Archives pour avril 2012

Exit les puissances

- 24 avril 2012

Les Red Wings de Detroit? En vacances. Les Canucks de Vancouver? Aussi, tout comme les Sharks de San Jose et les Blackhawks de Chicago, des équipes qui, au cours des dernières saisons, constituaient les plus puissantes formations dans l’association de l’Ouest.

Le premier tour des séries éliminatoires aura été celui des surprises. Ces quatre clubs, qui misaient pourtant sur une intéressante force de frappe, ont été muselés par des gardiens au sommet de leur art. 

En présentant un excellent pourcentage d’efficacité de ,944, Pekka Rinne, des Predators Nashville, a été le «pire» gardien à ce chapitre parmi les équipes toujours en lice dans l’Ouest.

Les Jonathan Toews et Patrick Kane se sont butés à un Mike Smith en grande forme. Brian Elliott, venu en relève à un Jaroslav Halak blessé, a freiné Joe Thornton et réduit au silence Patrick Marleau. Quant à Jonathan Quick, il a remporté haut la main son duel avec Roberto Luongo, désormais sur la sellette à Vancouver.

Bien qu’ils ne représentent pas des noms aussi alléchants que les Henrik Lundqvist, Martin Brodeur, voire même le Luongo des beaux jours, les quatre gardiens victorieux figuraient aussi parmi les meilleurs lors de la saison régulière.

Dire qu’il y a quelques saisons à peine, on s’interrogeait sur la pertinence de miser sur un gardien de premier plan en séries éliminatoires…

 

Croyez-vous aux miracles?

- 18 avril 2012

Dans l’histoire quasi centenaire de la Ligue nationale, seules trois formations ont pu combler un déficit de 0-3 pour remporter une série.

Les Maple Leafs de Toronto, en 1942, les Islanders de New York, en 1975, puis les Flyers de Philadelphie, en 2010, sont les uniques équipes à avoir réalisé l’exploit.

Ce soir, deux clubs au pied du mur amorceront leur marche vers l’irréalisable. Deux clubs qui pourtant, il y a une semaine, s’affichaient comme des prétendants aux grands honneurs.

Qu’ont fait les Penguins de Pittsburgh et les Canucks de Vancouver pour se retrouver si près du gouffre? crosby12

Portés par le retour de Sidney Crosby, les premiers ont connu une excellente fin de saison. Finalistes de la dernière finale, champions de la saison régulière au cours des deux dernières années, les seconds représentent la plus dangereuse formation au sein du circuit Bettman.

Mais ces Penguins bourrés de talent sont bêtement tombés dans le piège tendu par les Flyers de Philadelphie, en plus d’être coulés par les largesses de Marc-André Fleury.

Quant aux Canucks, privés d’un, puis des deux frères Sedin, ils se sont butés à un gardien en grande forme en Jonathan Quick.

Dominantes en saison régulière, ces deux formations possèdent les armes pour renverser la vapeur. Mais les déploieront-elles à temps?

Croyez-vous aux miracles?

L’apologie de la violence

- 16 avril 2012

C’était prévisible, mais ce n’en est pas moins pathétique.

Dimanche, le troisième match de la bataille de la Pennsylvanie a dégénéré en une véritable guerre de tranchées. Il y a eu des buts, certes. Douze au total, et de beaux, dont celui de James Neal, qui a été capable du meilleur comme du pire dans cette rencontre.

Mais il y a aussi eu 158 minutes de punition décernées. Quatre joueurs expulsés. On a dénombré trois bagarres, mais c’était sans compter les nombreuses mêlées qui ont éclaté. crosby_giroux

Dans les estrades, tous vêtus d’orange, les fans des Flyers de Philadelphie acclamaient ce massacre en règle à l’endroit de leurs plus grands rivaux. Ils ont été habitués à encourager des clubs de matamore. Ce règlement de compte à l’endroit des Penguins de Pittsburgh était non sans rappeler l’époque des Broad Street Bullies. C’était l’apologie de la violence.

Et les Penguins, que l’on voyait gagnants de cette série qui s’annonçait beaucoup plus longue, sont bêtement tombés dans le piège. Pire encore, ils ont été les instigateurs de la plupart des gestes disgracieux commis au cours de ce match.

Neal devra s’expliquer deux fois plutôt qu’une auprès du préfet Brendan Shanahan, mardi, pour les gestes qu’il a posés aux dépens de Sean Couturier et Claude Giroux. Des coups qui éclipsent la superbe pièce de jeu dont il a été l’auteur en première période, et qui ramenait momentanément son équipe dans la partie.

Quant aux Crosby, Malkin et Letang, qui devraient pourtant être les bougies d’allumage de cette talentueuse équipe, ils se sont tous rendus coupables de gestes déshonorant leur statut de vedette.

Certains diront que c’est ça, le hockey des séries éliminatoires. Mais ces escarmouches ridicules, ces coups salauds représentent une disgrâce dans cet affrontement entre deux équipes bourrées de talent, qui devraient se contenter de se battre au chapitre des points, et non avec leurs poings.

 

L’autre conte de fée

- 12 avril 2012

Vous vous souvenez de ce printemps, il y a deux ans, quand la ville, quand la province était hockey?

Équipe Cendrillon de ces séries 2010, menée par un petit gardien qui, durant deux mois, stoppait tout, les Canadiens de Montréal avaient nourri les rêves les plus fous chez leurs partisans.

Cette année, ce n’est pas à Montréal qu’une équipe chaussera la pantoufle de vair (de verre?). Il faudra peut-être se tourner plutôt vers St. Louis où encore une fois, Jaroslav Halak pourrait écrire les grandes lignes d’un conte de fée.

Parce que ne nous méprenons pas : c’est grâce à leurs deux gardiens principalement – l’autre étant Brian Elliott – que les Blues ont terminé au deuxième rang de l’association de l’Ouest. Sans le brio des deux hommes masqués, la formation du Missouri en est une assez ordinaire.

Certes, elle est menée d’une main de maîhalak5tre par l’entraîneur-chef Ken Hitchock. Mais elle ne mise sur aucun canon offensif. Son meilleur pointeur, David Backes, a seulement amassé 54 points en saison régulière.

Pour gagner quelques rondes, donc, les Blues devront s’en remettre au brio de leurs deux gardiens. Si Elliott a connu une excellente séquence en fin de saison et était pressenti pour amorcer les séries, c’est finalement à Halak que reviendra ce privilège, son coéquipier étant blessé.

Et c’est là que les choses deviennent intéressantes.  À St. Louis, on semble bien au fait du parcours incroyable qu’a connu le numéro 41 en séries, il y a deux printemps. En plus d’être l’élément-clé de son équipe, Halak aura la pression, cette fois, de rééditer ses exploits.

Sur le site web de l’équipe, ces mentions dithyrambiques témoignent : «Le curriculum vitae de Halak en séries éliminatoires aura peut-être pesé dans la décision de Hitchcock.

«Il y a deux ans, il a captivé la ville de Montréal, tous les fans de hockey en Amérique du Nord et presque tout le monde impliqué dans ce sport quand il a mené les Canadiens en finale de l’Est.»

Et finalement : «Sa performance dans chacune des [deux premières] séries était digne de légende.»

Halak pourra-t-il écrire le deuxième chapitre de son conte de fée?

La fin de l’agonie

- 8 avril 2012

C’aura été la saison de toutes les misères. Des controverses, des blessures, de la honte. Une saison marquée par l’improvisation de cette grande organisation qui pourtant n’y a pas droit, guidée par sa tradition centenaire.

Lorsque la sirène a sonné la fin de la troisième période samedi, lorsque les joueurs se sont rassemblés pour saluer les partisans encore dévoués, la plupart des fans se sont sûrement dit « enfin ». Ce coup de sifflet signifiait le glas de cette lente agonie marquée de quelques rares, trop rares moments de réjouissance.

Mais puisqu’on a déjà fait maintes fois l’étalage des éléments les moins glorieux de cette saison 2012-2013, parlons-en, de ces points positifs.

À commencer par la tenue du trio mené habilement par David Desharnais. Aux côtés du Québécois que l’on disait trop petit pour la LNH, Max Pacioretty et Erik Cole ont chacun atteint le plateau des 30 buts, Cole en ajoutant même cinq de plus à sa fiche.

Et dire que le vétéran n’était pas « le sauveur », selon Jacques Martin…

Les Canadiens n’avaient plus misé sur un trio aussi électrisant depuis la belle saison des Alex Kovalev, Andrei Kostitsyn et Tomas Plekanec. C’était en 2007-2008, il y a cinq ans. trio

Si Cole a pleinement rempli le mandat qui lui a été confié, que dire de Pacioretty? Il y a un peu plus d’un an, il quittait sur une civière, inconscient, la patinoire du Centre Bell, sans que l’on sache s’il pourrait à nouveau chausser les patins.

Sans remplir de façon aussi efficace que ses comparses les filets adverses, Desharnais a été promu au poste de joueur de centre numéro un. Il y a cinq saisons, c’est dans la ECHL qu’il évoluait. Sans contredit la belle histoire de cette campagne.

Parmi les quelques rares points positifs, notons aussi le retour en force de Josh Gorges. Le petit guerrier a encore excellé dans ce qu’il fait de mieux, c’est-à-dire bloquer les tirs des joueurs adverses. Certains diront qu’une équipe moins médiocre se retrouverait moins souvent dans cette fâcheuse position. Ce n’est pas faux. Mais saluons le brio d’un défenseur qui se dévoue corps et âme, à chaque match, pour son équipe.

Le retour en forme d’Andrei Markov laisse entrevoir un peu d’espoir pour cette prochaine saison, qu’elle s’amorce en 2012 ou en 2013.

Quant à Alexei Emelin, le Russe aura fait bondir de leur siège à quelques reprises les partisans, à coups de mises en échec percutantes.

Devant son filet, Carey Price n’a pas été aussi étincelant qu’il y a un an, mais pas non plus aussi chancelant qu’il y a deux hivers.

Si le rideau est tombé sur cette saison de misère, c’est un nouveau chapitre qui s’ouvre à partir de lundi, lorsque les Canadiens tiendront leur traditionnel bilan de fin de saison.

Auront-ils déjà des annonces à faire?