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-Photo Agence QMI
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« Le Québec deviendra souverain le jour où on réalisera que notre langue est en péril ». Cette phrase prononcée par un auditeur de ligne ouverte à Radio-Canada, dans un débat sur le sempiternel conflit constitutionnel entre notre province et le ROC (Rest of Canada) m’a beaucoup…. fait rire.
Mais un rire jaune. En ce qui a trait au français, je suis passé du cri d’alarme au constat d’échec.
Je me souviens avoir déjà écrit sur ce blogue à quel point je m’inquiétais pour la sauvegarde du français. Bien savez-vous quoi ? Personne n’a fait de commentaire. Savez-vous pourquoi ? « Le « monde » s’en « crisse » » m’a durement fait remarquer un collègue. Et savez-vous quoi ? Je me suis fait une raison.
Avec toutes les mauvaises habitudes qui font leur apparition dans notre langage de tous les jours, je ne vois pas comment on pourrait redresser la situation. Les premières qui me viennent à l’esprit sont l’usage systématique du pléonasme dans le possessif : « mon ami à moi », « ton idée à toi », etc. Remarquez bien : tous les animateurs de radio et de télévision le font maintenant. Ma référence pour la qualité du français ÉTAIT Radio-Canada. Or, tous ses animateurs ont maintenant ce défaut de langage. Ailleurs, il y a des miss Meteo qui parlent de la « belle température ». Et les jeunes qui valorisent l’anglais! Certains croient qu’on a l’air plus intelligent quand on parle anglais.
Il y a aussi tous les verbes anglais francisés de façon maladroite : BASHER le Québec, FUCKER le chien, STOOLER quelqu’un, FLASHER à droite. BACKCHECKER quand on joue au hockey, SPOTTER quelqu’un. Et les maudites revues de vedettes qui font la promotion du « look de star » et des « tops sexys ». Leurs rédacteurs ne prennent même plus la peine de mettre les guillemets.
Une station de radio a récemment fermé ses portes dans la région. Il était clair dès le départ que ses dirigeants avaient demandé à leurs animateurs et journalistes de mal parler « parce que le monde parle de même ». Ça s’appelle du nivellement par le bas et à mon avis, c’est l’une des raisons pour lesquelles la station n’avait pas assez d’auditeurs. Les gens de Rimouski sont en général raffinés et instruits et ils n’ont pas « embarqué » dans ce genre de radio « poubelle ». Un de ses animateurs avait d’ailleurs la mauvaise habitude de vouloir « CHALLENGER » ses invités au lieu de les mettre au défi. Je m’amusais à l’écouter en me disant que j’allais changer de chaîne aussitôt qu’il dirait un mot anglais. Ça ne durait jamais plus que 30 secondes.
C’est là qu’on a un problème. Les médias ont un devoir et c’est celui de maintenir de hauts standards de qualité sur la langue française pour aider les gens à bien parler et à préserver la langue. Or, quand les médias se laissent aller, les gens prennent pour acquis que c’est correct de « parler comme ça ». Je vous laisse, j’ai une « game » de l’Océanic à voir.
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