Trois combats mémorables

- 17 février 2012

Avant d’interviewer Adonis Stevenson concernant son combat du 18 février, il m’est venu à l’idée de consacrer cette édition à mon top 3 des combats ayant impliqué des boxeurs québécois. J’ai profité de mon entrevue avec Stevenson pour lui demander son top 3 et il a accepté de jouer le jeu. Lors de l’entraînement public tenu au Orion MMA Fight Club, j’ai également eu l’occasion de m’entretenir avec Marc Ramsay, entraîneur de Jean-Pascal. Ramsay m’a aussi donné son palmarès. Bonne lecture!
Top 3 d’Adonis Stevenson
1-Hilton-Oeullet I : «Disputé en 1998, le premier combat opposant Stéphane Ouellet à Davey Hilton a été très intense et serré. Finalement, Ouellet aura, malheureusement pour lui, échappé le combat»
2-Lucas-Catley II : «C’est le combat disputé en 2001, où Éric Lucas a remporté le Championnat du monde contre Glen Catley. C’est une victoire importante pour toute la boxe au Québec, car elle aura ouvert la voie aux autres. On a pris conscience que nous pouvions aussi croire dans la province.»
3- Pascal-Diaconu I: «J’ai choisi ce duel, car c’est là que tout a commencé pour Jean-Pascal. Il a remporté ce soir de juin 2009 le Championnat du monde et a pu par la suite disputer d’autres grands combats (notamment contre Chad Dawson).»
Top 3 de Marc Ramsay
1-Hilton-Ouellet III: «Ouellet avait perdu les deux premiers combats, mais il été capable de revenir et de battre cette fois Davey Hilton à l’automne de 2000. Ouellet avait démontré beaucoup de cran. Il y avait tout un côté dramatique au combat.»
2-Lucas-Catley II : «La conquête du Championnat du monde par Éric Lucas a permis à la boxe au Québec de rejoindre de nouveaux sommets. Cela a justement démontré qu’il y a de la bonne boxe dans la province.»
3- Tous les combats d’Arturo Gatti : «Ses combats ont toujours été incroyables.»
Je n’ai pu m’empêcher de partager à Ramsay mon étonnement du fait qu’il n’avait pas inclus dans son palmarès des combats de son plus connu poulain, Jean Pascal. J’ai réussi à le faire parler du combat Pascal-Dawson. «Je le classe dans la même lignée que la victoire de Lucas. La victoire de Jean Pascal sur Chad Dawson a permis à la boxe québécoise d’atteindre de nouveaux sommets. Dawson était classé parmi les meilleurs boxeurs livre pour livre.»
Mon top 3
1-Hopkins-Pascal II : tout entourant ce combat était spectaculaire. Rappelons que le 1er affrontement entre Bernard Hopkins et Jean Pascal s’était soldé par un verdict nul. En conférence de presse, Pascal avait fait des allusions soutenant que Hopkins se dopait. Le vieux routier avait répliqué en affirmant qu’il ne serait pas surpris si Pascal perdait la vie durant le combat revanche. Le combat lui-même a été très intense et enlevant. Hopkins a écrit une page d’histoire en devenant le plus vieux boxeur à décrocher une couronne mondiale.
2- Dawson-Pascal : même si Jean Pascal s’amenait dans le combat avec la ceinture de champion du monde, il était le négligé. Dawson était considéré comme l’un des meilleurs livres pour livres. En plus, il n’avait jamais subi la défaite. Bref, le pedigree de Dawson était assez élevé. Jean Pascal a livré une superbe performance et ainsi remporté le combat. Il a, ce soir-là, impressionné bien des observateurs américains alors que le combat était diffusé sur le prestigieux réseau HBO. J’étais particulièrement fier de Jean Pascal, car il a rendu plusieurs Québécois fiers devant un vaste auditoire étranger.
3-Andrade-Bute 1 : ce fut la première défense obligatoire de Bute. Le combat a été très intense. Bien que Bute ait dominé la majorité des rondes, le spectacle offert dans le ring était d’une grande qualité. Il y en a eu de l’action. Évidemment, la fin controversée est venue ajouter de la saveur à ce combat. Cela a mis la table pour un combat revanche. Cependant, le 2e affrontement a permis à Bute de prouver qu’il était sérieux alors qu’il a stoppé Andrade au 4e round.

Destinations à saveur sportive

- 3 février 2012

J’ai décidé de me transformer cette semaine en agent de voyage. Vous êtes en train de planifier des vacances d’été et vous n’êtes pas encore décidés? Si vous aimez le sport, mais vous souhaitez visiter d’autres attraits touristiques situés à proximité de l’infrastructure sportive, il y a de fortes chances que vous achetiez une de mes idées. Notez que les trois villes suggérées dans cette chronique ont été visitées par votre humble serviteur.
Toronto
La Ville Reine est une destination qui peut se faire en train ou en voiture. Les gens qui ont un peu plus de sous peuvent prendre l’avion, mais les deux précédents choix font amplement l’affaire. Évidemment, en plein été, la destination première des amateurs sportifs est le Rogers Center, le domicile des Blue Jays de Toronto.
Le stade est situé en plein centre-ville et on y retrouve tout près : la réputée tour du CN, le temple de la renommée du hockey, le stade du FC Toronto ainsi que le Air Canada Center, le domicile des Maple Leafs et des Raptors. Bien sûr, vous ne verrez pas de match en période estivale, mais vous aurez accès à la boutique. Notons que le Rogers Center est situé près de l’eau, une balade en bateau est donc une option envisageable avant le début d’un match.
Boston
Encore là, le trajet Boston-Montréal se fait très bien en voiture. Avant d’arriver à Boston, vous pouvez aller faire du camping dans de nombreux endroits de l’État du New Hampshire. À Boston, pour les sportifs, il y a bien sûr les Red Sox, mais achetez vos billets tôt si vous voulez éviter de payer trop cher en faisant affaire avec des revendeurs. Plusieurs restaurants et magasins entourent le Fenway Park. Notons que le métro de Boston dessert la majeure partie des sites intéressants de la ville et vous pouvez ainsi en visiter quelques-uns avant le premier lancer.
Si vous allez à Boston en août, vous pouvez aussi aller voir un match des Patriotes. Notons que vous pouvez prendre le train à la gare Centrale de Boston pour vous rendre au Gillet Stadium qui est situé à Foxboro. La durée de la balade est d’une heure, mais vous éviterez l’embouteillage monstre.
New-York
Pour la Grosse Pomme, je vous conseille de prendre l’autobus. Vous ne voulez pas conduire votre automobile dans un embouteillage monstre. Les stades des Yankees et des Mets sont accessibles en métro. Il y a de la vie autour du Yankees stadium, il en vaut donc la peine d’arriver un peu plus tôt. Pour ma part, je ne peux dire la même chose du stade des Mets. Lorsque j’y ai été en 2007, il n’y avait dans les environs que Flushing Meadows, le complexe de tennis où se dispute le US Open. C’est un endroit peu vivant lorsqu’il n’y a pas de grand tournoi.
C’est tout pour cette fois-ci. Je vous reviendrais peut-être plus tard cette année pour vous donner d’autres idées.

Un match inoubliable

- 20 janvier 2012

Je fais partie de ceux qui ont jeté la serviette cette saison concernant le Canadien. Je n’ai pas espoir que l’équipe participera aux séries.
Mais même si le Tricolore ne nous a quasiment rien mis de bon sous la dent, c’est une saison que je ne suis pas prêt d’oublier, et ce, en raison d’un match.
Le match en question est celui ayant opposé le Canadien aux Jets à Winnipeg, le 9 octobre. Ce n’est pas tant la dimension historique qui rend ce match mémorable à mes yeux.
Bien qu’il s’agissait de la première rencontre en saison régulière des nouveaux Jets, je me souviendrai toujours de ce match parce que mon fils Victor est né quelques heures auparavant.
J’ai déjà hâte de dire de mon fiston qu’il est né le même jour que cette rencontre à saveur historique. J’ai même conservé la première page du Journal de Montréal pour son album souvenir. L’histoire de la une était d’ailleurs le fait qu’on pouvait se procurer des billets pour ce match à un prix faramineux, voire insensé, de plus de 3000$.
Je suis aussi fier de pouvoir dire à mon fils que le Canadien a gagné (5-1) le jour de son arrivé sur terre. C’est encore plus exceptionnel dans l’optique où le club est en voie de connaître sa pire saison depuis longtemps.
Je dois vous avouer que je n’ai pas regardé la partie dans son entièreté. J’avais loué le service de télévision pour la chambre d’hôpital, mais la fatigue et la joie d’être papa ont eu le dessus sur nos glorieux.
La naissance de son enfant, ça ne s’oublie pas, et on se souvient ainsi de tout ce qui s’est passé cette journée-là.
Je voudrais d’ailleurs vous faire remarquer qu’il est né le 9 octobre. Maurice Richard portait le numéro 9. Il est né à 9h22. Deux neufs collés ensemble, ça fait 99, le numéro porté par la merveille Wayne Gretzky. Si nous étions sur un réseau social, c’est ici que je mettrais l’expression LOL, suivie d’un petit sourire.
Évidemment, je joue ici dans la satire et la folie. Mais n’eut d’été de Victor, ce match, et cette saison, auraient probablement vite sombré dans l’oubli.
Prédictions de football
Ce week-end, nous aurons droit aux demi-finales dans la NFL. Les Patriots de la Nouvelle-Angleterre accueilleront les Ravens de Baltimore dans le match de championnat de l’AFC. Dans la NFC, les 49ers de San Francisco recevront les Giants de New York. Je prédis un Super Bowl Giants-Patriots, une revanche de 2008.

Mes suggestions pour la succession de Gauthier

- 6 janvier 2012

De plus en plus de gens semblent souhaiter que tombe la tête du dg du Canadien, Pierre Gauthier. Je suis d’accord qu’un changement de garde ferait du grand bien pour le Tricolore. Je vous soumets deux noms qui peuvent sembler sortir des sentiers battus, mais que je chercherais absolument à embaucher si j’étais Geoff Molson.
Brisson le vendeur
Mon premier choix est l’agent de joueurs Pat Brisson, qui représente notamment les intérêts de Sidney Crosby. Ces dernières années, Montréal a de la difficulté à attirer des joueurs autonomes au juste prix. Si certains ne semblent aucunement intéressés par l’aventure montréalaise, il faut alors surpayer pour d’autres.
D’un côté, on a besoin de quelqu’un qui peut vendre Montréal. De l’autre côté, cette même personne se doit de bien négocier pour éviter des dépenses trop folles. Un talent de bon négociateur permettrait aussi de bons échanges. Pat Brisson, en tant qu’agent de joueurs, a justement maitrisé l’art de la négociation.
Pierre Lacroix, Mike Gillis et Brian Burke sont des anciens agents et ont tous connu du succès en tant que dg. L’embauche de Brisson avec le Canadien marquerait quelque chose de nouveau. Je suis certains que Brisson parviendrait à bâtir un club gagnant. Évidemment, il faudrait simplement faire attention pour ne pas trop négliger le repêchage.
Par contre, est-ce que Pat Brisson veut vraiment aller se jeter dans la gueule du loup? Ce serait à Geoff Molson de faire tout un pitch de vente.
Une bonne tête de hockey
Mon second choix est le directeur du recrutement des Ducks d’Anaheim, Alain Cheney. Il a eu le flair pour dénicher de bons de joueur. Il m’apparait être une bonne tête de hockey. Le fait qu’il n’a jamais été directeur général ailleurs l’aiderait grandement. Pourquoi? Il aurait tout à prouver et ne pourrait pas s’asseoir sur ses succès passés.
Mais a-t-il l’étoffe qu’il faut pour occuper le poste de dg du Canadien? Peut-il affronter, jour après jour, la masse médiatique, sans avoir l’air pris au dépourvu? Rappelons qu’André Savard avait aussi un flair pour dénicher de bons joueurs. Cependant, il n’avait pas le panache d’un Bob Gainey pour affronter les journalistes.
Mais si on n’essaie pas Cheney, on ne le saura jamais. Mais encore là, Geoff Molson aurait beaucoup de travail à faire pour convaincre les Ducks de le laisser partir.

Un aveu sur le stade Saputo

- 23 décembre 2011

Votre très humble serviteur a un aveu à vous faire. Je suis allé voir des matchs dans de nombreux stades de baseball, dont l’ancien Yankee Stadium, Fenway Park et Wrigley Field. J’ai vu la Sainte-Flanelle à maintes reprises au Centre Bell. J’ai encouragé les Alouettes au stade de McGill ainsi qu’au Stade olympique. J’ai même vu du tennis à trois occasions au stade Uniprix.
Cependant, je n’ai pas encore vécu l’expérience d’un match de l’Impact au stade Saputo.
L’excuse la plus facile serait de dire que cela n’a pas adonné. Une autre serait d’affirmer que mon dollar-loisirs ne me permettait pas une sortie au stade Saputo. Mais dans mon cas, c’est tout simplement le fait que ça ne m’attirait pas tant que cela.
Je suis devenu snob au fil des ans en matière de sport. Maintenant, quand je vais voir du sport pour des fins personnelles, je veux voir les meilleurs au monde ou le circuit qui présente les meilleurs au monde.
D’ailleurs, la dernière partie des Alouettes que j’ai vue remonte à août 2007. Depuis, j’ai eu le temps d’assister à trois rencontres des Patriots de la Nouvelle-Angleterre. La NFL est un meilleur circuit que la LCF.
Je n’ai même pas fait l’effort, au cours des dernières années de me procurer des billets pour les Voltigeurs de Drummondville (qui sont à moins d’une heure de route de mon domicile) ou le Junior de Montréal.
Ces dernières années, l’Impact évoluait dans un circuit inférieur à la MLS. Il ne faut pas oublier que bien que la MLS soit le meilleur circuit en Amérique du Nord, le calibre est encore plus relevé en Europe. Quand vous n’êtes pas un amateur de soccer acquis, il peut vous sembler difficile de vous intéresser à un circuit de troisième ordre.
L’arrivée de l’Impact en MLS va éventuellement m’amener au stade Saputo. Pourquoi? Des joueurs de renommée internationale comme Thierry Henry et David Beckham évoluent dans ce circuit. La qualité du jeu de ces athlètes n’est évidemment pas la même qu’autrefois, mais ils demeurent des noms vendeurs. L’Impact en MLS devrait selon moi attirer cette clientèle plus difficile à satisfaire.
C’est certain que si mon fils Victor devient rapidement un fan de soccer au lieu de hockey, papa risque d’être obligé d’aller plus souvent au stade Saputo, d’autant plus que c’est plus abordable que certaines autres sorties sportives.
En principe, je devrais ajouter à cette phrase l’expression célèbre LOL.
Désolé de vous parler de ma vie familiale; je n’ai pas envie que vous pensiez que je vais commencer une rubrique hebdomadaire sur mon fils…
Mais trêve de plaisanterie, il n’en demeure pas moins que ma première expérience au stade Saputo risque d’être intéressante. Voilà un rendez-vous de pris pour 2012!
Bravo Impact
Je dois féliciter l’Impact pour avoir mis sous contrat le Brossardois Patrice Bernier. Voilà un club de sport professionnel qui donne une chance au talent local. Un certain club de hockey devrait prendre l’Impact en exemple. Welcome home Patrice! Désolé, je me pensais au Centre Bell. Bon retour à la maison Patrice.

Nordiques ou National?

- 9 décembre 2011

Pour cette chronique à l’aube des fêtes, j’ai décidé de vous partager un «fantasme», si je peux me permettre d’employer ce terme. Plusieurs aimeraient bien que la prochaine équipe de la Ligue nationale de hockey (LNH) de Québec porte à nouveau le nom des Nordiques. Moi, depuis le début des efforts de Régis Labeaume pour faire construire un nouvel amphithéâtre, je souhaite que ce club soit baptisé Le National.
Je dois avouer que suis un grand fan – mais non un fan fini ! – de la série Lance et Compte. Mon valeureux collègue Guillaume et moi aimons d’ailleurs nous remémorer, au bureau, des citations savoureuses de cette série que je ne me lasse jamais d’écouter.
Mais pourquoi Le National? Les Nordiques sont partis, le National, lui, est resté. Lance et Compte occupe une grande place dans l’histoire télévisuelle du Québec ainsi que dans la culture québécoise. Plusieurs émissions de télé font des clins d’œil à cette série culte.
Le National, c’est une marque de commerce qui se vendrait très bien. Je suis certains qu’ils sont bien rares les amateurs de hockey qui n’ont jamais regardé ne serait-ce qu’un seul épisode de Lance et Compte. Les deux vont ensemble.
Je serais toutefois d’accord qu’il serait exagéré de retirer les chandails de Pierre Lambert et de Marc Gagnon!
Je ne sais pas si on va suivre ma lubie, mais si ça arrivait, je serais le premier à applaudir.
P.S. : Je suis un de ceux qui hâte de pouvoir regarder sur Illico la prochaine série de Lance et Compte, qui a pour titre La déchirure.
Ode au Père Noël
J’ai aussi concocté ma liste de cadeaux de Noel pour la scène sportive.
Je veux voir Markov jouer un match d’ici à ce que mon garçon entre au collège.
Je veux arrêter de m’endormir sur les conférences de presse de Jacques Martin.
Je veux que Pierre Gauthier mentionne «M. Bélanger» dans une conférence de presse.
Je veux que Régis Labeaume soit élu maire de Montréal pour ramener les Expos.
Je veux que Régis Labeaume soit élu maire de Buffalo pour qu’il organise le transfert des Bills à Montréal.
Je veux que Pierre Lacroix soit nommé directeur général des Bills de Montréal et qu’il mette la main sur Tom Brady. (Quoi? Il a bien obtenu Partick Roy pour des peanuts…)
Je veux qu’Harry Potter puisse retourner dans le temps et s’assurer que le Canadien gagne la loterie Sidney Crosby.
Je veux voir Bute contre Pascal. Je le sais, c’est la demande la plus déraisonnable…
Et je veux savoir si le but d’Alain Côté était bon!

Violence sexuelle : des clubs de la Rive-Sud envoient un drôle de message

- 25 novembre 2011

Les récents évènements de Penn State m’ont incité à rapporter l’attitude, que je qualifierais d’assez «ordinaire», des clubs locaux de soccer sur le sujet de la violence sexuelle dans le sport.

L’été dernier, alors que je planchais sur l’article révélant la mise en place d’une politique musclée par l’Association régionale de soccer de la Rive-Sud (ARSRS) pour contrer la violence sexuelle, j’ai tenté de découvrir ce que les clubs locaux avaient déjà mis en place comme mesures de prévention, notamment dans le cadre des processus d’embauche ou de sélection des entraîneurs.

La collaboration a été bien maigre. Le président d’un club n’a jamais retourné mes appels. Un autre m’avait laissé un message sur boite vocale; j’ai rappelé, mais n’ai eu aucune autre nouvelle par la suite. Un autre président m’a répondu par courriel qu’il était très occupé et avait indiqué qu’il n’avait pas le temps de répondre de vive voix à mes questions.

Je sais que nous, journalistes, avons parfois mauvaise réputation, et que les gens refusent ainsi de nous parler pour éviter de mauvaises surprises dans les journaux. Par contre, dans le cas présent, nous parlons de présidents d’organismes sportifs qui s’occupent des jeunes. On envoie un bien drôle de message en ne voulant pas parler des politiques mises en place pour protéger les jeunes. Moi, si j’étais un parent et que je lisais cette chronique, je m’inquièterais un peu et je demanderais des comptes aux responsables de l’organisme.

Et ce n’est pas tout. Certaines réponses m’ont également bien étonné. Le président qui m’écrivait qu’il était trop occupé m’a quand même envoyé quelques éléments d’information par courriel. Il m’a informé que son club faisait remplir de feuilles d’antécédents judiciaires par les entraîneurs potentiels et qu’il tenait une rencontre pour informer les gens des règlements à respecter. Mais c’est la dernière phrase qui me fatigue. «Nos entraîneurs, à 80%, viennent du club et sont donc déjà connus.»

J’en conviens, les gens ont parfois tendance à s’exprimer maladroitement, ce qui laisse place à de mauvaises interprétations. Mais cette citation nous donne quand même l’impression que le président nous dit «on connait notre monde» et qu’il y n’a pas lieu de nous inquiéter. Ce n’est pas parce qu’on côtoie quelqu’un souvent qu’on le connait vraiment. Thierry Massimo était justement connu et a fait de nombreuses victimes…

Finalement, l’été dernier, je n’ai eu l’occasion de parler qu’avec un seul président d’un club local. Cette personne n’était pas au courant que l’ARSRS avait mis sur pied un comité régional où siégeait un représentant de chacun des 14 clubs locaux afin d’élaborer la politique de prévention et d’intervention en matière de violence et d’agression sexuelle. J’ai vérifié, après cet entretien, et ce club en question était bel bien représenté au comité régional. Mais c’est quand même étonnant que le président du Club n’était pas au courant de la chose…

Faut-il sonner le signal d’alarme? Probablement pas, mais il est nécessaire de faire les pressions requises auprès des responsables d’organismes sportifs. Il faut être constamment vigilant et effectuer les vérifications nécessaires dès qu’on a des doutes. Il ne faut prendre aucune allégation à la légère, surtout lorsque la sécurité des enfants est en jeu. Nous ne serons jamais capables d’enrayer toutes les violences sexuelles à l’endroit des enfants, mais avec des moyens efficaces et une bonne volonté, nous serons capables d’en prévenir plusieurs.

Souvenir des Jeux du Québec

- 11 novembre 2011

Dans les prochaines semaines, on entendra longuement parler de la candidature de l’agglomération de Longueuil pour l’obtention de la Finale des Jeux du Québec d’été 2014. J’ai donc décidé de profiter de cette édition du blogue pour vous partager un souvenir personnel des Jeux.
L’expérience des Jeux du Québec, je ne l’ai pas vécu en tant qu’athlète, mais bien comme spectateur. C’était en 1999, alors que les compétitions se tenaient à Alma, au Lac-Saint-Jean. À l’époque, je demeurais à environ une heure de route, à Chicoutimi.
Mes parents et moi avions assisté à plusieurs journées de compétition, pour encourager mon cousin qui faisait partie du personnel d’entraîneurs de l’équipe masculine de soccer de la Rive-Sud de Montréal.
Nous avions été gâtés côté spectacle, car la formation de la Rive-Sud s’était rendue jusqu’en finale. Dans le match ultime, nous étions au bout de nos chaises, encourageant férocement la Rive-Sud. Au bout du compte, l’équipe de mon cousin avait dû se contenter de la médaille d’argent. Mais il s’en est fallu de peu pour qu’ils reviennent à la maison avec la médaille d’or.
Je me souviens aussi qu’une belle ambiance régnait dans la municipalité. Une compétition comme les Jeux du Québec amène vraiment de la vie dans une ville. Il faudra s’attendre à la même chose en 2014, si l’agglomération gagne son pari.
Je me demande d’ailleurs quelle mascotte pourrait faire l’affaire. En 1999, les organisateurs avaient fait un choix judicieux en choisissant Alexis Lapointe dit le Trotteur, personnage du folklore québécois reconnu pour courir vite. Alexis est mort en 1924, à 63 ans, écrasé par un train. La légende affirme qu’il venait de dépasser le train lorsqu’un faux pas le fit tomber sur la voie, devant la locomotive.
Bute dominant, mais…
J’ai regardé samedi dernier le combat de Lucian Bute contre Glen Johnson. Le boxeur roumain a livré un combat presque parfait, ce qui a rarement été fait contre un vétéran de la trempe de Johnson. Bute est un boxeur talentueux et dominant, mais du point de vue d’un simple amateur qui voulait un «un bon show», j’ai trouvé le combat ennuyeux. Il n’y pas eu beaucoup d’échanges virulents, ni de K.O., ni de revirement spectaculaire.
Ces dernières années, j’ai toujours affirmé qu’entre un combat de Bute et un combat de Jean Pascal, je choisirais une bataille de Pascal. Ce dernier est moins dominant que le Roumain, ce qui donne des combats plus imprévisibles. Il a aussi livré quelques combats contre des adversaires plus coriaces que ceux de Bute. Diaconu, Dawson et Hopkins ont offert des batailles divertissantes à Jean Pascal.
Le dernier combat de Bute qui m’a fait lever de ma chaise a été son premier combat contre Librado Andrade. Cela ne veut pas dire que le Montréalais d’adoption ne m’impressionne pas, bien au contraire. Après avoir frôlé la catastrophe contre Andrade en 2008, Bute a été un véritable destructeur sur le ring. J’ai simplement hâte de le revoir dans un combat divertissant. Ça devrait être le cas lors de son prochain affrontement. On espère que Lucian se frottera au vainqueur du tournoi Super Six, dont la finale opposant Andre Ward à Carl Froch sera disputée le 17 décembre.
Mais d’ici là, j’ai bien hâte de revoir Jean Pascal en action.

Le crime de Lulu revisité

- 28 octobre 2011

Je suis maintenant le fier papa d’un nouveau poupon. Pendant la grossesse, je disais souvent «Pierre Gauthier, dans 18 ans, tu auras une nouvelle recrue en mon fils»! Effectivement, c’était une blague, mais malheureusement, ce n’est pas le cas de tous les parents…
Le crime de Lulu, c’est le titre de l’un des six téléfilms de Lance et compte diffusés au début des années 90. L’histoire met à l’avant-scène le journaliste Lucien Boivin, alias Lulu, qui dirige une équipe de hockey mineur. L’un de ses meilleurs joueurs, rôle interprété par un jeune Guillaume Lemay-Thivierge, reçoit beaucoup de pression de son père, également entraîneur-adjoint de l’équipe. Ayant vu sa carrière de hockeyeur être écourtée, ce dernier voit plein de potentiel en son fils. Cependant, il lui met énormément de pression. Il l’appelle souvent «champion» et l’oblige à constamment pratiquer ses diverses habiletés. Une histoire bien triste, qui pousse d’ailleurs le jeune à commettre un geste qui entrainera de graves conséquences. Je ne vous dévoilerai pas le reste; à vous de découvrir le punch…
La réalité rejoint la fiction
Cette histoire est de la fiction, mais qui peut parfois malheureusement devenir la réalité. Arrêtez d’inscrire vos jeunes au hockey dans l’optique qu’il devienne votre fonds de pension une fois qu’il aura atteint la Ligue nationale! Il faut que les jeunes s’amusent et dépensent de l’énergie. Ce n’est pas en les écœurant qu’ils vont s’amuser…
Il y a toutefois certains parents qui font le contraire. Il y a un jeune que je connais qui souhaitait jouer au hockey. Tous ses amis jouaient. Cependant, sa mère a refusé car elle n’aimait pas ce qui entourait ce sport. Il faut dire que cet épisode se déroulait au printemps 2008, soit peu de temps après l’incident Jonathan Roy.
Il faut prendre le temps de s’informer et de discuter avec les autorités de hockey avant de refuser à votre enfant le privilège de jouer au hockey.
Mais je peux tout de même comprendre la réticence des parents lorsqu’ils voient Max Pacioretty étendu sur la glace, après avoir reçu un coup sournois de Zedno Chara…
Je me réserve éventuellement un commentaire sur les entraîneurs, qui eux aussi dépassent les bornes. Si vous êtes témoin d’une situation inacceptable, vous pouvez me la partager à denis.belanger@hebdosquebecor.com
Retour sur les superstitions
Je dois vous avouer que j’ai eu beaucoup de plaisir à réaliser le dossier sur les superstitions, publié dans la dernière édition du Courrier du Sud (26 octobre). Certains athlètes m’ont donné des commentaires savoureux. C’est Bruno Heppell qui m’a fait le plus sourire; il avait une superstition, mais l’a abandonnée quand il a eu des enfants. Au lieu d’entretenir sa superstition, il changeait des couches!
Mais la superstition la plus farfelue que j’ai entendue de vive voix d’un athlète remonte à l’époque où j’étais étudiant au collège, en 2001. Je devais réaliser, pour un cours de journalisme, un reportage sur l’engouement des jeunes pour le golf. J’étais allé interviewer des gens d’une école de golf à Candiac. Un des jeunes m’avait confié qu’avant chaque compétition, il mangeait du McDonald’s. Assez particulier comme superstition, d’autant plus que certains médecins déconseillent de manger du fast-food avant de faire de l’exercice.
Je suis pour ma part un peu superstitieux. Je ne me sépare jamais d’un objet qui m’est cher. Je le porte même lorsque je joue au badminton. Quel est cet objet, vous me demandez? Mais la bague de fiançailles que ma conjointe m’a offerte l’an dernier voyons!
Sylvie Fréchette
Un livre que je mettrai certainement sur ma liste de cadeaux de Noël est À chacun son podium, le récit autobiographique de la championne olympique de nage synchronisée Sylvie Fréchette. Il y a longtemps que j’affirme que des réalisateurs québécois devraient porter son histoire au grand écran. Fréchette est un bel exemple de persévérance et de courage.
Rappelons que quelques jours avant son départ pour les Jeux de Barcelone en 1992, Sylvie Fréchette avait appris le suicide de son conjoint. Six mois plus tôt, elle avait perdu son grand-père, qu’elle considérait comme son père, ce dernier étant mort lorsqu’elle était enfant. En plus, aux Jeux de Barcelone, l’erreur technique d’un juge, qui avait appuyé sur un mauvais bouton, l’avait empêché de monter sur la plus haute marche du podium. On lui remettra finalement sa médaille d’or en décembre 1993.
Un film permettrait à une génération de jeunes gens de découvrir les qualités incroyables de cette athlète. Avec ce livre, les scénaristes ont du matériel pour commencer à écrire.

De poteau à député… et après ?

- 11 juillet 2011

Pour ceux des députés du NPD qui ont été élus dans la vague orange du 2 mai au Québec, après avoir été inscrits comme simple poteau pour la plus part d’entre eux, comment voyez-vous votre travail dans vos circonscriptions, votre région, pour le Québec, voire le Canada, puisque nous y sommes?

Pour le jeune député de Longueuil-Pierre-Boucher, Pierre Nantel, déjà peu connu avant son élection, on n’en sait guère plus depuis le 2 mai. Toutefois, comme M. Nantel est dans sa période d’apprentissage du métier, que les dossiers sont nombreux et que la session n’a duré que quelques jours, soit jusqu’au 24 juin, laissons-lui la chance. Et il y a les vacances estivales pour tous…

Toutefois, le député Nantel sait très bien que ça ne se passera pas toujours comme pendant l’élection de mai. Il devra, comme ses nombreux collègues du Québec à Ottawa, essayer de définir son mandat, tout en préparant les dossiers majeurs sur lesquels il devra se pencher inévitablement. Il ne doit surtout pas oublier l’élément principal qui fait que l’on devient et demeure un bon député : le travail de résolution des problèmes de ses concitoyens, ceux qui font face à la bureaucratie, cette immense machine sans âme qui applique la loi sans discernement.

Dans la définition du mandat reçu des Québécois, ce ne sera pas facile à circonscrire, parce que les premiers intéressés eux-mêmes sont encore abasourdis par le choix qu’ils ont fait : voter pour des poteaux. Pour du changement, c’est du changement! Il reste à déterminer ce que cache ce désir de changement dans le cœur des Québécois.

Dossiers prioritaires pour la région

Pour les dossiers de Longueuil, j’en vois deux fort importants, soit le rapatriement permanent de la taxe fédérale sur les carburants, tout simplement parce que nos rues sont en mauvais état, que la Ville a des responsabilités visibles à l’œil nu et que le fédéral n’a pas de responsabilité en cette matière, tout en taxant les automobilistes. Il y a déjà une reconnaissance de fait que la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, pourra expliquer au député Nantel.

Deuxième dossier : l’aéroport de Saint-Hubert et tout ce qui touche le développement industriel lié à cet emplacement stratégique. Dans un passé récent, le refus du gouvernement Harper de prolonger et de renforcer la piste a forcé le départ des essais de Pratt & Whitney pour Mirabel et il en fallu de peu pour que ce ne soit pas Plattsburgh. Avec ce déplacement vers Mirabel a suivi l’assemblage des moteurs du CSeries, une perte lourde pour Longueuil et la région.

Il ne faudrait pas non plus oublier le dossier plus régional des ponts fédéraux sur le Saint-Laurent et les coûts engendrés par les embouteillages monstres autour de Montréal. On parle de plus de 2 G$ annuellement comme coûts. Ces ponts sont parmi les plus fréquentés au Canada et parmi les plus dangereux aussi.

On peut dire que l’après 2 mai ne manquera pas d’intérêt. Bonne chance M. Nantel et entre temps, bonnes vacances!