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ÉLÉPHANT ET LES ÉTRENNES

- 26 décembre 2014

Éléphant donne:

Pierre Karl Péladeau Éléphant, mémoire du cinéma québécois, une magnifique inspiration de Pierre Karl Péladeau, que Québecor, dont il est l’ex PDG, continue de soutenir généreusement est un cadeau immense pour les amateurs de cinéma en assurant la disponibilité et la pérennité de notre patrimoine cinématographique. Éléphant est maintenant devenu l’une des philanthropies culturelles les plus importantes au Québec: au-delà de 6 millions$ investis jusqu’à présent, sans compter une valeur publicitaire dépassant 10 millions$.

Le feuilletage à volonté des images que nous sommes depuis trois-quarts de siècle est désormais possible sur Illico, canal 900 et sur iTunes (dans la collection Éléphant, où l’intégration des films se poursuit rapidement, il y en maintenant près de 80) dans tout le Canada et dans les pays du monde où la langue est le français ou l’anglais.

Éléphant c’est aussi un site web impressionnant et très beau sur le cinéma québécois: elephant.canoe.ca; c’est également un livre écrit par Serge Bouchard, Les images que nous sommes, disponible aussi en format électronique, Marie-José fait la démonstration du eBookun eBook magistral qui contient plus de cinquante minutes d’extraits vidéo de films québécois restaurés. Les images que nous sommes sont en vente sur iTunes (sur iPad2 ou mieux) et chez Barnes & Noble (sur Kobo ARC).

On peut dire que les créateurs du cinéma québécois: réalisateurs, scénaristes acteurs, producteurs et techniciens sont de plus en plus heureux et fiers de savoir que leurs œuvres revivent et qu’on peut les regarder quand on veut et presque partout en les louant à la pièce sur la VsD. Et tout le produit de ces locations est retourné aux ayants-droit (sauf iTunes qui conserve le pourcentage qui lui est dû).

Resterait-il des colonisateurs?

Beaucoup de détenteurs de droits ont jusqu’ici collaboré avec enthousiasme avec Éléphant, mais il reste quelques réfractaires, des voraces, instransigeants, parmi eux un gros distributeur, le plus important au Québec et qui est – par surcroit – contrôlé par des intérêts étrangers. Ce distributeur reste opiniâtrement assis sur une quantité de films du patrimoine québécois et refuse, sauf à des conditions inacceptables, de libérer les éléments nécessaires à la numérisation et à la restauration de ces œuvres, travail dont tous les frais sont pourtant assumés par Éléphant, privant du même coup les ayants-droit des revenus afférents. Ces distributeurs dont l’insensiblité au patrimoine québécois reste incompréhensible reçoivent pourtant régulièrement de Téléfilm et de la SODEC des sommes importantes pour le lancement des films frais produits ici.

Éléphant reçoit.

Thierry FrémauxCette année, Éléphant n’aura pas que donné, il aura beaucoup reçu aussi. En effet, grâce à Thierry Frémaux, le délégué général du Festival de Cannes, il a été admis dans le cercle international de la restauration du cinéma alors qu’il a été invité dans la section Cannes Classics, pour la premère fois. C’est avec Léolo de Jean-Claude Lauzon,Ginette Reno dont la vedette est Ginette Reno, que nous avons fait nos débuts dans ce grand monde, dans une salle bondée dont une majorité de spectateurs découvraient le cinéma québécois. Et pas avec n’importe quoi: Léolo, classé par Time Magazine comme un des 100 meilleurs films du siècle, numérisé et restauré à la perfection.

Quelques mois plus tard, en octobre, c’est le Festival Lumière de Lyon, le plus prestigieux festival de films restaurés au monde, qui invitait Éléphant dans une section intitulée: Les splendeurs de la restauration 2014. Dans cette section où ne se trouvaient que six films, Éléphant a présenté Les bons Charlotte Laurierdébarras de Francis Mankiewicz, dans la belle salle de l’Institut Lumière. Conquis, le public – dont une partie venait de voir Mommy dans des cinémas de Lyon – a établi un lien intéressant entre la thématique de ces deux films: les relations si particulières d’une mère et de sa fille, si brillamment interprétée par Charlotte Laurier, dans l’un; d’une mère et de son fils dans l’autre. Les bons débarras ont aussi été projetés dans deux autres cinémas de Lyon, durant le Festival.

À Cannes, comme à Lyon, la qualité des restaurations faites par Éléphant a été louée autant par les cinéphiles ordinaires que par les spécialistes. Tant et si bien que l’ancêtre des studios de restauration dans le monde, L’Immagine Ritrovata, nous a invités à faire le tour de leur laboratoire de Bologne, sûrement le plus pointu de l’industrie et celui où il se fait le plus de recherches. Ce labo, rattaché à la Cinémathèque de Bologne, est dirigé par Davide Pozzi dont l’imagination qu’il déploie pour faire revivre les vieilles pellicules est sans borne.

Bien heureux de recevoir à l’occasion quelques lauriers, Éléphant poursuit avec ardeur sa numérisation et sa restauration du patrimoine, mais il continue aussi à étendre son champ d’action avec la suite d’un événement Éléphant ClassiQ, premier festival de films restaurés au Canada.

Éléphant ClassiQ

Meilleurs vœux de Marie-José Raymond
et Claude Fournier, co-directeurs Éléphant