
En tant que fan inconditionnel de la BD, j’ai toujours aimé les jeux inspirés des personnages illustrés. Malheureusement, les jeux de super héros, tout comme les films du même genre, sont souvent très bons ou très, très mauvais. Alors quand j’ai appris qu’un jeu basé sur la BD The Darkness était prévu, j’avais mes réticences. Et encore plus quand j’ai appris qu’il s’agissait d’un jeu de tir à la première personne, un style qui, selon moi, se mariait mal avec le concept initial. Heureusement, mes craintes se sont avérées inutiles, car le produit final est un des meilleurs jeux de l’été!
Basé sur une BD obscure publiée par TopCow et mettant en vedette Jackie Estacado, un tueur à gage de la mafia, et la force maléfique appelée Darkness, ce jeu s’inspire brillamment des personnages créés par Garth Ennis et Marc Silvestri. Les fans de BD doivent savoir que le jeu est basé sur la deuxième version de The Darkness, soit celle de Paul Jenkins, qui a aussi travaillé sur le scénario du jeu.

L’histoire commence le soir des 21 ans de Jackie; une collecte d’argent tourne mal et l’oncle du protagoniste (Paulie) met un prix sur la tête de ce dernier. Heureusement pour Jackie, c’est le soir de ce même anniversaire que le Darkness se manifeste en lui. Cette ancienne malédiction lui donne plusieurs pouvoirs qui grandiront au cours de l’aventure. Le premier se manifeste par deux têtes serpentines veillant sur lui. Il est possible pour le joueur de les utiliser pour accéder à des endroits que Jackie ne peut pas atteindre et pour assassiner des ennemis sans qu’ils réalisent que vous êtes dans les parages. Jackie peut aussi faire appel à des Darklings, des petites créatures démoniaques qui peuvent effectuer différentes tâches. Malheureusement, l’intelligence artificielle de ceux-ci est plutôt limitée, ce qui les rend plus ou moins utiles. Là où les choses se corsent, c’est sur les conditions à respecter pour pouvoir utiliser et faire progresser les pouvoirs du Darkness. Pour les utiliser, Jackie doit rester dans l’ombre. Vous passerez donc plus de temps à tirer sur les lampadaires qui longent les rues de New York qu’à descendre vos adversaires. Pour ce qui est de la progression de vos pouvoirs, vous devrez laisser vos serpents se nourrir du cœur de vos victimes si vous voulez qu’ils deviennent plus forts. Violent? Bien sûr, mais combien satisfaisant!

Je ne veux pas trop parler de l’histoire, car elle fait partie des points forts du jeu. Les revirements de situations sont souvent inattendus et parfois même choquants! Inutile de dire que ce n’est pas un jeu pour enfants; les dialogues sont impeccables, mais aussi vulgaires et crus. Le jeu, violent et sombre, rappelle le style des films de Coppola. Les acteurs sont formidables et crédibles, ce qui rend l’univers du jeu d’autant plus réaliste et amplifie les émotions du joueur au cours de son aventure.
Les superbes graphiques rendent à merveille les stations de métro et la texture des têtes du Darkness, notamment. La musique accompagne admirablement le jeu et les différentes situations, tout comme les effets sonores. Il est évident que les concepteurs ont mis beaucoup d’énergie sur l’esthétisme du jeu et qu’ils avaient le talent de leurs ambitions.

Le seul aspect négatif est l’intelligence artificielle des Darklings et des ennemis. Les démons sont ainsi moins utiles et moins plaisants à utiliser. Il m’est arrivé à quelques reprises qu’un démon kamikaze se fasse exploser trop près de moi et qu’il me nuise beaucoup plus qu’à mes ennemis. Les adversaires ne sont pas très difficiles à vaincre et ne semblent pas réaliser que vous avez des pouvoirs démoniaques. À un moment dans le jeu, j’ai vu le reflet de Jackie dans un miroir : ces yeux brillaient d’une lueur menaçante tout comme ceux des deux têtes survolant ses épaules. Pourtant, mes ennemis n’ont jamais vraiment eu peur de moi. Étrange.
Malgré tout, The Darkness est selon moi un des meilleurs jeux de l’été 2007 et offre une expérience intense et unique. Je le conseille évidemment à tous les fans de BD, mais aussi à tous les joueurs qui cherchent une expérience de jeu hors du commun!
Ma cote : 8.8/10