Canoë comme page d'accueil English

Un autre tour de force pour Eugenie Bouchard?

- 22 janvier 2014

AFP_APH1170170Bien des amateurs de sports, pas de tennis seulement, seront rivés à leur écran ce soir, 21h30, alors qu’Eugenie Bouchard tentera de devenir la première Canadienne à atteindre la finale d’un tournoi du Grand Chelem.

En demi-finale des Internationaux d’Australie, la Québécoise se mesurera à la Chinoise Li Na, quatrième au monde.

Bouchard en a surpris plus d’un, il y a deux jours, alors qu’elle a défait la Serbe Ana Ivanovic (14e) lors des quarts de finale. Et quelle démonstration de tennis ce fut.

Tout en offensive, Bouchard a présenté le jeu d’une top 10 mondiale, surtout en revers.

Li possède un amalgame de coups similaires à Ivanovic, avec peut-être un revers à deux mains supérieurs, du moins beaucoup plus offensif. Li n’hésite pas à prendre des chances et lorsqu’elle est dans une bonne journée, elle peut vaincre n’importe qui sur le circuit de la WTA.

AFP_DV1614288De son côté, Bouchard devra faire exactement ce qu’elle a fait face à Ivanovic. La clé pour la Québécoise sera de réussir un pourcentage élevé de premiers services, car Li ne fera qu’une bouchée de sa deuxième balle.

Les deux joueuses se sont affrontées à une reprise par le passé, à l’avantage de la Chinoise 6-4 et 6-4 à la Coupe Rogers de Montréal en 2012. Mais Bouchard n’avait que 18 ans et venait de remporter le tournoi de Wimbledon chez les juniors. En ce temps, elle n’était pas de taille.

C’est tout le contraire aujourd’hui.

Bouchard a, avec raison, une confiance inébranlable en ses moyens. Mais Li en a vu d’autres, elle qui a déjà remporté Roland-Garros en plus d’atteindre la finale en Australie en 2011 et 2013.

Je prévois une belle bataille. Et peu importe le résultat, la machine «Eugenie» est bel et bien en marche, sur et hors du terrain.

Vous pouvez me suivre sur Twitter.

Réaliste, un cinquième Grand Chelem?

- 9 janvier 2014

RE_2013_12_02T010714Z_212371896_GF2E9BT0X6I01_RTRMADP_3_POY_JPGL’idée de créer un cinquième tournoi du Grand Chelem sur les circuits de l’ATP et de la WTA circule depuis plusieurs années.

Les bonzes du tennis mondial cherchent toujours un moyen de renouveler leur sport, d’attirer de nouveaux partisans pour ultimement garnir un peu plus les coffres des deux organisations professionnelles. Le tennis, c’est une business, il n’y pas de secret, pas de cachette ni rien de sorcier. Le but, c’est de faire de l’argent.

En respectant cette unique prémisse, oui à un cinquième Grand Chelem. S’arrêter là serait de ne pas penser plus loin que le bout de son nez.

J’espère que vous avez un peu de temps devant vous. C’est parti.

Oui, l’entrée d’argent d’un nouveau tournoi majeur ne peut être une mauvaise chose financièrement. L’exploitation d’un nouveau marché, et j’ai en tête l’Asie, ne peut nuire aux efforts de mondialisation du sport. L’Amérique a son Grand Chelem, l’Océanie a son Grand Chelem (officiellement appelé le Grand Chelem de l’Asie-Pacifique) et l’Europe en a deux. D’un point de vue géographie, l’Amérique du Sud, l’Afrique, l’Asie  restent à être exploitées.

La logique voudrait que l’Asie, dotée d’un bassin de population inestimable, obtienne ce cinquième tournoi majeur. L’Amérique du Sud et l’Afrique ne peuvent pas compétitionner. Game over.

La légende du tennis australien John Newcombe a indiqué que la Chine devrait obtenir ce cinquième tournoi du Grand Chelem. Logique. Très logique. Il ajoute également que l’épreuve devrait se tenir en mars et devrait être acheté pour 1 milliard $ (250 millions $ pour chaque Grand Chelem existant). Bon.

L’argumentaire financier est louable. Mais ce n’est pas le seul aspect à tenir compte.

Premièrement, la création d’un cinquième tournoi du Grand Chelem ajouterait une énorme charge de travail aux joueurs, déjà à la limite. Les hommes devraient passer au travers de deux semaines de 3 de 5 de plus, c’est énorme. En conséquence, l’ATP devrait réduire le nombre de tournois Masters et penser à une modification du calcul du classement puisque le tout serait déséquilibré. Il faudrait revoir le nombre de points accordés lors de chaque tournoi de même que s’interroger sur le nombre d’épreuves comptant pour ce classement (actuellement, les meilleurs 18).

Ensuite, avec cinq tournois majeurs au calendrier, tous les records établis par le passé ne seraient plus valides. Par exemple celui de 17 victoires en Grand Chelem de Roger Federer serait plus facilement accessible. Il faudrait changer d’Ère. Recommencer à zéro.

RE_2012_06_11T171507Z_01_BTE01_RTRMDNP_3_TENNIS_OPENPuis, sur quelle surface se déroulerait l’événement. Pour moi, il n’y a qu’une réponse. Il devrait être à l’intérieur sur «tapis». Les tournois du Grand Chelem sont supposés couronnés les meilleurs joueurs de tennis, point. Autant en profiter pour assurer une répartition égale des surfaces du mieux qu’on le peut.

Par la suite, quel est le meilleur moment pour présenter l’événement. Deux options: en mars ou en octobre/novembre. La première option impliquerait l’abandon ou le déplacement d’un des deux Masters, celui d’Indian Wells ou de Miami, deux tournois extrêmement importants aux yeux de l’ATP. Toutefois, je pense qu’un Grand Chelem tout juste avant la saison sur terre battue pourrait être de mise. La deuxième option impliquerait l’abandon du Masters de Shanghai et de celui de Paris. Les deux options impliqueraient l’abandon du Championnat de fin de saison.

Remarquez que ceci n’est peut-être pas une mauvaise option. Bien qu’il soit très agréable à regarder, il est, à mon avis, une aberration. Il déséquilibre le classement et donne un avantage bien senti aux meilleures raquettes mondiales. Ça ne devrait pas être ainsi. De plus, la WTA a même instauré un deuxième Championnat de fin de saison, pour celles qui ne peuvent se qualifier pour le premier. La mère de toutes les aberrations.

Finalement, et pour moi, c’est le point le plus important, la tradition et le caractère unique des Grands Chelem. Le tennis est un sport très très très très (x 1000) traditionaliste. L’ajout d’un cinquième majeur reposerait sur des bases autres que la tradition. Je ne suis pas contre l’évolution du sport, le Hawk Eye et tous ces bidules technologiques, j’adore ça. Toutefois, il ne devrait pas y avoir autant d’occasions de pouvoir goûter à la gloire. Les quatre tournois en place le sont pour des raisons historiques et cela devrait rester ainsi.

Être photographié avec le trophée de champion devant la Tour Eiffel, le panorama de New York ou avoir le droit de le soulever sur le célèbre balcon du All England Club devant des milliers de partisans en délire, voilà le caractère unique des Grands Chelem. Voilà la gloire à laquelle a droit le vainqueur. «Poser» devant le Nid d’Oiseau et un nuage de pollution à Pékin… disons que c’est un peu moins… euh… charmant.

Mais bon, peut-être que je tiens un peu trop à ces traditions.

Je crois simplement que la gloire tennistique ne devrait pas pouvoir s’acquérir toutes les trois semaines.

Vous pouvez me suivre sur Twitter.

Les défaites façonnent les triomphes

- 15 octobre 2013
Engenie Bouchard

Engenie Bouchard

La Québécoise Eugenie Bouchard a atteint (un autre) sommet au classement de la WTA cette semaine. Elle pointe actuellement au 32e rang mondial.

On savait qu’elle grimperait rapidement dans la hiérarchie du tennis féminin, mais passer du 145e échelon en début d’année au 32e, c’est quand même tout un bond.

La confiance en son jeu a toujours été bien présente. Toutefois, j’estime que le fait de pouvoir se mesurer à plusieurs reprises au cours de 2013 aux meilleures raquettes de la planète lui a été bénéfique. Le fait d’évoluer sous les projecteurs contre les grandes stars de la WTA et ressentir l’affreux sentiment de ne pouvoir rien faire d’autre que de subir la défaite face à plus fort que soi l’a certainement aidé.

Elle a toutefois compris très rapidement ce qu’il fallait qu’elle fasse pour les rejoindre. C’est ce qu’elle est en train d’accomplir.

Après des revers contre Maria Sharapova, deux fois, Sara Errani, Serena Williams, Petra Kvitova et Angelique Kerber, elle a été en mesure d’atteindre la première finale de sa carrière à Osaka, s’inclinant devant Samantha Stosur. Mais outre ses défaites, elle a tout de même été en mesure de vaincre Ana Ivanovic, Sloane Stephens et Jelena Jankovic en 2013, notamment.

La combinaison de tout cela a résulté en une ascension vertigineuse au classement de la WTA.

Et à 19 ans, ce n’est que le début.

Vous pouvez me suivre sur Twitter.

 

Bouchard encensée

- 26 juin 2013

Ce n’est pas tous les jours que l’on peut recevoir les compliments de l’une des meilleures joueuses de tennis de tous les temps.

Après sa convaincante victoire de 6-3 et 6-3 sur la Serbe Ana Ivanovic lors du deuxième tour de Wimbledon, Eugenie Bouchard a reçu l’ultime gratification de la part de Martina Navratilova.

«I might say a star is born», a indiqué à la télévision celle qui a remporté 18 titres du Grand Chelem (gracieuseté de Paul Rivard).

Eugenie BouchardEn constante progression depuis un an, alors qu’elle s’était imposée chez les juniors à ce même tournoi de Wimbledon, Bouchard ne fait que gravir les échelons. Elle est présentement au 66e rang mondial et tout porte à croire qu’elle fera un substantiel bond lors de la publication du prochain classement.

Au prochain tour, elle se frottera à Carla Suarez Navarro, 18e au monde, mais loin d’être un spécialiste de la surface gazonnée. Ses chances sont plutôt bonnes d’atteindre le quatrième tour, exploit que peu de Canadiens ont réussi en simple lors d’un tournoi majeur. En effet, Milos Raonic avait pris l’ATP d’assaut en 2010 en atteignant la ronde des 16 aux Internationaux d’Australie. Il a depuis répété l’exploit aux Internationaux des États-Unis en 2012 et en Australie, encore une fois, en 2013.

Il faut rappeler également qu’Aleksandra Wozniak (4e tour à Roland-Garros en 2009) et Maureen Drake (4e tour aux Internationaux d’Australie en 1999), notamment, ont également réussi ce fait d’armes.

En terminant, je crois que l’association entre Bouchard et Nathalie Tauziat (finaliste à Wimbledon 1998 et ex no.3 au monde) commence à porter ses fruits.

Vous pouvez me suivre sur Twitter.

Azarenka fera-t-elle un «Djokovic»?

- 21 mars 2012

«Faire un Djokovic»:

  • Définition: accumuler un nombre impressionnant de victoires et de titres consécutifs sur le circuit professionnel de tennis.
  • Synonymes: «faire un Vilas», «faire un Lendl», «faire un Borg», «faire un McEnroe», «faire un Federer»
  • Antonyme: «faire un Robert Dee»

Victoria AzarenkaDécidément, la Bélarussienne Victoria Azarenka, numéro un au classement mondial de la WTA, est un rouleau compresseur en ce début de saison; elle écrase tout sur son passage.

Azarenka a remporté 23 victoires consécutives et quatre titres (Sydney, Internationaux d’Australie, Doha et Miami) depuis le début de la saison 2012. Seules trois joueuses ont réussi à lui prendre une manche (Agnieszka Radwanska, deux fois, Li Na et Mona Barthel) alors que neuf classées dans le top 10 mondial ont mordu la poussière face la hargneuse Azarenka.

Ceci dit, Azarenka fera-t-elle un «Djokovic». Rappelons-nous que le Serbe avait aligné 41 victoires consécutives en début de saison 2011 (et 43 consécutives grâce à deux triomphes à la fin de 2010) et sept titres. Il n’avait toutefois pu battre le record de John McEnroe avec 42 victoires d’affilée au début de la saison 1984.

Peut-être qu’il est prémédité de parler de tout ça, mais c’est exactement ce que je me disais pour Djokovic l’année passée. Et disons qu’Azarenka n’a pas l’équivalent de Nadal, Federer et Murray dans les pattes.

Si, chez les hommes, la plus longue séquence de victoires est de 46, par l’Argentin Guillermo Vilas en 1977, chez les femmes, ce nombre augmente à 74, par Martina Navratilova en 1984. En fait, pour entrer dans le top 10 de ces enchaînements de triomphes, Azarenka devra au moins en aligner 41 sans perdre une seule fois.

Du pain sur la planche pour la Bélarussienne? Tout à fait!

Pourra-t-elle faire un «Djokovic»? Oui, je le crois, dépendamment de son niveau de jeu sur terre battue.

Vous pouvez me suivre sur Twitter.