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Un autre été au Yukon

- 11 juin 2014
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Dans les montagnes Tombstone. (Photo Tourisme Yukon)

L’autre soir, j’attendais avec ma valise à la gare d’autocars de Montréal pour prendre un bus de nuit vers New York. Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas retrouvée là pour autre chose qu’un aller Montréal-Québec. Ça m’a rappelé ce lointain été où, armée de beaucoup de patience et de billets de bus, j’ai décidé de traverser le Canada jusqu’au Yukon.

Montréal-Ottawa-North Bay-Sudbury-Thunder Bay-Winnipeg-Saskatoon-Edmonton-Dawson Creek-Whitehorse…

Je n’oublierai pas de sitôt les 96 heures d’autobus Greyhound. Mais il reste que ce qui m’est surtout revenu en mémoire, à la gare, ce n’est pas ça. C’est le Yukon, sauvage et magnifique, que j’ai découvert cet été-là.

Je me suis toujours dit que j’y retournerais un jour (en avion). Pourquoi?

Sans doute un peu à cause du Klondike et de la ruée vers l’or de la fin du 19e siècle. Ne fallait-il pas être fou d’espoir (ou de désespoir) pour aller chercher de l’or dans le nord hostile, inconnu et glacial de l’Amérique? J’ai trouvé fascinant de fouler le même sol que ces aventuriers. J’ai trouvé incroyable de réaliser que la plupart d’entre eux étaient repartis sans la moindre pépite. Et je me suis surprise – parfois, sous le soleil de minuit  – à comprendre ceux qui avaient décidé de rester.

Au cœur du Klondike, il y a la ville de Dawson. Elle qui aurait abrité jusqu’à 40 000 personnes au plus fort de la ruée vers l’or ne compte plus que 1319 habitants (chiffre de 2011). C’est la 2e plus grande ville du territoire, après Whitehorse, ce qui donne une idée du nombre de personnes que l’on croise sur les routes yukonnaises…

J’ai aimé Dawson à cause de ses trottoirs de bois, de ses édifices à l’air western pas toujours à l’équerre à cause du pergélisol, des eaux brunes de son fleuve Yukon, de son festival de musique drôlement festif (les Sœurs Boulay y seront cette année), de son fameux «cocktail à l’orteil» (allez voir ça!) et, surtout, du côté bizarre qu’elle camoufle (à peine) derrière sa façade touristique.

Parce qu’en grattant un peu, des histoires inusitées, on en découvre des tonnes à Dawson City  – et au Yukon en général, d’ailleurs. Des histoires qui parlent de hors-la-loi, de chercheurs d’or, d’hurluberlus locaux, de survie hivernale, de fantômes, de traditions autochtones, ou encore des récits d’auteurs comme Robert W. Service (dont on peut visiter la cabane à Dawson) ou Jack London (je vous prête Croc Blanc si vous voulez).

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Canoes, Ted Harrison, 1986. Les oeuvres de Ted Harrison sont mes images favorites du Yukon.

De fait, j’ai beaucoup aimé le Yukon pour ses gens. Beaucoup de ceux que j’ai rencontrés y étaient parce qu’ils en étaient tombés amoureux lors d’un voyage. Des Yukonnais d’adoption du Canada ou d’ailleurs, de différents horizons, ouverts sur le monde et épris de nature et de grand air. Près de Whitehorse, où j’étais installée cet été-là, j’avais des amis qui vivaient dans des cabanes en bois rond sans électricité ni eau courante. On voyait les poissons sauter dans leur lac et, la nuit, on n’entendait rien que le bruissement du vent.

C’est surtout pour cette nature incroyable, qui s’éveille si brièvement l’été, que j’aimerais retourner au Yukon. Je pense bien sûr aux sites incontournables comme le parc Kluane, avec son mont Logan (le plus haut du Canada) et ses glaciers spectaculaires; aux Five Finger Rapids, entre le lac Bennett et Dawson City, le long de la Klondike Highway; aux pics et à la toundra multicolore des montagnes Tombstone… Mais pas seulement. Car au Yukon, la nature est partout. La taïga. Les montagnes. Les fleurs sauvages. Les rivières qui coulent vers l’océan Arctique. Le soleil de minuit en été. Les aurores boréales dès que la noirceur revient. Les immenses étendues sauvages, belles mais toujours un peu menaçantes. Le ciel, un peu plus grand qu’ailleurs. Et l’air du Nord, mystérieusement envoûtant.

There’s a land where the mountains are nameless,
And the rivers all run God knows where;
There are lives that are erring and aimless;
And deaths that just hang by a hair;
There are hardships that nobody reckons;
There are valleys unpeopled and still;
There’s a land – oh, it beckons and beckons,
And I want to go back – and I will.

(Extrait, Spell of the Yukon, Robert W. Service, 1907)

***

Vous aimeriez faire un voyage au Yukon?

- Voici deux pistes pour commencer: tourismeyukon.ca (l’office de tourisme du territoire) et afy.yk.ca (le site de l’association franco-yukonnaise, très active et accueillante, basée à Whitehorse).
- Aller au Yukon l’hiver? Un article de Marie-Claude Forest sur Canoe.ca: Le Yukon l’hiver, la ruée vers le Nord

Pour m’écrire: sarah.bergeron-ouellet@agenceqmi.ca
Pour me suivre sur Twitter: @sarahb_o

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1 commentaire

  1. Jennifer | 10 juillet 2014 à 13 h 29 min

    Excellent. J’y serai bientôt alors j’adore l’inspiration. Ton projet en bus est génial, il faudrait vraiment que je fasse ça un jour!

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