sur les ondes d’ArTv, au culturel qui est revenu les week-ends, avec Sylvain Ménard au 98.5FM, aux efforts de Pénélope McQuade, qui allie le populaire au moins connu, du human interest aux performances musicales, à C’est juste de la télé qui nous prouve qu’il y a encore de l’intérêt pour le sujet et qu’on peut en jaser longuement. Et avec cet engouement pour les émissions de variétés rassembleuses qui revient, peut-être que le public et les dirigeants voudront s’y intéresser à nouveau. Je suis un brin nostalgique de l’époque de La Bande des six, de feu Serge Bélair et ses complices, de la bande de Flash, de Jet 7 qui avait tenté de se frayer un chemin, du Showbizz Chaud où les arts et spectacles, tous styles confondus, côtoyaient les échanges chaleureux et le potinage léger, va-t-on leur redonner une place? Je l’espère grandement.

Légitime mais ça sonne vieillot

- 14 mai 2012

En écoutant la chanson On dit, un hommage au métier d’artiste qui a été écrit et composé spécialement pour un spectacle qui sera présenté au prochain congrès de L’UDA qui se déroulera à la fin de mois, je n’ai pu m’empêcher de me dire que ce cri du cœur, bien qu’il soit tout à fait légitime, sonnait pas mal vieillot. Rien non plus pour être au goût du jour avec ce vidéoclip, une copie conforme de We are the world. Défilement de têtes connues, il a tout de même plus de quatre-vingt-dix artistes de tous les milieux qui se sont déplacés pour entonner cet air.

Vous pourrez entendre les voix de Corneille, Jean Lapointe, Patsy Galland, Janine Sutto, France d’amour, Éric Lapointe, Paul Piché, Jean-Pierre Ferland, François Léveillé, Marie-Élaine Thibert, Claude Robinson, Germain Houde et plusieurs autres artistes appréciés du public.

À surveiller : Le prénom

- 12 mai 2012

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Cette semaine a eu lieu la conférence de presse du Festival Juste pour rire qui célèbre ses trente ans d’existence cette année. Avec une programmation des plus diversifiées, galas, spectacles thématiques, humour émergent et insolite, festivités extérieures, volet anglophone, théâtres et comédie musicale, tout y est.

Mention pour la pièce Le prénom, une œuvre de Mathieu Delaporte et Alexandre de La Patellière qui a connue un immense succès en France et qui sera montée au Monument-National. Serge Denoncourt signe la mise en scène de ce huis-clos se déroulant lors d’une soirée en famille qui sera chamboulée par l’annonce du prénom du futur bébé d’un des convives.

Patrice Robitaille, Isabelle Vincent, Christian Bégin, Catherine-Anne Toupin, Gabriel Sabourin se partageront la scène. On m’a dit que les textes sont savoureux et que les répétitions vont bon train. Je ne serais pas étonnée que la pièce obtienne le succès espéré. Potin de Twitter, j’ai vu passer sur le fil le gazouillage de Gilbert Rozon qui demandait à Guy A Lepage comment il trouvait l’affiche de la pièce qui a été critiquée par certains. Bien qu’elle soit, disons, assez punchée, je préfère la version française, on parle quand même d’une affiche signée par la bédéiste Claire Bretecher, .

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D’ailleurs, Le prénom vient de voir son adaptation cinématographique sortir en France. Avec notamment, Patrick Bruel (qui a joué la pièce) et Charles Berling. Voici la bande-annonce.

Ça va chanter dans les chaumières

- 10 mai 2012

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Comme à chaque printemps, c’est le bal des annonces des nouveautés qui se retrouveront dans les prochaines grilles de programmation sur les différents réseaux.

Après les quelques fictions qui ont survécues aux différentes coupures budgétaires, nous savons que de ce côté, il y a de prime abord, Tu m’aimes-tu? et Adam et Ève, deux comédies romantiques, douces et amères. Puis, le très attendu Unité 9 dont on ignore encore qui seront les têtes d’affiche (elles devraient être annoncées le 16 mai prochain lors de la visite du plateau de tournage). On parle d’un casting à faire rêver. Qui seront donc les vedettes féminines de cette série qui se déroule dans un établissement pénal? Guylaine Tremblay dont la 3e saison de la série Les Rescapés n’a pas été reconduite? Louison Danis, notre célèbre Maman Bougon? Julie Perreault? Céline Bonnier? Pourquoi pas Macha Grenon? Un retour pour Sophie Lorain? Anne Dorval? On jase, là. Je suis bien curieuse de voir le casting.

Ça va chanter dans les chaumières

Moins de fiction donc, à notre grand désarroi, mais beaucoup de variétés. Après les succès retentissants de Star Académie, et de On connait la chanson, voilà que TVA se lance dans l’aventure de La Voix, version québécoise de l’émission de l’heure dans une trentaine de contrées, The Voice. Je n’ai aucun doute quant au succès de cette production. Avec Julie Snyder et Stéphane Laporte pour assurer l’adaptation, avec toute l’expérience acquise dans le domaine depuis les dix dernières années, ce sera assurément une émission de très haute qualité. D’autant plus que Charles Lafortune en sera à la barre. Tant mieux pour lui, ça fait longtemps qu’il souhaite un nouveau défi. J’imagine que le talk-show dont il m’avait fait mention et qui devait être à l’antenne pour la prochaine saison, sera reporté. On dit que les trois «entraineurs » seraient des « jeunes» (ah bon?), comme le nom de Marie-Mai revient souvent et avec sa popularité auprès des jeunes comme des plus grands, on ne serait aucunement étonné de la voir assise sur un des fauteuils. Andrée Watters? Ariane Moffat? Maxime Landry? On jase, là.

Comme je vous le disais, ça va chanter dans les chaumières, c’est le moins que l’on puisse dire. Pour rester dans la thématique, la SRC elle aussi se veut rassembleuse grâce à la musique avec Un air de famille, une création de la boîte Bubbles. Patrice L’Écuyer sera l’animateur de ce grand tournoi qui réunira 27 familles dont le chant est une passion et qui tenteront en direct de se rendre à la grande finale. Johanne Blouin, Jean-François Breau et Bruno Pelletier seront les accompagnateurs des familles participantes. René Simard signera la mise en scène de chaque émission. L’heure et le jour de diffusion n’ont pas été confirmés, je mise sur les mercredis, à 21h, juste après la locomotive de Les enfants de la télé. Sinon, les lundis, 21h, après L’Auberge du chien noir. Les paris sont ouverts. On jase là, je vous l’ai-tu dit?

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Duos improbables? Duos charmants!

- 8 mai 2012

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Ça fait un bail qu’on en parle, l’industrie de la musique est mal en point. Nombreux groupes et chanteurs ont peine à vendre leurs albums, ils compensent avec les spectacles, les festivals, les publicités, les participations aux rares émissions culturelles et de variétés, certains tentent le coup en tâtant l’animation à la radio ou à la télévision (Daniel Boucher à Télé-Québec? Et bien!), bref, toutes les options sont permises pour se mettre à l’avant-plan et espérer que l’intérêt du public sera attisé, assez à tout le moins, pour acheter l’album ou pour aller voir son ou ses spectacles (Marie-Chantal Toupin a décidé d’y aller avec le choix et elle en présentait quatre différents, l’automne dernier!).

Une autre façon d’attirer l’attention et de se créer du travail (ce qui est fort louable, soit-dit en passant), est de collaborer à des albums « concept » ou « hommage » et/ou de faire des duos avec d’autres comparses. Parfois ces rencontres sont ratées et nous donnent l’impression que c’est un ramassis de n’importe quoi autour d’une thématique quelconque, d’autres fois, au contraire, cela donne de vrais petits bijoux, à titre d’exemple, on n’a qu’à penser à 12 hommes rapaillés, deux albums « hommage » à Gaston Miron.

L’album Duos improbables , qui sort aujourd’hui, fera sans doute partie de la deuxième catégorie. J’ai eu la chance d’entendre le duo formé par Michel Louvain et Ariane Moffat et à vrai dire, leur version de J’ai ta main de Charles Trenet a ce côté enfantin et naïf qui plait à l’oreille. Dumas et Diane Tell attaquent l’œuvre de Boris Vian. Aux côtés de la voix limpide de Tell, on découvre un Dumas lascif, sussurant avec délicatesse son texte comme on ne l’a jamais entendu. Andrée Lachapelle et Stéphane Archambault revisitent de façon touchante, Il n’y pas d’amour heureux, le poème le plus connu de Louis Aragon qui a été repris en chanson à nombreuses occasions (Brassens, Barbara, etc.).

Grâce à ces beaux matchs, ces duos improbables charment à tout coup. Je vous le conseille comme album du week-end, parfait pour siroter son café et pour humer le beau temps. En plus, c’est pour une bonne cause, l’album a été crée au profit de l’organisme Les Impatients.

Un nounours pas trop méchant

- 6 mai 2012

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Parmi la horde d’humoristes au Québec, toutes catégories confondues, Mario Jean est celui qui fait rire sans jamais heurter personne, sinon peut-être lorsqu’il pointe du doigt (ou de la griffe) certains de nos petits travers, sans grande méchanceté toutefois.

Il vient de terminer la tournée de son quatrième one-man-show et a lancé le mois dernier, le dvd de son quatrième spectacle, Gare au gros nounours. À 46 ans, plus de vingt ans de métier, il connait son public et surtout, ce qu’il aime entendre.

Sans révolutionner quoi que ce soit mais en maitrisant parfaitement son art, Mario Jean y va de tous les classiques, allant des relations de couple (de son couple!), de la bouffe (sa meilleure amie et sa pire ennemie), de ses ados, de la sexualité, du temps qui passe, bref, il ne sort aucunement des sentiers battus et c’est ce que l’on veut de lui. Des propos connus, maintes fois entendus, qui alimentent nos conversations dans la plupart des soupers entre amis. Un peu comme dans le cas de Jean-Michel Anctil, Michel Barrette ou dans la nouvelle génération, Philippe Bond, on a la joyeuse impression d’avoir passé la soirée avec un de nos cousins préférés. Le gros nounours a beau prétendre avoir des griffes acérées et du mordant, celui-là n’est pas très méchant et on l’aime comme ça.

Je vous ai mis le lien d’un moment mémorable du Festival Juste pour rire qui s’est déroulé lors d’un gala animé par Mario-Jean où le public a littéralement refusé de quitter la salle.

Opération Séduction, le feriez-vous?

- 3 mai 2012

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Après deux saisons d’Opération Séduction, je me demande bien qui voudra participer l’an prochain. J’ai vu qu’on cherchait des candidats masculins dans la quarantaine, bien contente de constater qu’on souhaite ajouter un peu plus de variété à cette téléréalité qui en offre peu. Par chance qu’Alex Perron et Tammy Verge mettent un peu de pep au contenu parce que les participants, eux, sont souvent décevants. Sont-ils, dans la plupart des cas, trop jeunes? Sont-ils là pour les bonnes raisons?

La semaine dernière, nous avions affaire à une jeune femme de 19 ans qui disait ne pas chercher à être en couple (!?!). Malgré sa bouille sympathique et sa personnalité amusante, on se demandait bien pourquoi cette petite participait à cette émission… Ou je pense à ce Manuel, qui malgré ses 37 ans, nous décourage par son côté un tantinet désespéré. Il a non seulement participé à l’émission l’automne dernier sans trouver l’âme sœur (évidemment) qu’il réitère cet hiver. Pas trop winner, comme on dit, on lui souhaite d’avoir rencontré depuis. Je ne serais pas étonnée de le voir apparaître à Un souper presque parfait…

Farce à part, ils sont bien mignons ces jeunes étudiants qui participent à l’émission mais manque-t-on à ce point de candidatures chez les plus vieux? Est-ce une question de public cible? Ou serait-ce les plus vieux qui n’osent pas trop se prêter au jeu par gêne de s’exposer ainsi? Ou par peur d’arriver bon dernier? Pourtant ils se font nombreux à Un souper presque parfait…

On s’en fout que le Québec sache qu’on ne sait pas cuisiner mais qu’on est à la recherche de l’amour (sans condo, ameublement ou voiture), c’est autre chose… Participeriez-vous à cette émission?

Avoir de la classe

- 3 mai 2012

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Crédits: Radio-Canada

Je reviens sur le talk-show de Pénélope McQuade…. Mardi soir, alors que l’animatrice recevait sur son plateau Louis Morissette, Marie-Pier Arthur, Marie-Hélène Thibault et Maxim Martin, elle terminait sa soirée sur une note plus sérieuse avec comme invitée, Julie Deschâtelets, une mère de deux garçons, dont un qui est autiste. La dame nous a livré le témoignage touchant de son expérience, certes pas toujours facile, mais si humainement enrichissante. Pour le dernier bloc de l’émission, au lieu d’y aller avec le bal des plogues d’usage, Pénélope McQuade et les invités ont plutôt préféré laisser toute la place à Mme Deschâtelets afin qu’elle lance un appel à l’aide aux institutions et au gouvernement. J’ai trouvé qu’on avait eu de la classe sur le plateau et que les invités avaient troqué leurs habits d’artiste pour ceux du citoyen qui priorise son prochain. Élégant.

Jean-Guy Moreau, un homme bien de son temps

- 1 mai 2012

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J’étais si contente de vous revoir dans la peau d’un enquêteur qui en avait vu d’autres, même pas le temps de savourer votre retour comme acteur, ni de savoir qui était le meurtrier de la web série Manigances, que vous nous aviez déjà quittés.

Un peu comme votre confrère Serge Grenier, dans ma tête de mi-trentenaire, vous qui m’avez fait rigoler depuis ma tendre enfance, jamais le gars des Cyniques ou celui qui imitait si bien le maire Drapeau ne seraient plus là pour participer à un autre Gala Juste pour rire ou à une autre de ces soirées « Hommage ». Tout comme le cas de Denise Filiatrault, Yvon Deschamps ou de Janette Bertrand, je suis incapable de me faire à l’idée que ces artistes qui ont forgé la culture moderne au Québec ont les quatre-vingt ans passés.

Je regardais Janette sur le plateau du talk-show de Pénélope McQuade la semaine dernière, la tête toute là mais le corps qui suit moins. Une amie avec qui je tweetais me disait que Janette n’avait pas le droit de vieillir. « Pas elle! », disait-elle. Suite à son commentaire, j’ai réfléchi sur la question, je me suis demandée si c’était parce que ces personnalités ont su rester jeune d’esprit et de cœur tout au long de leur vie, qu’en gardant toujours en tête l’idée d’être à l’affut des nouveaux courants et de travailler avec les plus jeunes, les avaient fait réussir leur passage du temps, demeurant dans le coup et continuant à apporter de l’eau au moulin…

Il y a quelques années, je me suis liée d’amitié avec Madeleine Arbour, cette grande créatrice, signataire du Refus global, meilleure amie d’enfance de Jean-Paul Riopelle, ex-conjointe de Pierre Gauvreau, celle que les tout-petits qui ont grandi dans les années soixante ont trouvé si belle dans La Boîte à Surprise. À l’époque, elle était encore jeune, à peine 80 ans (elle en a 89 aujourd’hui), nous discutions de ses débuts comme artiste et je lui avais demandé si elle avait pensé un jour revenir à la sculpture ou à la peinture.

« Roxanne, la peinture et la sculpture sont pour moi des souvenirs, le souvenir d’un frigo vide, le souvenir d’un mariage malheureux, le souvenir d’une époque où je n’étais pas encore libre comme femme, je ne reviendrai pas à ces formes d’art, elles sont derrière moi, je suis ailleurs. Je regarde ce que Robert Lepage fait avec la fibre optique et son travail, lui, m’inspire ».

Nostalgie? Bien peu pour elle. Elle aura toujours été bien de temps, un peu comme vous, Monsieur Jean-Guy Moreau. Mais vous, vous étiez encore bien jeune avec vos 68 ans.

Pénélope solide sur ses (beaux) souliers

- 13 avril 2012

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De retour à l’antenne depuis la fin du congé pascal, Pénélope McQuade a entamé la deuxième saison de son talk-show éponyme avec une légèreté qu’on n’avait pas su déceler chez elle, l’été dernier.

Peut-être est-ce dû au fait qu’elle s’installe tranquillement dans ce créneau et peut-être aussi à son aventure Ici et maintenant mais Pénélope semble être plus solide sur ses (beaux) souliers et enfin savourer le moment présent sur son plateau. En fait, elle semble enfin respirer. Point.

Pour vous dire, l’an dernier, son stress était visible chez les téléspectateurs, et je me souviens personnellement en la regardant d’avoir à quelques reprises eu peur qu’elle se sauve en courant du studio pour se sauver loin de la pression du direct. J’exagère, elle m’en voudra peut-être pour ces lignes, mais sa façon, ou son style bien à elle de parler de façon saccadée, essoufflée et un peu brusque dans ses mouvements, me rendait inconfortable. « Respire Pénélope, ça va bien se passer », j’ai eu envie de lui dire souvent. Mais est-ce normal de ressentir cette empathie bienveillante pour une animatrice d’un talk-show à l’antenne de Radio-Canada quand je suis assise dans mon salon à 21h, un soir d’été? Non.

J’ignore ce qui s’est passé durant l’année mais j’ai bien aimé la voir, beaucoup plus en contrôle de cette immense machine, plus naturelle, quitte à ce qu’elle ait des opinions qui divergent de ses invités, quitte à ce qu’elle fasse comprendre à McGilles que sa chronique n’a ni queue, ni tête. Qu’elle nous fasse comprendre par son air que Paul Houde ne fera pas dans le human interest en parlant de son pontage… J’aime qu’elle ait cette rock attitude, sa coupe de cheveux audacieuse, les tatouages apparents, ses vêtements, le salon, Rosie qui gruge son os, c’est éclaté, un peu underground, et bien plus proche du peu de ce que je connais d’elle. Juste pour ça, je lui lève mon chapeau.