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Millionnaire cherche emploi

- 30 juillet 2010

Le très antipathique Tony Hayward, l’ex-grand patron de la pétrolière BP, a été tout simplement démissionné de son poste. Pire encore, il a été affecté en Sibérie, rien de moins. Mais ne le plaignez pas trop car cette démission a été accompagnée d’une prime de départ dépassant le million de dollars canadiens tandis que sa caisse de retraite sera toujours bien garnie jusqu’à la fin de ses jours. C’est comme cela que l’on règle les dossiers épineux dans les grandes corporations. Avec de l’argent.

Combien de fois avons-nous lu qu’un dirigeant d’une grande entreprise a été remercié de ses services avec une prime de départ pharaonique ? Et ce même si le crétin « flushé » avait mis la compagnie en sérieuses difficultés économiques et commerciales. Une petite tape dans le dos et une montagne de billets verts en guise d’au revoir. Si je pouvais être congédié  de la sorte, j’accepterais mon sort sans me plaindre. Une personne congédiée c’est désolant, mais un millionnaire congédié, vous avouerez que ce n’est pas pire du tout. Et ce riche monsieur pourra continuer à vivre une vie de pacha même s’il a contribué à des milliers de pertes d’emplois.

Quant à Tony  Hayward, il a été d’un tel crétinisme dans la gestion de la crise du déversement du pétrole dans le Golfe du Mexique qu’il aurait mérité d’être puni monétairement et, pourquoi pas, physiquement. Je ne parle pas de la bastonnade ou de sévices physiques comme tels. Mais je l’aurais envoyé ramasser le pétrole à la petite cuiller sur les plages de la Louisiane ou encore nettoyer les oiseaux englués de pétrole. La Sibérie c’est peut-être loin, mais on peut se payer tout le confort et tous les plaisirs. Six à sept mois dans une cabane dans les bayous louisianais l’auraient fait réfléchir et il aurait certainement perdu de sa suffisance, surtout si un alligator l’avait pris en chasse.

Il y a toujours une limite face à ces dirigeants et spéculateurs de toutes sortes qui n’ont aucun respect ni pour la planète, ni pour ses habitants et qui n’ont qu’un maître, la maudite piastre. Ce sont des dirigeants semblables qui sont aussi responsables des rappels automobiles ignorés, des voitures imbuvables vendues trop chères et qui ont tellement mal administrés la compagnie qu’on leur avait confiée, que cela a provoqué des dizaines de milliers de pertes d’emploi.

À bien y réfléchir Michael Moore et ses films coup de poing n’est pas aussi radical qu’on le dit. En fait, il pourrait frapper plus fort et dénoncer avec encore plus de véhémence ces multimillionnaires qui mangent dans les grands restaurants en levant le petit doigt en l’air pendant que  leurs employés ont de la difficulté à joindre les deux bouts ou qui viennent de recevoir leur notice de congédiement. Vous savez, leur éthique morale n’est pas meilleure que celle du pickpocket qui fait les poches sur les grands boulevards.

La marée noire et nous

- 27 juillet 2010

Le golfe du Mexique a beau être loin de nous, la marée noire qui l’envahit présentement aura, qu’on le veuille ou non, des répercussions chez nous. Par exemple, lorsque cette marée remontera sur la côte est de la Floride, plusieurs d’entre-nous devront aller passer leurs vacances ailleurs. Mais il y aura assurément d’autres conséquences, beaucoup plus dramatiques.

Pas plus tard que la semaine passée, j’ai entendu un homme qui, dans une ligne ouverte, demandait aux gouvernements canadiens et américains de stopper toute forme de forage au large de leurs côtes.  Tout d’abord, les plates-formes de forage donnent de l’emploi à des dizaines de milliers de personnes (et des emplois payants à part ça!). Il ne faut pas oublier non plus que pour aller chercher du pétrole, les entreprises doivent forer de plus en plus profondément et de plus en plus loin des terres, les réserves terrestres étant de moins en moins grandes. Et du pétrole, l’humain en a besoin pour faire fonctionner ses nombreuses machines.

Surtout, cette tragédie nous rappelle notre dépendance à l’essence. Tant que ce précieux liquide est disponible en quantités suffisantes à la pompe et que son prix est relativement abordable, on se fout pas mal de ce qui se passe à 3 000 km d’ici. Mais dès que notre confort sera troublé, nous la trouverons moins drôle. Et c’est là qu’on se révoltera du fait que les gouvernements on créé un moratoire trop long ou qu’ils ont empêché les pétrolières de forer. Au diable l’écosystème, ça nous prend notre pétrole!