CONTRIBUTION ILLÉGALE AU BLOC

- 5 février 2012

Duceppe 02

Le Bloc Québécois pourrait bien devoir répondre prochainement à de nouvelles accusations, cette fois-ci pour financement illégal.

Gilles Duceppe n’est pas au bout de ses peines. Il est d’abord sommé de se présenter le 13 février devant le Bureau de la régie interne de la Chambre des communes pour expliquer l’utilisation de ses fonds parlementaires.

Il devra vraisemblablement s’expliquer aussi très bientôt à Élections Canada.

Pourquoi? En payant pendant six ans le salaire du directeur général du Bloc Québécois, Gilbert Gardner, avec de l’argent provenant du budget de la Chambre, le parti aurait possiblement violé également la Loi électorale du Canada.

LA LOI, C’EST LA LOI

En vertu de l’article 416, seul l’agent principal est autorisé à payer les dépenses du parti. Le salaire d’un employé est évidemment une « dépense du parti ».

La rémunération d’un DG à 100,000$/an constitue une contribution au sens de la loi. Or, celle-ci encadre de façon très précise les conditions pour recevoir une telle contribution. Seul l’agent principal peut l’accepter, ce qui n’a pas été le cas pour le salaire de Monsieur Gardner. L’argent serait passé directement de la Chambre des communes à Monsieur Gardner, sans l’intermédiaire du parti. Dans ses États financiers 2010, le Bloc ne déclarait d’ailleurs que $561,409 de dépenses en salaires et avantages sociaux, alors que 27 employés travaillaient à sa permanence. Trouvez l’erreur.

Ce n’est pas tout. Selon l’article 404, seul un individu peut contribuer à un parti. Une contribution de la Chambre des communes est tout aussi inadmissible que si elle venait de n’importe quelle autre organisation ou entreprise. Et même si elle était admissible, l’article 405 limite toute contribution à un maximum de 1000$/an.

Les services du personnel politique ne sont mentionnés nulle part comme étant des exceptions à ces règles. Si le législateur l’avait souhaité, il aurait pu s’inspirer de la Loi électorale du Québec qui contient une disposition spécifique à l’article 431 qui permet aux députés de conserver leurs employés pendant la campagne électorale sans devoir comptabiliser leurs salaires comme dépenses électorales. La législation fédérale ne compte aucune exception du genre.

Le Bloc aurait donc potentiellement violé au moins trois fois la loi fédérale qui prévoit, dans de tels cas, l’obligation au parti de rembourser les contributions inadmissibles dans les 30 jours de sa connaissance.

ENQUÊTE À VENIR

Élections Canada affirme maintenant vouloir amasser plus d’information avant de décider ou non d’ouvrir une enquête et d’éventuellement porter des accusations si les faits s’avèrent exacts. Les autres partis veulent aussi investiguer cette affaire.

Tous les experts consultés au cours des derniers jours m’affirment qu’il y a clairement eu du financement illégal commis au sens de la loi. Un ami juriste m’a même fourni un avis juridique pour étayer l’illégalité des procédures du Bloc.

Le putsch de Duceppe contre le leadership de Pauline Maris est donc véritablement chose du passé. Comme le souligne lui-même l’ex-chef du Bloc, il abandonne ses ambitions politiques pour se consacrer à temps plein à défendre sa réputation. Ça risque de le tenir bien occupé…

TIM THOMAS A RAISON

- 29 janvier 2012

TIM THOMAS 20120128

La décision du gardien de but des Bruins de ne pas assister à la cérémonie organisée par le président des États-Unis pour honorer l’équipe championne de la coupe Stanley continue de faire couler beaucoup d’encre.

Ce week-end, pendant la pause du match des étoiles, la rumeur circulait même à l’effet que les jours de Tim Thomas à Boston seraient comptés.

PROPOS INSPIRANTS

Quel crime a bien pu commettre le gardien étoile?

La semaine dernière, il a écrit sur son mur Facebook: « Je crois que le gouvernement fédéral est désormais hors de contrôle et qu’il menace les droits, les libertés et la propriété du peuple. Ça se passe au niveau exécutif, législatif et judiciaire. C’est en opposition direct à la Constitution et la vision du gouvernement par les Père Fondateurs. »

Quant à moi, cette première partie de sa déclaration expose l’érudite d’un joueur de hockey qu’on n’avait pas revu depuis Ken Dryden. Thomas pourrait donner quelques leçons constitutionnelles aux élus.

Et il a ajouté: « A cause de ça, j’exerce mon droit de citoyen libre et je ne me rendrai pas à la Maison Blanche. Ce n’est pas une question politique ou de parti parce que, selon moi, les deux camps sont responsables de cette situation.»

Sa  prise de position n’est donc pas partisane dans la mesure où il blâme autant les démocrates que les républicains pour les excès de l’interventionnisme de l’état américain.

UN LIBERTARIEN

Sa pensée s’apparente fortement à celle du libertarien et candidat à l’investiture républicaine, Ron Paul. Dans les trois premiers états à avoir déjà voté chez nos voisins du sud, Paul a été le candidat favori des moins de 30 ans à chacun des endroits.

Une nouvelle génération d’idées émerge présentement et certaines de nos élites apeurées par ce changement tentent de diaboliser les amoureux des libertés individuelles.

Toute la semaine, Thomas était victime des pires quolibets. On le qualifiait de raciste, comme si tout désaccord avec Barack Obama était du à la couleur de sa peau. On se demandait même si le fait que ses trois enfants aient tous des noms commençant pas la lettre K signifiait que Thomas souscrive aux thèses d’extrême-droite du Klu Klux Klan.

Simplement parce que certains ne partagent pas ses opinions, ils se permettent d’affirmer que Thomas est « plus fort entre les deux poteaux qu’entre les deux oreilles ».

RESPECT POUR QUI?

À défaut d’être capable d’argumenter sur le fond, d’autres attaquent la forme. On doit le respect aux institutions, disent-ils. Est-ce plus respectueux de serrer la main d’un homme qu’on méprise et faire semblant qu’on l’aime que de simplement décliner son invitation à aller chez lui?

Et est-ce le respect du hockey professionnel qui pousse Obama à recevoir les champions sportifs ou son opportunisme politicien à se faire voir avec les gagnants?

Un hockeyeur brillant et éveillé a librement choisi cette semaine de poser un noble geste: refuser de faire le clown de service et exprimer publiquement son dégout de la classe politique américaine.

Partisans des Nordiques ou des Canadiens, Thomas mérite vos applaudissements!

DÉCADENCE POLITIQUE

- 22 janvier 2012

Duhaime État contre Jeunes

Les derniers jours auront alimenté encore un peu plus le cynisme ambiant au Québec. Comme si on en avait besoin.

D’abord, Gilles Duceppe orchestrait la semaine dernière un putsch contre la leader péquiste après avoir embrassé Pauline Marois sur toutes les tribunes pour l’assurer de tout son soutien. En réponse, en vue de faire dérailler ses ambitions (l’objectif semble bien réussi), l’entourage de la chef du PQ est soupçonnée d’avoir coulé de l’info sur un potentiel détournement de près d’un million $ à des fins partisanes par l’ancien cabinet du chef du Bloc Québécois. Comble de l’ironie, cet acte illégal aurait débuté au même moment où le Bloc faisait campagne contre le scandale libéral des commandites avec le slogan «Un parti propre au Québec».

Du côté de la CAQ-ADQ, hier, les hauts-dirigeants de l’ADQ annonçaient fièrement la mort de leur parti et se résignaient, avec un grand sourire, à se soumettre au leadership de François Legault. Des gens qui se réclamaient de la droite s’unissent aujourd’hui à la gauche «efficace» amoureuse d’un état fort.

La classe politique nous déçoit tellement que le Parti libéral de Jean Charest, usé par neuf ans de pouvoir et fortement éclaboussé par les allégations de corruption, conserve encore des chances d’être réélu si les Québécois sont prochainement appelés aux urnes.

CAUSES DU MALAISE

Comment avons-nous pu descendre si bas?

Cette confusion et ce déclin ne sont possiblement que les symptômes d’un malaise politique bien plus profond : l’échec du «modèle québécois».

Depuis près d’un demi-siècle, on nous vend l’État-providence au nom de l’idéal d’égalité et d’indépendance. Pour les nouvelles générations, ça signifiera pourtant des montagnes de dettes publiques, des cotisations astronomiques aux régimes publics de retraite, des dépenses en croissance exponentielle dans un système de santé à bout de souffle, des infrastructures publiques en décrépitude.

PRENDRE LE TAUREAU PAR LES CORNES

Mater ce monstre politico-bureaucratique nécessiterait une personnalité de l’envergure de Margaret Thatcher.

Tous nos leaders politiques actuels n’ont comme priorité que les prochaines élections, sans se soucier des prochaines générations.

Pendant que les partis politiques se multiplient, il risque pourtant d’y avoir de moins en moins d’électeurs qui se présentent aux urnes.

LA POLITIQUE AUX CITOYENS!

Compatriotes québécois, on ne peut plus laisser la politique aux politiciens. Nous sommes dus pour une bonne discussion entre citoyens.

Faut se parler franchement, dans le blanc des yeux.

Les travailleurs du secteur public, jouissant d’une sécurité d’emploi absolue et d’un régime de retraite doré, doivent s’asseoir avec leurs collègues du secteur privé, qui ne profitent pas de ces mêmes privilèges mais doivent pourtant les financer via leurs impôts.

Les bâtisseurs du Québec d’hier devront aussi accepter d’écouter ceux qui auront à bâtir celui de demain.

On doit finalement contraindre nos élus à affronter des problèmes qu’ils préfèreraient éviter, trop obsédés qu’ils sont à tenter de se faire élire ou réélire.

C’est dans cet esprit que je publierai cette semaine mon premier essai qui s’intitule L’État contre les jeunes. Je souhaite qu’il contribue à alimenter ce débat dont le Québec a tant besoin.

UNE ARMÉE DE DÉSERTEURS

- 15 janvier 2012

Legault Rebello

François Legault pense construire sa Coalition Avenir Québec sans idéologie, en regroupant des transfuges venus de n’importe où, uniquement attirés par l’odeur de bons sondages bien frais.

La seule condition pour être accueilli à bras ouverts dans le refuge caquiste: mettre vos convictions politiques au vestiaire et remplacer ça par l’efficacité, le pragmatisme, le changement ou autres slogans creux.

PAS SI SIMPLE

Selon le sondage de l’Agence QMI d’hier, l’arrivée des derniers vire-capots ne semble cependant plus très bien accueillie par un électorat qui flaire soudainement l’opportunisme et l’hypocrisie politicienne.

Le chef caquiste répète présentement, une à une, toutes les erreurs commises par les adéquistes à l’hiver 2002-2003.

D’abord, en refusant les étiquettes, Legault invite ses adversaires à le définir et attire vers lui toutes les guidounes sans convictions que peut compter l’univers politique québécois – et Dieu sait qu’il ne manque pas d’aspirants-politiciens prêts à n’importe quelle bassesse pour accéder au pouvoir.

BONS INDIVIDUS, MAUVAISE ÉQUIPE

Qu’on se comprenne bien. Les hommes et les femmes qui joignent la CAQ sont souvent de grandes valeurs. Ex-adéquistes de centre-droit, Sylvie Roy et François Bonnardel ont démontré ces derniers mois qu’ils peuvent à eux deux incarner pratiquement seuls la véritable opposition officielle à l’Assemblée nationale. François Rebello est un brillant et sympathique environnementaliste de gauche qui peut grandement contribuer à une formation. Marlene Jennings demeure une trudeauiste articulée redoutable.

Le seul problème est que tout ce beau monde se retrouve dans une même équipe alors qu’ils ignorent ce qui peut bien les rassembler. Qu’ont-ils en commun sauf vouloir gagner la prochaine élection?

Quand le ciment d’une coalition tient à un sondage, il devient difficile de garder une quelconque unité quand l’enthousiasme baisse, comme c’est le cas de la CAQ.

LA DÉGRINGOLADE

Parti trop haut, trop vite, sans être capable d’expliquer clairement ce qui la différencie des vieux partis, la CAQ risque de n’être qu’une étoile filante dans le firmament politique québécois.

Comme Mario Dumont il y a neuf ans, Legault passera les prochains mois à rencontrer des tonnes de candidats potentiels qu’il indisposera parce qu’il devra en écarter l’écrasante majorité, à courir aux quatre coins du Québec à ramasser de l’argent pour son parti sans le sou et à réparer les pots cassés par ses nouvelles vedettes inexpérimentés ou ignorantes de ce qu’est la CAQ.

Il arrivera au déclenchement des élections au printemps épuisé, avec une organisation encore en pleine gestation, une équipe inexpérimentée, sans cohésion. La campagne électorale se résumera à une série de gaffes anecdotiques que se feront un malin plaisir à rapporter les mêmes journalistes qui quelques mois plus tôt gonflaient la balloune caquiste.

Ceux qui rêvent plutôt à une répétition des vagues adéquiste de 2007 ou orange de 2011, où des partis réussirent à conquérir le coeur des Québécois avec une claque pis une bottine, notez que ces montées s’effectuèrent en pleine campagne électorale et que les deux partis terminèrent néanmoins dans l’opposition.

Une armée de déserteurs peut gagner une bataille… pas une guerre!

S’ARMER ET SE DÉFENDRE

- 8 janvier 2012

Sarah McKinley 03

Un récent fait divers apporte de l’eau au moulin des partisans du port d’armes aux États-Unis et aux conservateurs qui tentent de renforcer le principe de légitime défense au Canada.

HISTOIRE VRAIE

À deux heures du matin, la nuit du Jour de l’An, une veuve de 18 ans de Blandchard en Oklahoma, Sarah McKinley, reçoit la visite d’intrus qui tentent d’entrer dans sa maison mobile. Apercevant le couteau de 12 pouces d’un des deux agresseurs, Sarah bloque l’entrée avec son sofa, tente de cacher son poupon de 3 mois et sort son fusil.

Elle appelle la police, mentionne qu’elle est armée et demande si elle peut tirer sur l’homme qui défonce sa porte. L’opératrice lui répond de tout faire pour protéger elle et son bébé.

Lorsque l’indésirable force l’entrée, un coup de feu retentit.

Les policiers arrivent quelques instants plus tard. Ils constatent la mort du truand et reconnaissent que Sarah a agi en parfaite légitime défense. L’affaire est immédiatement classée.

Trente-et-un états américains appliquent une « Castle Doctrine » qui désigne la résidence comme un endroit où on peut jouir d’une protection contre toute forme d’attaque ou d’intrusion. Ça donne le droit au propriétaire d’utiliser la force, pouvant même provoquer la mort.

ET SI SARAH ÉTAIT QUÉBÉCOISE?

D’abord, Sarah n’aurait probablement pas eu d’arme à feu. Pour paraphraser notre ministre de la Sécurité publique, les simples citoyens ne devraient pas posséder une arme pour se défendre. La priorité de notre gouvernement, c’est plutôt de se doter d’un registre québécois pour incommoder les honnêtes propriétaires de fusils de chasse.

Ensuite, l’opératrice du 911 au Québec n’aurait jamais pu inviter une victime à tirer sur son agresseur.

Si Sarah l’avait quand même fait, elle aurait probablement subie le même sort que ce gars de Toronto qui l’été dernier reconduisait sa blonde chez elle. À son arrivée, un voleur se trouvait à l’intérieur alors que la mère de sa copine y dormait. L’homme de 28 ans est entré dans la maison armé d’un couteau et a poignardé le cambrioleur. Il a été accusé d’assaut, passible de 14 ans de prison.

Ou la célèbre cause à l’automne 2010 d’un petit commerçant, David Chen, qui avait attrapé et ligoté un voleur avant d’appeler la police. Une fois arrivées sur les lieux, les policiers accusèrent Monsieur Chen d’avoir séquestré le criminel.

Au Canada, nous n’avons pas de « doctrine du château ». Les sections portant sur la légitime défense du Code criminel sont excessivement complexes. La force utilisée doit être « raisonnable » et « proportionnelle ».

Heureusement, les conservateurs tentent présentement de renforcer ces dispositions via le projet de loi C-26. Pendant ce temps-là, notre ministre de la Justice au Québec s’insurge contre le gouvernement fédéral parce que celui-ci souhaite imposer des peines plus sévères aux criminels.

Une Sarah québécoise aurait peut-être été battue, violée ou carrément tuée avec son poupon. Ou si elle avait fusillé son agresseur, elle croupirait peut-être déjà en prison et son fils confié à la DPJ.

Ne venez s’il-vous-plait pas me dire qu’il s’agit là de « valeurs québécoises »!

NON à la fusion CAQ-ADQ!

- 18 décembre 2011

NON MARIAGE

Les 2521 derniers membres en règle de l’ADQ décideront prochainement du sort de leur parti.

Ils ont au moins 5 bonnes raisons de dire NON à cette fusion:

1) L’ADQ est un parti de centre-droit alors que la CAQ se réclame de la « gauche efficace ». L’ADQ veut « moins d’État », tandis que la CAQ répond « mieux d’État ». Vouloir fusionner ces deux partis équivaut, comme l’a merveilleusement imagé mon collègue Richard Martineau, à vouloir faire copuler une chèvre avec un éléphant. Ça ne donnera jamais des enfants forts. Soyons honnêtes: un OUI signifierait rien de moins que la disparition pure et simple du programme de centre-droit adopté par l’assemblée des membres de l’ADQ;

2) La mixité du système de santé constitue l’engagement-phare de l’ADQ. François Legault la rejette. Pourtant, Legault a été membre d’une clinique privé. Son numéro 2, Charles Sirois, a fait fortune avec ses investissements privés en santé et le principal conseiller caquiste en cette matière, Gaetan Barette, a appuyé le projet de loi adéquiste sur cette question. Par manque de courage, Legault promet un décevant projet pilote que syndicats et fonctionnaires s’empresseront de torpiller;

3) Par le biais des médias, les membres de l’ADQ ont appris que leur chef et l’exécutif du parti négocient avec la CAQ, sans avoir obtenu le mandat de le faire. En annulant le congrès devant porter sur la santé, en négociant en cachette, en annonçant un mariage consommé en conférence de presse, les dirigeants de l’ADQ ont agi comme s’ils étaient propriétaires du parti. En votant NON, les membres se réapproprieront leur parti et leur programme;

4) Avant même l’annonce publique de l’entente, les hommes de main de Legault appelaient les journalistes pour couler l’info, prenant bien soin de mentionner que la CAQ avait gagné tous ses points et que la fusion se ferait à SES conditions. Quand on veut qu’un mariage soit couronné de succès, on ne tente pas de miner son partenaire la veille des noces. Toute alliance réussi compte deux gagnants. La mesquinerie des caquistes annonce déjà la rupture prochaine;

5) Pendant les récentes consultations et négociations, Legault n’a rien écouté, rien retenu, rien cédé, rien changé. Legault s’est autoproclamé chef, a choisi son exécutif, le nom et le logo de SON parti. Il sélectionnera tous les candidats et décide ce qui fait partie de SON programme. Pas surprenant finalement qu’il ait refusé d’ajouter le mot « démocratique » à la CAQ…

FIDÈLES À VOS CONVICTIONS

Tout ce que semble vouloir Legault présentement, c’est d’avoir un ou deux porte-parole de droite dans sa « coalition » fourretout et, surtout, s’enrichir du 800,000$ que reçoit annuellement l’ADQ du DGE.

Les adéquistes savent bien que leur véritable force réside dans leurs idées. Ils doivent aujourd’hui résister au chant des sondages.

La démocratie québécoise sortira gagnante d’un victoire du NON puisque les électeurs conserveront une alternative à la gauche radicale de Québec solidaire, à la gauche sociale-démocrate du PQ, à la gauche mollassonne du PLQ ou à la gauche efficace de Legault.

LAISSEZ NOS MINOUNES TRANQUILLE!

- 12 décembre 2011

Automobile écologique de demain

« On va empêcher le monde qui ont un seul moyen (de transport pour) pouvoir aller travailler pis de faire un peu d’argent. On va leurs enlever ça. Envoie mon tarla. Va t’endetter encore plus que ça. Va te prendre un char de l’année. »

Ce cri du coeur lancé par un automobiliste contre le projet de loi déposé mercredi dernier par le ministre de l’Environnement, Pierre Arcand, fait un tabac présentement sur Youtube.

Cette législation maudite veut obliger les propriétaires d’automobiles de plus de huit ans à faire inspecter le système anti-pollution de leur bagnole tous les deux ans. Pas de vérifier si les freins ou les pneus sont sécuritaires. Non. Juste les émission de GES.

MAILLON FAIBLE

Arcand cède ainsi aux écolos. D’ailleurs, ce ministre confirme qu’il est le plus faible d’un gouvernement qui n’a déjà pas beaucoup de gros joueurs. L’ex-brillant homme d’affaires démontre depuis son arrivée en politique qu’on peut être bon en affaires mais nul en politique.

Incapable de défendre l’automobiliste et le contribuable, Arcand abdique devant le puissant lobby vert. Un lobbyiste de l’AQLPA a même du défendu son projet de loi en conférence de presse.

Pour un gouvernement opportuniste et cassé, toujours facile de faire de belles annonces pour se faire applaudir par des environnementalistes fanatiques, tout en refilant en douce la facture aux contribuables.

TAXE RÉGRESSIVE

Déjà surtaxés, les automobilistes québécois feront les frais de cette nouvelle contrainte. Cette « taxe » d’environ 100$ par inspection ne s’appliquera qu’à ceux qui n’ont pas l’argent pour se payer une auto neuve tous les 8 ans.

Dans les cocktails de financement du Parti libéral ou dans la circonscription du ministre de Mount-Royal, les gens ont les moyens d’avoir des chars neufs.

Si certaines personnes s’achètent de vieux tacots ou gardent leurs autos plus de 8 ans, ce n’est pas parce que ce sont de sales pollueurs. C’est généralement parce qu’ils n’ont pas les revenus pour s’acheter un Hummer de l’année.

On estime que 95% des minounes seront inspectées pour rien.

Les automobilistes s’appauvriront donc et auront moins d’argent à investir pour leur sécurité routière parce que l’enverdeur Arcand juge plus important la lutte à la pollution atmosphérique. Pourtant, la quantité de CO2 émise par les autos diminue tous les ans. Selon certains scientifiques, l’homme n’est responsable que de 3% des CO2 émis dans l’atmosphère mais 100% de sa sécurité routière.

POUVOIR DISCRÉTIONNAIRE

Le ministre de l’Environnement accréditera également les établissements qui peuvent émettre des « certificats de conformité environnementale ».  Après les scandales de nomination des juges, de la corruption dans l’industrie de la construction et de l’octroi de permis de places en garderie, bientôt à l’affiche le scandale des garagistes amis ou contributeurs à la caisse du Parti libéral?

Ce gouvernement semble incapable de faire quoi que ce soit pour le bien public. On a toujours l’impression qu’il y a un bagman du parti prêt à collecter une ristourne sur tous ce que les libéraux touchent.

De grâce, libéraux véreux, ne touchez pas à nos minounes!

NOËL, MON BEAU RÊVE… VERT?

- 4 décembre 2011

Arbre récyclé ed

Avec un budget annuel de 5 millions $ versé par le fédéral, les bureaucrates de la Biosphère de Montréal utilisent présentement la période festive pour vous prêcher leur évangile verte sur leur site web, juste avant le shopping des Fêtes.

PRÉDICATEURS PUBLICS

D’abord, nos fonctionnaires nous rappellent que « les déplacements en voiture pour effectuer les nombreux achats étant une source importante d’émissions de CO2, il est important de planifier les séances de magasinage de façon à réduire les déplacements ». Tant qu’à y être, vous pouvez aussi utiliser le métro ou l’autobus qui sont très pratiques, comme tous le savent, pour transporter son sapin de Noël ou ses 16 sacs d’emplettes.

Laissez aussi le gouvernement vous convertir à son alternative écologique au sapin de Noël qui consiste à « décorer une plante » intérieure. Ça explique peut-être pourquoi le sapin a été mis à l’index cette année à Ottawa.

Le p’tit-Jésus vert vous prévient également contre l’utilisation de la neige artificielle en spray. Substituez ça par du « sucre en poudre pour créer l’effet de neige ».

Pour vos sacs de plastiques, assurez-vous d’avoir ceux « faits à base d’amidon de maïs ou de pomme de terre ».

BRIC-À-BRAC

L’endroit conseillé pour tout trouver n’est évidemment pas le centre d’achat. « Friperies, bouquineries ou ventes de garages sont autant d’endroits pour dénicher des cadeaux originaux ».

Même si vous trouvez le cadeau « usagé » pour vos enfants, fait de vidanges recyclées, votre bonne action écolo ne se termine pas là.

Après, les « journaux ou circulaires se prêtent aussi très bien au jeu de l’emballage. » Pourquoi pas mon visage et le présent article en lieu et place du Père-Noël et de son traineau?

SIMPLICITÉ INVOLONTAIRE

Le porte-parole de la Biosphère, Éric Vachon, rappelait d’ailleurs récemment à l’animateur Dominic Maurais que Noël ne doit pas être une période de surconsommation.

Avec de tels sermons, plus besoin d’aller à la messe de minuit. On a un curé vert, fourni par le gouvernement, pour nous dire quoi faire et, surtout, ne pas faire.

D’autres serviteurs de l’État s’inquiètent aussi de notre évolution et questionnent: « Le traditionnel échange de cadeaux vécu dans la simplicité ferait-il désormais partie du bon vieux temps? »

De nos jours, notre prétendue  » frénésie de consommation s’accompagne de stress et d’endettement. »

Je ne sais pas pour vous mais moi mon niveau de stress et d’endettement monte quand le gouvernement dilapide les fonds publics pour me dicter comment magasiner ou emballer mes cadeaux.

Je ne suis pas religieux mais tout de même nostalgique du Noël blanc de mon enfance, quand l’argent de nos taxes ne servait pas à propager la bonne nouvelle des enverdeurs.

RELIGION VERTE

La gauche accuse souvent les conservateurs d’être de droite religieuse. Eh bien, quand ils tolèrent qu’un ministère gaspille ainsi notre argent, ils ne sont ni de droite, ni religieux.

J’espère sincèrement que vous verrez cette année le Pôle Nord à travers les yeux d’enfants émerveillés plutôt qu’à travers les lunettes teintés vertes d’Ottawa.

Bonne saison du magasinage de Noël quand même!

LES LEÇONS DE VIE DES INDIGNÉS

- 27 novembre 2011

Indignés leçons texte

Malgré tout ce que j’ai pu dire ou écrire contre le mouvement Occupons Montréal, je veux aujourd’hui faire amende honorable et rendre hommage aux indignés qui ont campé au square Victoria de la mi-octobre jusqu’à vendredi dernier.

Ces contestataires voulaient, courageusement et honnêtement, changer le monde, renverser l’ordre établi, amener une égalité sociale et économique. Grand bien leur fasse.

LE BILAN

L’instigateur mondial du mouvement Occupons et cofondateur du magazine vancouvérois Adbusters, Kalle Lans, estimait hier que l’opération chez-nous fut pourtant un échec, notamment parce que des « gauchistes cinglés » ont pris le mouvement canadien en otage.

Ayant observé les campeurs montréalais, je ne partage aucunement le négativisme de l’initiateur du projet.

Au contraire, je crois que nos indignés ont prouvé par l’exemple, au cours du dernier mois et demi, quatre grandes leçons de vie essentielles pour le bon fonctionnement de toute société libre et démocratique:

1) Revenons sur un incident survenu au début de l’occupation du square Victoria. Un indigné est revenu dans sa tente tard un soir. Deux itinérants avaient pris possession des lieux en son absence. Il les a gentiment invité à quitter lorsqu’il a reçu un bon coup de poing sur la gueule. C’est alors que furent établies des règles de respect de la propriété privée. Leçon no 1: Non au tout public!

2) Les organisateurs d’Occupons Montréal collectaient des dons auprès du public. Ils avaient amassé une réserve de 10,000$ dans une yourte installée sur le site. Un beau matin, l’argent a disparu. Ceux qui s’insurgeaient contre les grands voleurs de la planète venaient d’apprendre qu’il s’en trouvait au moins un parmi eux. Ils coururent à la banque la plus proche pour s’ouvrir un compte, sans rechigner devant le banquier grassement payé. Leçon no 2: Les banques remplissent une fonction essentielle.

3) Il y a un peu plus d’une semaine, dans la nuit de samedi à dimanche, des bagarres en série ont éclaté, certains furent même menacés de mort. C’est alors que les responsables du campement ont demandé l’aide des policiers pour chasser les plus violents. Leçon no 3: la loi et l’ordre s’imposent pour ne pas se laisser mener par des criminels.

4) Constatant que n’importe qui se pointait pour aller bouffer gratuitement à la « cuisine du peuple », les organisateurs décidèrent de refuser de nourrir « les gens qui ne prêtent pas main forte à l’organisation du camp ».   Leçon no 4: il faut travailler pour manger.

MIEUX QU’À L’ÉCOLE

Aucun indigné n’aurait pu assimiler autant d’enseignements judicieux dans nos cégeps ou universités, en aussi peu de temps. Les indignés d’aujourd’hui seront de meilleurs citoyens demain, plus respectueux de la propriété privée, des banques, de la loi et du travail. Ils durent recourir au système qu’ils dénonçaient pour simplement gérer pendant quelques jours un terrain de camping public et gratuit.

Sans le vouloir, ils nous auront finalement prouvé que le capitalisme est le moins pire des mauvais systèmes pour vivre en société.

Vive Occupons Montréal! Vive les indignés! Vive le capitalisme!

BOOMERS-DORÉS VS JEUNES-SAIGNÉS

- 20 novembre 2011

Retraités et étudiant

L’excellente série d’articles dans le Journal ces derniers jours sur la crise des régimes de retraite ouvre les yeux d’un nombre grandissant de Québécois sur l’iniquité entre les générations que s’apprêtent à laisser les baby-boomers.

Bienvenue dans un véritable débat gauche-droite, avec d’un côté des ainés prêts à tout pour siphonner jusqu’à la dernière cenne de ce qui reste dans les caisses de retraite publiques et de l’autre les jeunes des générations X, Y et Z, dégoutés par la montagne de dettes dont ils héritent, qui refusent de payer la facture salée.

Les boomers, qui ont pourtant porté ce projet, désertent de plus en plus le mouvement indépendantiste alors qu’ils arrivent à l’âge de la retraite et réalisent que finalement l’argent du fédéral pourra peut-être aider le Québec à retarder le moment fatidique où on frappera le mur vers lequel on se dirige allègrement. Après eux, le déluge.

L’IRRESPONSABILITÉ

Évidemment, les gauchistes diront que ce fiasco n’est pas la faute des politiciens ni des fonctionnaires qui ont mis en place ces régimes de retraite à prestations déterminées beaucoup trop généreux. On vit après tout dans le Québec du no-fault où l’imputabilité n’existe pas. On nous répètera que personne ne pouvait prévoir dans les années 60 et 70 que les Québécois ne feraient plus d’enfants, que les gens préfèreraient prendre leur retraite plus tôt, que l’espérance de vie s’accroitrait ou que les marchés financiers s’effondreraient.

Pis après? Les boomers ont fait des prévisions. Ils se sont complètement gourés. En quoi est-ce la faute des générations futures?

Ils ont, consciemment ou non, dilapidé l’héritage de leurs parents et hypothéqué l’avenir de leurs enfants pour se payer un gros État-providence qui détourne la richesse vers eux.

L’obésité de l’état, le système de pensions sous-capitalisé et les méga-dettes publiques sont seulement les premiers symptômes apparents de l’échec de leur « modèle québécois ».

RÉVEILLEZ-VOUS LES JEUNES!

Les solutions pour ramener le Québec vers la prospérité économique sont néanmoins archi-connues: dégraisser la machine bureaucratique, redonner la liberté d’association aux travailleurs, éliminer les privilèges syndicaux éhontés, réformer les régimes de retraite pour transférer le tout dans des REER, équilibrer le budget, affecter tout surplus au remboursement de la dette, ouvrir la porte au privé en santé, accélérer le développement de nos ressources naturelles et privatiser nos société d’État.

Malheureusement, aucun politicien actuel n’aura le courage de les proposer tant et aussi longtemps que les boomers auront le poids des votes. Après, il sera possiblement trop tard.

Aux étudiants qui descendent dans la rue ces jours-ci parce que le gouvernement augmente leurs frais de scolarité de 325$ par année, ça ne vous tenteraient pas de plutôt vous plaindre parce que ce même gouvernement vous pellette une facture de 200,000$ chacun sur les épaules pour payer les erreurs du passé? L’iniquité intergénérationnelle sera le principal problème des prochaines décennies. Il est grandement temps que les jeunes, et les moins jeunes qui se scandalisent aussi de cette situation, s’organisent et ripostent.