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Roses des Andes: à l’aventure dans l’Altiplano

- 13 avril 2014
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Dans le désert du Diable, Argentine. (Photos: Sarah Bergeron-Ouellet)

Des montagnes, des moteurs et des filles: du 7 au 15 avril, je suis la première édition du Trophée Roses des Andes, un rallye d’aventure exclusivement féminin, dans le nord-ouest de l’Argentine. Vous venez?

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Les 72 dernières heures ont été tout sauf banales sur la trace des 112 participantes du rallye Roses des Andes. J’ai passé une nuit surréaliste dans la voiture-balai (celle qui récupère les équipages perdus), mangé de la poussière et du saucisson de lama, pris des feuilles de coca contre le mal des montagnes et fait «wow» devant le paysage un nombre incalculable de fois.

Mais si les 72 dernières heures ont été spéciales pour moi, elles l’ont été plus encore, bien sûr, pour les 56 équipages du rallye.

Après un vendredi sportif pour venir à bout de l’étape 4, qualifiée de «très haut niveau» par le directeur de course Jean-Jacques Rey, les filles ont attaqué, samedi, la dernière épreuve du rallye. Il s’agissait de l’étape-marathon, un trajet de 48 heures en autonomie (sans campement), où elles ont dû planter leur tente à plus de 3000 m d’altitude et bien au-dessous de 0°C.

En trois jours, les participantes ont parcouru des centaines de kilomètres entre Fiambala, Antofagasta de la Sierra et Salta. Elles ont traversé une rivière 90 fois, roulé sur des pistes à flanc de montagnes,  passé le cap des 4600 mètres d’altitude, slalomé dans le sable mou de l’Altiplano, franchi le spectaculaire salar (lac de sel) d’Antofala, vu défiler les paysages «martiens» du désert du Diable et salué plusieurs villageois le long des pistes désertes des Andes.

Les copilotes ont calculé leur cap des dizaines et des dizaines de fois, les pilotes se sont accrochées au volant des heures d’affilée, des pneus ont été crevés, changés, un moteur a été noyé, des pick-up se sont enlisés, et six équipes ont dû – malheureusement -  arrêter la course avant la fin à cause de problèmes techniques ou d’incidents.

En suivant les participantes sur les pistes poussiéreuses, j’ai vu des larmes, entendu des cris de joie, discuté paysages, solidarité, compétition, fatigue, plaisir et altitude et j’ai dû demander «comment ça va?» au moins 3428987 fois.

Quand les premières équipes ont passé l’arche d’arrivée, aujourd’hui, je leur ai posé la question une 3428988e fois. Voici quelques-uns des commentaires recueillis.

«C’est la plus belle et la pire expérience de ma vie! Tous les matins, je voulais m’en aller parce que j’avais tellement peur, mais en fin de journée, quand c’est fini, on se dit « wow, on s’est accomplies, on a réalisé notre potentiel »…» – Chantal Robert, pilote de l’équipe #66 (Québec).

«L’arche? Quand je l’ai vue, j’ai commencé à pleurer et quand j’ai passé en dessous, j’ai ri et j’ai pleuré en même temps!» – Mélanie Laviolette, pilote de l’équipe #46 (Québec)

«Tu passes vraiment par toutes les gammes d’émotions dans le désert, c’est pour ça qu’on y revient. Il n’y a rien, mais tu retrouves tout… C’est un travail de confiance et de lâcher-prise qu’on vient faire, c’est un beau défi. » – Valérie Julien, copilote de l’équipe #1 (Québec)

«J’adore mes trois enfants, j’adore mon mari, mais aller chercher cette dose quotidienne d’adrénaline-là, c’est dur à la maison! Ça va me manquer beaucoup, c’est dur d’aller chercher de l’accomplissement de soi comme ça au quotidien.» - Mélanie Dupré, copilote de l’équipe #46 (Québec)

«Ce que j’ai trouvé  dur pour les copilotes c’était de courir et d’aller chercher les caps quand on était en altitude, parce qu’on avait le souffle court. Mais je pense que ce rallye était plus sportif pour les conducteurs que pour les copilotes.» – Geneviève Massé, copilote de l’équipe #73 (Québec)

«Le rallye c’est quelque chose de génial parce qu’on a traversé des sites magnifiques. Je ne pensais pas qu’en Argentine on pouvait avoir, sur des distances courtes, autant de changements… Sur le plan émotionnel, parfois c’était assez intense, surtout quand on a dû passer dans les zones très sableuses en crête de dunes, il ne fallait pas avoir peur!», Monique Delfaud, copilote de l’équipe #101 (France)

«C’est court, mais c’est intense. Ça a passé vite, mais on est bien fatiguées. Je pense qu’il faut que ça s’arrête… même si on voudrait continuer!» -  Sophie Rigour et Maud Chiron, en duo, de l’équipe #28 (France)

Si les épreuves sont terminées, le rallye ne l’est pas complètement. C’est demain soir qu’aura lieu le couronnement des gagnantes, après une journée «solidaire» dans un centre d’équithérapie de la région.

Je vous laisse sur quelques photos et vous reviens avec la suite dans les prochains jours.

À consulter pour tous les détails sur la compétition, les nouvelles des équipes et le classement: trophee-roses-des-andes.com

Pour m’écrire: sarah.bergeron-ouellet@agenceqmi.ca

Pour me suivre sur Twitter: @sarahb_o

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