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Après, la Corée, l’Allemagne!

- 5 novembre 2011

Deux gagnants: BMW X3 et 1M

J’arrive à peine du Festival des essais de l’AJAC. Comme c’est maintenant la coutume depuis 6 ans, c’est à Niagara on the Lake, la belle région vinicole du sud de l’Ontario, que plus de 78 journalistes de partout au Canada se sont retrouvés. Après plus de 3 jours de travail, le verdict est tombé dans les 11 catégories en liste.

Si l’on oublie l’une des catégories dominées par le constructeur Chrysler avec 3 prétendants uniques, les 10 autres gagnants donnent un aperçu de la situation de l’industrie actuellement. Le résultat est simple, 5 produits coréens et 5 produits allemands. Certains diront que la finale est étonnante. De mon côté, pas de surprise. L’industrie coréenne représentée par Hyundai et Kia, en somme la même compagnie, propose aujourd’hui, des véhicules fiables, bien équipés à des prix plus que concurrentiels. Vous en avez d’ailleurs discuté suite au blogue de mon collègue Marc Bouchard.

Pendant ce temps, les voitures allemandes dominent le marché des véhicules de luxe. Ils offrent la technologie, le luxe et un plaisir de conduire sans pareil. Pendant ce temps, les constructeurs américains se relèvent doucement d’une période noire. Il suffit de penser à Ford qui ne cesse de grimper dans les sondages. À GM qui présente peu à peu des véhicules renouvelés et Chrysler qui profite de sa prise de contrôle par le géant italien Fiat. En plus de vendre ses véhicules chez nous, l’on retrouve maintenant une bonne partie de sa gamme sous la dénomination Lancia en Europe.

Mais ce sont les constructeurs japonais qui souffrent le plus de cette situation actuellement. Plusieurs consommateurs avec qui j’ai eu le plaisir de parler m’ont indiqué que les produits japonais n’avaient plus la cote. Pourtant, ce n’est pas au chapitre de la fiabilité que les voitures asiatiques font défaut. C’est en grande partie sur le plan de l’émotion. Il est maintenant temps que Honda, Toyota et Mazda nous fassent vibrer un peu plus. En ce moment, on ne fait pas wow dans les salles de montre des concessionnaires de ces marques.

En résumé, est-ce la fin de cette domination de l’industrie japonaise? On commence à comprendre les raisons du succès des Coréens. Et les voitures allemandes, la raison de leur succès? À vous la parole!

On est bien peu de choses

- 17 octobre 2011

porscheJe reviens tout juste de Californie, du circuit Laguna Seca, pour le Rennsport Reunion IV de Porsche (j’écris d’ailleurs ces lignes entre deux avions, à l’aéroport de San Francisco). La compagnie se vante, et avec justesse je le crois, d’organiser ainsi la plus grande rencontre de voitures de course, et des pilotes qui les ont rendu célèbres.

Facile de s’en convaincre, quand on voit les quelque 375 voitures de course, les milliers de Porsche de tout âge stationnées dans les espaces adjacents à la piste, ou que vous rencontrez un des 50 pilotes de légende qui sont sur place.

Pas facile, par exemple, de rester insensible quand on prend l’ascenseur avec Jochen Mass. Pas simple de demeurer indifférent quand, au petit déjeuner, Derek Bell, Mark Donohue, Patrick Long ou Brian Redman vous font la conversation (ceux qui ne sont pas familiers avec ces noms, faites une petite recherche sur Wikipedia, vous comprendrez la raison de mon émoi).

Mais ce qui étonne encore plus, et qui me rend très humble je dois le dire, c’est la connaissance quasi encyclopédique qu’ont les amateurs de chacune des Porsche. Moi qui me croyais, humblement dois-je le dire, un presque expert en automobile, j’en ai sérieusement pris pour mon rhume.

Bien sûr, les 908, 356, 917, 992 et autres 911 sont des nomenclatures connues et reconnues au fil des ans. Mais les gens sur place connaissaient non seulement les voitures, mais presque chacune des voitures individuellement. La plupart était capable non seulement de nommer la voiture, mais de décliner avec précision les courses au cours desquelles ladite voiture s’est illustrée, et avec quel pilote, cela va de soi.

Mieux encore, les véritables amateurs apprécient chacune des Porsche présentes, des pièces de collection dans presque tous les cas, avec un œil de connaisseur, capable de savoir si la restauration a été faite dans les règles de l’art, et avec les bonnes pièces.

Cela peut sembler relativement facile pour un amateur de voitures antiques, légèrement connaisseur. Mais quand cette connaissance s’étend à des modèles quasi unique, j’avoue me sentir un tantinet humilié. Ainsi, saviez-vous qu’il a existé une Porphin (contraction de Porsche et de dolphin), une voiture fabriquée avec un moteur Porsche par un entrepreneur privé et qui a presque battu l’originale sur la piste. Une douzaine d’unités de ce modèle seulement ont été construites… j’en ai vu 2!

Ce genre de découverte est légion dans le Rennsport. Je l’avoue, mes premières heures ont été difficiles, alors que je tentais de démêler l’écheveau de la multitude de modèles et de variantes des 50 dernières années.

Puis, au long du week end, j’ai appris, et apprécié, ces découvertes. Je ne suis pas plus un expert que je ne l’étais, mais j’avoue désormais regarder les Porsche d’un autre œil. Tout à coup, il me semble qu’une petite 356 speedster m’irait plutôt bien!

Toyota Avalon vs Porsche Panamera 4S

- 20 août 2010

Cette semaine, je conduis une Toyota Avalon. Vous conviendrez que comme voiture ennuyante à conduire, il est difficile de faire mieux. La direction est vague, les suspensions sont molles et l’habitacle est tellement silencieux qu’il isole les occupants de toute sensation.

Pourtant, il y a plusieurs personnes qui recherchent exactement ce type de voitures. Des personnes âgées, pour la plupart, qui ont appris à conduire alors que les voitures américaines proposaient le même comportement. Pour les autres, être vu au volant d’une Avalon serait un grave manquement à leur réputation!

À l’autre bout de l’offre automobile, on retrouve une berline vraiment spéciale, la Porsche Panamera, sublime de sportivité dans sa version 4S. On ne parle pas d’une voiture de course mais bien d’une berline capable de performances hors du commun et qui procure des sensations de conduite exceptionnelles. Tout le monde, ou presque, aimerait mieux conduire cette voiture qu’une Avalon et c’est compréhensible.

Oublions la question du prix. Selon Porsche, environ 5% seulement des gens qui possèdent une de leurs créations peuvent exploiter tout le potentiel de leur voiture. Chez Ferrari, la proportion serait encore moindre. Land Rover affirme aussi qu’à peine 5% de ses clients font du hors route sérieux. À l’inverse, je serais prêt à parier que 95% des propriétaires d’Avalon exploitent à fond les capacités de confort de leur voiture…

Donc, on a le choix entre une Porsche pour la frime (dans 95% des cas) ou une Avalon, platte à conduire mais qui correspond sans doute aux besoins de 95% de ses utilisateurs. Entre ces deux extrêmes, bien entendu, le choix est immense et il faut choisir un véhicule qui correspond à nos besoins… ou à nos valeurs. L’important est-il de bien paraître ou de bien profiter de sa voiture?

Les « zaméricains » nous empêchent d’avoir du plaisir

- 29 juin 2010

La semaine dernière, j’ai assisté au lancement de la Porsche Cayenne à moteur V6. Ce groupe propulseur est plus puissant que celui utilisé précédemment et il convient assez bien au véhicule. Mais lorsque j’ai conduit une autre Cayenne, propulsée cette fois-ci par un moteur diesel V6 3,0 litres, je suis tombé en amour. Non seulement ce diesel était-il plus silencieux que son équivalent à essence, mais il offrait un agrément de conduite nettement supérieur en étant toujours au bon régime et à la bonne puissance selon les conditions du moment. Malheureusement, ce magnifique moteur ne sera pas disponible en Amérique.  Vous savez pourquoi ? Tout simplement parce que nos voisins du Sud ne veulent pas d’un moteur diesel dans une Porsche. Cela ne fait pas assez viril ou encore assez sportif. Ce même moteur est déjà utilisé avec grand succès sur l’Audi Q7, mais cela ne fait pas de différence. Pas de diesel sur la Cayenne !

Il est fort irritant d’être privé de versions ou même de modèles fort intéressants en raison des  préjugés des américains quant à certaines voitures, notamment celles propulsées par un moteur diesel ou encore celles de dotées d’un hayon. Pour eux, ce sont des objets tabous. Dans leur esprit, tout moteur diesel est bruyant au possible et émet une épaisse fumée noire. Mais c’était il y a 20 ans. Il est certainement temps qu’ils laissent tomber leurs préjugés. Le moteur diesel moderne est non seulement performant mais respecte également les lois très strictes des émissions de gaz d’échappement en vigueur de nos jours.

Quant aux modèles hatchback, ils sont nettement plus pratiques que la berline que nos amis du sud apprécient tellement. Pourtant, la grande popularité des VUS dans ce pays s’explique en grande partie parce que ce sont des hatchbacks. Allez donc trouver la logique !

Ces goûts pour le moins bizarre, du moins aux yeux des Québécois grands amateurs de véhicules à moteur diesel et de hatchback, nous empêchent donc de pouvoir bénéficier de plusieurs modèles. Il y a quelques années, Mazda était en sérieuses difficultés financières, tout simplement parce que ses modèles ne se vendaient pas suffisamment en Amérique. La raison en est relativement simple, ce constructeur avait développé toute une gamme de voitures assez spectaculaires et agréables à conduire, mais comme il s’agissait de modèles hatchback, elles n’étaient pas exportées vers les États-Unis. Quant aux berlines, elles étaient moins compétitives et il y a eu mévente. Et comme le marché canadien n’est pas assez important, règle générale, pour assurer la rentabilité de ces modèles, nous en étions tout simplement privés. Et que dire de la Volkswagen Golf qui a été boudée plus souvent qu’autrement par les acheteurs au sud de nos frontières.

Il faut toutefois souligner le courage d’une compagnie comme Mercedes-Benz qui a décidé d’importer la Smart sur notre marché tandis que son équivalent aux États-Unis la boudait. Même de nos jours, cette minuscule urbaine est importée aux USA par une compagnie autonome. Et que dire de la Classe B, une autre exclusivité canadienne sur notre continent !

En terminant, voici un autre exemple du manque de clairvoyance des américains. Mazda Canada a commandé un nombre beaucoup plus important de la nouvelle Mazda 2 que son vis-à-vis américain. Et cette disparité est en chiffres réels et non pas en pourcentage alors que le marché des États-Unis et au moins 10 fois plus important que celui du Canada. Inutile d’élaborer davantage.