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ÉLÉPHANT PARTOUT

- 20 novembre 2013

À la conquête du monde!

La grande salle du beau Centre PHI, rue Saint-Pierre, dans le Vieux-Montréal, était pleine à craquer pour le cinquième anniversaire d’Éléphant, mémoire du cinéma québécois.

Il faut dire que les annonces qui furent faites lors de cette chaleureuse soirée avaient de quoi surprendre l’assemblée: après cinq ans d’existence, Éléphant annonçait qu’il sera désormais disponible sur iTunes Canada, que son répertoire sera donc accessible sur tout le territoire canadien disposant de l’internet, c’est-à-dire à toute fin pratique: partout. Les films doublés et/ou sous-titrés en anglais

Finies les gentilles récriminations sur les réseaux sociaux: j’habite un coin francophone du pays, mais je ne suis pas sur le territoire d’illico, pourquoi n’ai-je pas accès à Éléphant. Ces demandes nous sont faites depuis longtemps sur ce site, sur Twitter et Facebook.

Voilà c’est fait: ÉLÉPHANT est partout au Canada et il sera bientôt partout dans le monde «connecté».

L’autre annonce était le cadeau d’un livre magnifique (Éditions de l’Homme) rempli de photogrammes des films Éléphant et écrit par un anthropologue à la plume chaleureuse, piquante et même parfois cruelle, Serge Bouchard. «Un mammouth, comme il le dit lui-même, qui se penche sur un éléphant».

Les images que nous sommes est un des plus beaux albums-papier à avoir été publiés au Québec, et certainement le plus surprenant sur notre cinéma, mais à compter  du 4 décembre prochain, ce même livre sera en vente sur iTunes Canada, en format numérique, et dans un format un peu différent sur Archambault.ca Dans cette forme, outre le contenu original du livre-papier, le livre contiendra 78 extraits vidéo de films restaurés par Éléphant et plusieurs galerie de photos supplémentaire, un bijou d’album, une réflexion anthropologique sur les premiers soixante ans du cinéma québécois.

Jamais pareil panorama de notre cinéma n’aura en effet été offert aux cinéphiles et au public en général. Une œuvre vraiment magistrale sur le plan visuel et subjuguante par les points de vue originaux mis de l’avant par Serge Bouchard, ce drôle de hibou dont l’œil acéré ne cesse pas de disséquer les univers.

Un mécène d’exception!

PKP (Photo Pierre Dury)Pierre Karl Péladeau, qui a eu cette idée extravagante de faire naître Éléphant, a posé là un geste remarquable de responsabilité sociale.

Je sais, ce n’est pas tout le monde qui aime Pierre Karl Péladeau, mais moi j’ai pour lui beaucoup d’admiration et carrément une immense affection. C’est un extraordinaire mécène.

Pour ceux qui l’aiment, j’aimerais rappeler que ses prédécesseurs, ses ancêtre mécènes étaient les PHA-RAONS eux-mêmes qui, en Égype, menèrent une politique de construction et de création artistique inscrite dans une vision rigoureuse de l’avenir.

Et pour ceux qui n’aiment pas Pierre Karl, pour ses détracteurs, j’aimerais rappeler qu’en Grèce, ce sont souvent des TYRANS qui ont été de grands mécènes: les Polycratre de Samos, les Hiéron de Syracuse et les Périclès. Ces tyrans – éclairés – ont tout de même favorisé l’art perçu comme le moyen d’exprimer les signes de leur grandeur.Pharaon ou tyran, vous déciderez pour vous-mêmes, mais sans Pierre Karl Péladeau, il n’y aurait pas d’Éléphant, il n’y aurait pas cette exemplaire mise à disposition de notre répertoire cinéma. Une œuvre philanthropique visionnaire.

Il faut aussi remercier Sylvie Cordeau, vice-présidente de Québecor Media, le vizir du pharaon ou, selon ce que vous déterminez qu’est PKP, le gant de velours du tyran. Elle est le cordon ombilical d’Éléphant avec Québecor.

Marie-José montre le livre numérique (à ses côtés: Louise Latraverse)Éléphant ne serait jamais parvenu où il est sans la ténacité et la détermination de la femme de caractère qu’est Marie-José Raymond, la co-directrice du projet. Il ne me vient à l’esprit pour bien la décrire que l’adjectif anglais RELENTLESS. Cette femme énergique et intelligente est toujours en marche et bien difficile à suivre pour l’octogénaire que je suis.

Mais nous avons pris Éléphant ensemble, elle et moi et, avec la générosité de Pierre Karl et de Québecor, nous comptons bien l’amener au bout du monde avec son bagages de films: tous les films du répertoire québécois.

Nous avons fait le quart du chemin puisqu’il reste encore environ 800 films à trouver, à numériser et à restaurer.

Heureusement que l’Éléphant n’a encore que cinq ans, car il reste encore pas mal de débroussaillage à faire dans la jungle du cinéma.

Note: toutes les photos de ce blogue sont par Pierre Dury