Trois p’tits tours d’Éléphant à Cannes

- 15 mai 2017

À Cannes Classics avec Denis Villeneuve

Photo DV-credit Jan Thijs copy 2

Le Festival de Cannes et les Oscars sont les deux événements cinéma les plus prestigieux au monde. Sans vrais rivaux. Berlin fait tous les efforts, Venise rame sans y arriver, le TIFF s’américanise autant qu’il peut, mais Cannes reste toujours là, triomphant, sous la direction de son fringant délégué général, Thierry Frémaux, redoutable judoka, fébrile partisan de l’OL et prodigieux érudit du cinéma mondial.

Il y a une dizaine d’années, Thierry Frémaux,fort sans doute de sa présence à l’historique Institut Lumière de Thierry FrémauxLyon avec son diligent allié Bertrand Tavernier, a été conscrit pour démarrer une section de Cannes qui ferait revivre les classiques du cinéma sur lesquels se penchent plusieurs unités de restauration à travers le monde. On s’était subitement rendu compte que le cinéma, cette découverte la plus importante du 20e siècle, risquait de disparaître, et que cette trouvaille était même un «art», non plus seulement l’attraction de foire qu’elle était au début.

90% du cinéma muet était déjà disparu pour toujours, et il restait à peu près 50% du cinéma parlant. Un désastre. Comme si les ancêtres de Daech étaient passés par là.

Cannes Classics n’a certes pas été le premier festival à accueillir les films de répertoire, mais vu la notoriété immense de son père, le Festival de Cannes, il devint tout de suite l’événement où il fallait être sélectionné pour être reconnu dans les ligues majeures de la restauration de films.

Éléphant, mémoire du cinéma québécois, était bien jeune, il n’avait pas encore six ans lorsque, ô surprise! un de ses films restaurés était invité au prestigieux Cannes Classics, et pas le moindre : Léolo de Jean-Claude Lauzon. Je me souviens, nous prenions l’avion à Paris, Marie-José et moi, pour revenir à Montréal lorsque, dans le taxi qui nous dépose avec un peu de retard au Terminal 3 de Roissy, mon portable sonne: c’est Thierry Frémaux lui-même qui m’annonce que nous sommes sélectionnés et que Léolo sera à Cannes. Je bredouille des remerciements surpris et émus.

À Cannes avec Jean-Claude Lauzon

Lorsque des semaines plus tard, Frémaux me fait monter avec lui sur la scène, le grand Théâtre Lumière du Palais est bondé, pas une place libre. J’explique rapidement ce qu’est Éléphant, Thierry présente Marie-José Raymond et Sylvie Cordeau, de Québecor, le mécène.  Après l’escalier du festival sur la musique de Saint-Saëns, ce sont les premières images du film précédées du logo Éléphant. L’émotion! On sent à la fin du film que les spectateurs ont le sentiment d’avoir vu une œuvre très particulière, pas ordinaire du tout, une œuvre que Time Magazine a classée parmi les 100 meilleurs films de tous les temps. Nous sommes vraiment fiers de Jean-Claude Lauzon et fiers d’être les Québécois qui ont rafraîchi son extraordinaire travail.

À Cannes avec Les Ordres

Un an plus tard : deuxième invitation à Cannes Classics, cette fois avec Les Ordres de Michel Brault. Nous sentons bien, Marie-José et moi, que nous sommes entrés dans la cour des grands. Les Immagine Ritrovata,  Gaumont, Pathé et Film Foundation ne nous regardent même plus de la même façon : nous sommes des collègues.

Encore une fois, c’est une salle pleine qui regarde Les Ordres et applaudit Michel Brault et le travail d’Éléphant. L’idée qui avait germé dans la tête de Pierre Karl Péladeau, il y aura maintenant bientôt dix ans, prenait tout son sens; non seulement le répertoire du cinéma québécois était-il en voie de numérisation et de restauration, mais ce qui tenait le plus à cœur à Pierre Karl, c’était la diffusion.Pierre Karl Péladeau Il souhaitait que le cinéma québécois soit connu et reconnu dans le monde entier. Et voilà, ça commençait à Cannes Classics et ça se poursuivrait, non seulement dans les festivals, mais aussi sur la vidéo à demande, illico d’abord, puis sur iTunes, maintenant, dans tous les pays du monde où les langues officielles sont soit le français, soit l’anglais. Le monde du cinéma (et le gouvernement du Québec qui ne contribue pas un rond) doivent une fière chandelle à Pierre Karl et à la générosité de Québecor, l’entreprise qu’il dirige.

La cerise sur le sundae: VILLENEUVE

Deux fois à Cannes en trois ans, c’était déjà si formidable que c’est avec très peu d’attentes que nous soumettions cette année quatre films restaurés.

Nous avions tort. Il y a trois semaines, nous recevions un appel de Gérald Duchaussoy, bras-droit de Thierry Frémaux nous demandant si nous avions objection à ce que le film qu’ils avaient choisi : Un 32 août sur terre de Denis Villeneuve, soit présenté au Cinéma de la Plage? Bien sûr que non : des films comme Pulp Fiction de Tarentino ont été présentés sur la plage après avoir été sélectionnés par Cannes Classics.

On nous faisait un grand honneur. La projection aurait lieu sur la plage de Cannes, le 27 mai, à 21h.30. Il y aurait même une montée des marches, suivi d’un cocktail. Denis Villeneuve a promis qu’il ferait tout pour y être, lui qui termine Blade Runner 2049. Pierre Karl Péladeau y sera lui aussi, le mécène d’Éléphant, ainsi que Roger Frappier, le producteur du film, Pascale Bussières, la vedette féminine; et nous, évidemment, les co-directeurs d’Éléphant.

Merci Cannes, Merci Thierry Frémaux, merci Gérald Duchaussoy pour ce troisième p’tit tour d’Éléphant à Cannes Classics.

Et merci Denis Villeneuve pour ce premier long métrage, ce 32 août sur terre qui laisse déjà entrevoir toute l’originalité de votre inspiration. Ce 32 août, je le vois comme la start up d’une œuvre importante qui grandit et qui va bientôt conquérir le monde du cinéma.

Des liens pour se souvenir

Voici quelques liens pour se remettre dans le ciboulot des images du magnifique 32 août sur terre de Villeneuve et retrouver Pascale Bussières et Alexis Martin, les deux vedettes. Vous n’avez pas encore vu ce film? Vous ne serez pas à Cannes? Rien de plus simple: allez sur illico canal 900 choisissez le répertoire Éléphant, ou allez sur iTunes. C’est là, ça vous attend.

BANDE ANNONCE/TRAILER

https://youtu.be/t4_s82xvQ80?list=PLikrh2khp0dEVHSx0cuwJVkMH8IsKuTMq

Premier extrait/1st clip

https://youtu.be/4Pv8Y3kfgUM

Deuxième extrait/2nd clip

https://youtu.be/JFzI_rMOsxk

Troisième extrait/3rd clip

https://youtu.be/rPG0EF8il0U

Quatrième extrait/4th clip

https://youtu.be/0WkZh_Fdqq4

Catégories: Cinéma

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