Archives pour la catégorie ‘Politique

Ces vilains jeunes…

- 19 décembre 2011

crash

Je n’en peux plus… désolé, assez, c’est assez. Un bilan partiel des accidents du Québec a été rendu public cette semaine, et compilé par des journalistes de TVA Nouvelles. Résultats : si on se fie au bilan, 61 jeunes sont décédés des suites d’accidents de voitures au cours de la dernière année.

C’est une véritable catastrophe. Une hécatombe sans nom, qui mérite sans aucun doute qu’on s’y attarde, et tous mes vœux de sympathie vont aux familles éprouvées….

Ceci étant dit, est-ce une raison pour, encore une fois, ressortir l’épouvantail du couvre-feu, une déclaration que s’est empressé de faire le coroner Garneau une fois de plus? La réponse… non pas vraiment. Pas du tout en fait.

Regardons ces chiffres de plus près. S’il est vrai que le nombre est imposant, il importe aussi de rappeler qu’il a diminué du tiers, 30 accidents de moins étant survenus depuis l’an dernier. Pas parfait, mais plutôt encourageant comme statistiques. Ajoutons à cela que des 61 accidents, 26, soit moins de la moitié, ont eu lieu après l’heure du présumé couvre-feu.

Mieux encore, non seulement la tranche d’âge des 16-25 ans est celle qui démontre la plus grande amélioration de son bilan routier (je n’ai entendu personne parler de couvre-feu pour les gens de plus de 40 ans qui sont aussi, très souvent, victimes d’accidents la nuit), mais les plus jeunes améliorent encore plus leur performance.

Pourquoi? Simplement parce que depuis un an environ, on assiste aux retours sur la route des diplômés des cours de conduite, une première cohorte de jeunes plus sensibilisés aux dangers de la route que leurs prédécesseurs.

Alors réglons la chose tout de suite : jamais je n’accepterai 61 décès sur les routes dans une seule catégorie d’âge. Un seul décès est déjà de trop…. Mais ne prenons pas un marteau tout de suite. Les jeunes conducteurs ayant suivi leur cours de conduite montrent une nette amélioration. Laissons-leur une chance de faire leur preuve avant de les condamner en bloc.

Vous savez, c’est encore par la confiance, et la sensibilisation, et l’exemple des parents et de ceux qui les entourent, que les jeunes apprennent le plus.

 

 

Cette fameuse loi sur les « minounes »

- 9 décembre 2011

vieux charOn en a beaucoup entendu parler cette semaine et il faut dire que les opinions concernent le projet de loi 48 du gouvernement Charest polarise l’opinion publique québécoise. La loi anti-minounes comme elle est maintenant connue, vise les vieilles voitures qui ne sont pas conformes avec les émissions polluantes d’origine. Évidemment, les personnes qui ont les moyens de se payer des voitures neuves s’en foutent éperdument, mais pour la classe sociale qui vit sous le seuil de la pauvreté, qui peine à faire vivre sa famille, qui se demande comment faire des cadeaux pour Noël à leurs enfants, pour eux c’est une autre histoire. Encore une fois, ce sont les plus pauvres de notre belle société qui écopera.

On ne peut pas être contre la vertu, ni contre la réduction des gaz à effet de serre. Il y a juste une partie du projet de loi qui est particulièrement injuste pour beaucoup de gens. Personnellement, je suis pour la loi d’un point de vue écologique. Il était temps que le Québec assume ses responsabilités en matière de transport automobile. Après tout, 43 % des émissions viennent de nos voitures. Il est certain que tous se disent : bon un plan d’action concret qui va réduire notre empreinte de carbone sur la planète, mais ce sera au dépend de qui, les personnes qui n’ont pas les moyens de se payer la nouvelle Volt ou Leaf.

Personne ne fait le choix d’être pauvre, on se voit tous dans une Mercedes-Benz ou même une Ferrari flambant neuve, mais ce n’est pas pour tout le monde. Je suis convaincu que les personnes qui ont ces bonnes vieilles minounes ne le font par choix. Leurs conditions de travail ou situation sociale font qu’elles sont limitées dans leur moyen et que souvent mettre du pain et du lait sur la table est plus important que de changer leur huile ou mettre un nouveau catalyseur dans leur voiture.

Le gouvernement dit : « Ça ne coutera pas si cher que ça, juste entre 60 et 100 $ pour l’inspection. » Oui et dans le cas que la voiture ne passe le test, la personne ne fait que se tourner de bord et dire à l’année prochaine pour mon évaluation. Non, malheureusement, les options seront : « Tu la répares, tu la scrappes. Quoi qu’il en soit, ton char ne roule plus dans cet état là. » Si cette heureuse personne n’a pas les moyens de mettre les quelques centaines de dollars pour la faire réparer, elle fait quoi? Aller chercher les enfants à la garderie en autobus? Faire l’épicerie pour 4 ou 5 personnes en autobus? On ne peut pas être contre la vertu, mais des fois, la vertu ne fait à tout le monde.

Comme je le disais, je suis pour le projet de loi, mais je trouve juste très injuste que les personnes qui n’ont clairement pas les moyens de faire faire les réparations écopent encore une fois. Il est certain que pour le moment le projet est encore au stade de projet de loi, qu’il reste les commissions parlementaires et tout le processus politique, mais la finalité sera la même : bye-bye les minounes qui polluent et les pauvres de la route.

Millionnaire cherche emploi

- 30 juillet 2010

Le très antipathique Tony Hayward, l’ex-grand patron de la pétrolière BP, a été tout simplement démissionné de son poste. Pire encore, il a été affecté en Sibérie, rien de moins. Mais ne le plaignez pas trop car cette démission a été accompagnée d’une prime de départ dépassant le million de dollars canadiens tandis que sa caisse de retraite sera toujours bien garnie jusqu’à la fin de ses jours. C’est comme cela que l’on règle les dossiers épineux dans les grandes corporations. Avec de l’argent.

Combien de fois avons-nous lu qu’un dirigeant d’une grande entreprise a été remercié de ses services avec une prime de départ pharaonique ? Et ce même si le crétin « flushé » avait mis la compagnie en sérieuses difficultés économiques et commerciales. Une petite tape dans le dos et une montagne de billets verts en guise d’au revoir. Si je pouvais être congédié  de la sorte, j’accepterais mon sort sans me plaindre. Une personne congédiée c’est désolant, mais un millionnaire congédié, vous avouerez que ce n’est pas pire du tout. Et ce riche monsieur pourra continuer à vivre une vie de pacha même s’il a contribué à des milliers de pertes d’emplois.

Quant à Tony  Hayward, il a été d’un tel crétinisme dans la gestion de la crise du déversement du pétrole dans le Golfe du Mexique qu’il aurait mérité d’être puni monétairement et, pourquoi pas, physiquement. Je ne parle pas de la bastonnade ou de sévices physiques comme tels. Mais je l’aurais envoyé ramasser le pétrole à la petite cuiller sur les plages de la Louisiane ou encore nettoyer les oiseaux englués de pétrole. La Sibérie c’est peut-être loin, mais on peut se payer tout le confort et tous les plaisirs. Six à sept mois dans une cabane dans les bayous louisianais l’auraient fait réfléchir et il aurait certainement perdu de sa suffisance, surtout si un alligator l’avait pris en chasse.

Il y a toujours une limite face à ces dirigeants et spéculateurs de toutes sortes qui n’ont aucun respect ni pour la planète, ni pour ses habitants et qui n’ont qu’un maître, la maudite piastre. Ce sont des dirigeants semblables qui sont aussi responsables des rappels automobiles ignorés, des voitures imbuvables vendues trop chères et qui ont tellement mal administrés la compagnie qu’on leur avait confiée, que cela a provoqué des dizaines de milliers de pertes d’emploi.

À bien y réfléchir Michael Moore et ses films coup de poing n’est pas aussi radical qu’on le dit. En fait, il pourrait frapper plus fort et dénoncer avec encore plus de véhémence ces multimillionnaires qui mangent dans les grands restaurants en levant le petit doigt en l’air pendant que  leurs employés ont de la difficulté à joindre les deux bouts ou qui viennent de recevoir leur notice de congédiement. Vous savez, leur éthique morale n’est pas meilleure que celle du pickpocket qui fait les poches sur les grands boulevards.

La marée noire et nous

- 27 juillet 2010

Le golfe du Mexique a beau être loin de nous, la marée noire qui l’envahit présentement aura, qu’on le veuille ou non, des répercussions chez nous. Par exemple, lorsque cette marée remontera sur la côte est de la Floride, plusieurs d’entre-nous devront aller passer leurs vacances ailleurs. Mais il y aura assurément d’autres conséquences, beaucoup plus dramatiques.

Pas plus tard que la semaine passée, j’ai entendu un homme qui, dans une ligne ouverte, demandait aux gouvernements canadiens et américains de stopper toute forme de forage au large de leurs côtes.  Tout d’abord, les plates-formes de forage donnent de l’emploi à des dizaines de milliers de personnes (et des emplois payants à part ça!). Il ne faut pas oublier non plus que pour aller chercher du pétrole, les entreprises doivent forer de plus en plus profondément et de plus en plus loin des terres, les réserves terrestres étant de moins en moins grandes. Et du pétrole, l’humain en a besoin pour faire fonctionner ses nombreuses machines.

Surtout, cette tragédie nous rappelle notre dépendance à l’essence. Tant que ce précieux liquide est disponible en quantités suffisantes à la pompe et que son prix est relativement abordable, on se fout pas mal de ce qui se passe à 3 000 km d’ici. Mais dès que notre confort sera troublé, nous la trouverons moins drôle. Et c’est là qu’on se révoltera du fait que les gouvernements on créé un moratoire trop long ou qu’ils ont empêché les pétrolières de forer. Au diable l’écosystème, ça nous prend notre pétrole!

Wow la pub!

- 26 juin 2010

Avez-vous remarqué combien les publicités télévisées de la SAAQ sont de plus en plus pertinentes et vraies?

Il y a eu les publicités chocs montrant des accidents en direct, des blessures et du sang qui étaient censées nous surprendre et nous faire réfléchir. Ces publicités ont beaucoup fait jaser mais dans la plupart des cas, les gens ne se sentaient pas concernés puisque chacun considère qu’il est un as du volant et que ces accidents n’arrivent qu’aux autres.

La SAAQ s’est donc tourné vers des publicités plus légères. Au lieu de s’attarder sur l’accident lui-même, on montre plutôt le résultat. Dans un silence complet, on montre donc des gens blessés et des pères, des amis et des copines pleurer les personnes disparues. Mais encore une fois, la publicité surprend mais elle ne touche personne puisque tout le monde conduit bien et ce genre d’accident n’arrive qu’aux autres.

On s’est donc tourné vers des publicités axées sur les comportements des automobilistes. Et ça tombait bien puisque la plus récente campagne de sensibilisation de la SAAQ vise justement le civisme et le respect au volant. On a donc produit une publicité où l’on voit des gens faire preuve de civisme en laissant passer un automobiliste mal pris, un piéton voulant traverser la rue ou un cycliste amorçant son virage. Ce genre de publicité vise donc à éduquer les gens en leur montrant les bonnes façons de faire au lieu de leur montrer les résultats de la négligence au volant. Et ça, tout le monde peut l’appliquer.

Et en ce sens, la dernière pub est très réussie. Arrêtés à un feu rouge, trois automobilistes sont prêts à décoller. Dès le feu vert, celui du milieu accélère en trombe mais doit freiner quelques mètres plus loin au feu rouge suivant. Évidemment les deux autres automobilistes, ayant démarré plus doucement, le rattrapent. La scène se répète pour les trois feux rouge suivant et les trois conducteurs arrivent à destination en même temps. Comme quoi ça ne donne rien de se dépêcher.

Alors, est-ce mieux de prévenir en éduquant sur les bonnes façons de faire ou de montrer les résultats de la mauvaise conduite?