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Le dos qui fait trembler une nation

- 17 novembre 2014

Le Suisse Roger Federer a failli à disputer un match de tennis auquel il était convié pour la troisième de sa carrière sur le circuit de l’ATP lorsqu’il n’a pas pris part à la finale du Championnat de fin de saison, au profit du Serbe Novak Djokovic.

Pour la petite histoire, Federer a déclaré forfait face à l’Américain James Blake au tournoi catégorie Masters de Paris en 2008 et à Doha en début d’année 2012 face au Français Jo-Wilfried Tsonga.

Federer a pris part à plus de 1200 matchs sur le circuit de l’ATP.

AFP_Par7973046Le maestro helvétique a été touché au dos (encore et toujours) lors du bris d’égalité de la troisième manche de son match de demi-finale face à son compatriote Stan Wawrinka. Lorsqu’il a senti que quelque chose ne tournait pas rond, Federer a probablement immédiatement pensé à la Coupe Davis, l’un des seuls titres d’importance qui lui a échappé au cours de sa carrière.

Bien sûr, devoir se retirer de la finale du «cinquième Grand Chelem» ne lui a certainement pas plus. Surtout après le match remporté à l’arraché face à Wawrinka (8-6 au bris d’égalité à la troisième manche). Surtout après sa belle année 2014.

Mais ultimement, Federer aimerait probablement remporté ce qui lui a échappé par le passé: une médaille d’or olympique en simple (rendez-vous en 2016 à Rio) et la Coupe Davis.

À partir de vendredi, la France croisera le fer avec la Suisse pour l’obtention du Saladier d’argent, à Lille. Federer et Wawrinka, dont la relation semble s’être envenimée à Londres, doivent représenter leur pays. Federer est une variable sine qua non du succès des Suisses. Tout comme Wawrinka. Le neutre pays ne peut se targuer d’avoir la profondeur de la France ou de l’Espagne.

Les yeux du peuple Suisse sont donc rivés sur Lille, dans le nord de la France, alors que chaque faits et gestes de Federer, champion 17 fois en tournois du Grand Chelem, sera scruté.

Et si jamais la Suisse parvient à l’emporter, le titre du joueur le plus utile à son équipe ne sera pas Federer ni Wawrinka, mais probablement le physiothérapeute de l’équipe. Certes, il aura droit à joli boni de fin d’année s’il parvient à remettre Federer sur ses jambes.

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La lumière au bout du tunnel pour Murray?

- 30 octobre 2014

2014 n’a pas été une année de grandes réjouissances pour le Britannique Andy Murray.

Avant le début de la tournée asiatique, après les Internationaux des États-Unis, l’Écossais n’avait remporté aucun titre. Il a même perdu le référendum qu’a tenu l’Écosse – la journée du vote, il a publiquement appuyé le camp du oui – pour se séparer du Royaume-Uni.

Souvent il était dans le coup, mais trop souvent il baissait pavillon face à un membre du top 10 mondial. À sept reprises, il a perdu face à Roger Federer (2), Novak Djokovic (3) et Rafael Nadal (2). Il n’a vaincu un membre de ce club sélect qu’à deux occasions, face à Marin Cilic, alors 9e, à Pékin et Jo-Wilfried Tsonga, alors 10e, à Flushing Meadows.

Puis Murray a remporté trois tournois en septembre et octobre pour hausser sa candidature pour le Championnat de fin de saison, qui se déroulera dans sa cour, à Londres. Le Britannique a remporté les honneurs des compétitions de Shenzhen, Vienne et Valence. Il a vaincu David Ferrer (5e) deux fois.

L’Écossais a glissé hors du top 10 mondial en cours d’année alors qu’il avait pris l’habitude au top 5 lors des dernières années. Ses triomphes à New York (2012) et Wimbledon (2013) avaient fait de lui un membre à part entière du Big Four, avec Federer, Djokovic et Nadal. Toutefois, une vilaine blessure au dos, suivie d’une opération chirurgicale à la fin de 2013, a stagné son ascension.

Selon toute vraisemblance, il aura la chance de défier les meilleures raquettes au monde à Londres. Il pourrait y gagner en confiance en vue de 2015 où il compte assurément revenir à l’avant-scène du tennis mondial.

 

Un autre petit tour au sommet pour Federer?

- 28 octobre 2014

Le Suisse Roger Federer a connu une année 2014 exceptionnelle, et ce, malgré le fait qu’il n’a pas remporté de tournoi du Grand Chelem.

Celui qui a passé plus de 300 semaines au sommet du classement de l’ATP revient de loin, lui qui a eu tellement de difficultés en 2013 à obtenir de bons résultats. Quoi qu’il en soit, le «maestro» pourrait même revenir au premier rang mondial d’ici la fin de la saison et ajouter quelques semaines à son record de 302.

RE_2014_10_25T171522Z_1598447000_LR1EAAP1BXCY4_RTRMADP_3_TENNISIl lui faudra toutefois un parcours parfait.

Novak Djokovic, nouveau papa d’un petit Stefan, est celui qui est installé au premier rang, avec 11 510 points. Toutefois, il en perdra 2500 puisqu’il avait triomphé au tournoi de catégorie Masters de Paris et au Championnat de fin de saison en 2013.

De son côté, Federer reculera de 760 points pour ses performances à Paris et Londres l’an dernier.

Avec une avance actuelle de 2230 points sur son rival helvétique, Djokovic voit donc l’écart être réduit à 490 points.

L’écart n’est finalement pas si énorme.

Si jamais Federer l’emporte à Paris, il sera assuré de gruger 400 points au Serbe. Le Championnat de fin de saison sera alors rehaussé d’un objectif bien réel pour le Suisse alors qu’il n’aura, pratiquement, qu’à mieux faire que Djokovic.

Mais le natif de Bâle pourrait également détenir un «joker» dans son jeu. La Coupe Davis. La Suisse affrontera la France en finale et Federer est pressenti pour jouer deux matchs de simple, qui peuvent lui rapporter jusqu’à 150 points.

La pente est raide pour Federer, mais elle n’est pas impossible. En gros, Federer doit mieux faire que Djokovic, ce qui n’est pas nécessairement évident. Une victoire à Paris augmenterait considérablement ses chances de revenir au sommet. Mais il devra vaincre Djokovic ainsi qu’Andy Murray, Milos Raonic et David Ferrer qui désirent tous se qualifier pour le Championnat de fin de saison.

Il devra être impérial et espérer que Djokovic perdre l’équilibre un tant soit peu.

Avec tout cela, il pourra continuer son incroyable séquence de semaines passées en tant que numéro un mondial.

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Internationaux des États-Unis: les jeunes créeront-ils la surprise?

- 25 août 2014
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Milos Raonic

À l’approche des Internationaux des États-Unis, qui s’amorceront aujourd’hui à Flushing Meadows, il est bien rare de voir quelqu’un oser se prononcer contre les trois ténors du tennis masculin.

Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic ont remporté 37 des 43 derniers tournois du Grand Chelem. Depuis 2004, seuls Gaston Gaudio (Roland-Garros 2004), Marat Safin (Internationaux d’Australie 2005), Juan Martin del Potro (Internationaux des États-Unis 2009), Andy Murray (Internationaux des États-Unis 2012 et Wimbledon 2013) ainsi que Stanislas Wawrinka (Internationaux d’Australie 2014) ont pu s’immiscer dans cette domination de ce trio infernal.

Cette année ne fait pas exception alors que plusieurs donnent l’avantage à Federer ou Djokovic pour triompher à New York. De son côté, Nadal, champion en titre, est sur la touche en raison d’une blessure au poignet.

Mais leur aura de domination est certes moins imposante que par le passé. Djokovic a connu une saison nord-américaine horrible en n’atteignant que le troisième tour à Toronto et Cincinnati. Pour sa part, Federer a été particulièrement brillant en atteignant la finale dans la Ville Reine et remportant le tournoi de Cincinnati. Ceux qui ont dit il y a quelques semaines que le Suisse venait de gaspiller sa dernière chance de remporter un tournoi majeur à Wimbledon, où il a été vaincu par Djokovic en finale, peuvent ravaler leurs paroles. Malgré les années qui passent, le Suisse fait encore et toujours figure de favori.

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Grigor Dimitrov

Outre del Potro en 2009, qui a un peu créé la surprise au fur et à mesure que le tournoi avançait, les jeunes joueurs du circuit de l’ATP retiennent l’attention en ce début de quinzaine. Plus particulièrement le Canadien Milos Raonic et le Bulgare Grigor Dimitrov. D’autres jeunes joueurs comme l’Australien Nick Kyrgios attirent également l’attention, mais pas au point de l’emporter.

Pour Raonic et Dimitrov, c’est autre chose.

Le Canadien a remporté la US Open Series cet été, avec un quart de finale à Toronto, une demi-finale à Cincinnati et un titre à Washington, devant son compatriote Vasek Pospisil. Il est le sixième joueur au monde, cinquième favori à New York et est l’un des joueurs les plus constants du circuit depuis le début de l’année 2014. Il profite également d’un tirage au sort favorable. Au premier tour, il affrontera le qualifié et Japonais Taro Daniel (qui a vaincu le Canadien Peter Polansky au dernier tour des qualifications). En cas de victoire, il se mesurera au vainqueur du duel fratricide entre les Allemands Benjamin Becker (très connu à New York pour avoir vaincu Andre Agassi lors du dernier match de sa carrière en 2006) et Peter Gojowczyk. Par la suite, il pourrait croiser le fer avec Lukas Rosol, Kei Nishikori et Stanislas Wawrinka. Ce dernier, bien qu’il ait remporté les Internationaux d’Australie en début d’année, est en recherche de constance. Le Canadien est dans la moitié de tableau de Djokovic, qu’il pourrait rencontrer en demi-finale.

Dimitrov, huitième au monde, connaît également une bonne année 2014, avec deux titres ainsi qu’un quart de finale en Australie et une demi-finale à Wimbledon. Il a cependant trébuché au premier tour à Roland-Garros face au géant Ivo Karlovic. Surnommé «Baby Fed», Dimitrov pourrait bien croiser le fer avec Federer en quarts de finale. Avant la route s’annonce plutôt facile pour le Bulgare avec comme seuls sérieux clients les Français Richard Gasquet et Gaël Monfils dans sa portion de tableau.

Raonic et Dimitrov sont perçus par plusieurs comme de futurs champions du Grand Chelem. Pourront-ils devancer leur heure?

Le respect

- 15 mai 2014

RE_2014_04_26T222303Z_1716293359_NOCID_RTRMADP_3_NHL_STANLEY_CU«Respect», voilà le mot que l’on a entendu le plus souvent après la victoire de 3-1 du Canadien de Montréal sur les Bruins de Boston lors du septième match de la série demi-finale de l’Association de l’Est entre les deux équipes.

D’un côté, une équipe qui cherchait (et qui au final l’aura mérité) à se faire respecter et de l’autre, une formation qui dit ne pas en avoir manqué.

Je n’ai aucun problème à ce qu’un joueur se tape la poitrine après avoir marqué un but. À la limite, de voir Milan Lucic afficher fièrement la grosseur de ses biceps à ses rivaux m’amuse.

Arroser un adversaire avec sa bouteille d’eau est un manque flagrant d’esprit sportif, autant pour Shawn Thornton que pour le respecté gardien des Rangers de New York Henrik Lundqvist. Tout comme flanquer une petite taloche à un rival dans le cercle des mises au jeu. Ces deux actions sont répréhensibles, irrespectueuses et condamnables, mais ce n’est tout de même pas la fin du monde.

Mais, «menacer» (c’est du moins ce que l’analyste de TSN Aaron Ward a rapporté) deux adversaires lors de la traditionnelle poignée de main d’après-série, ça démontre un manque flagrant de classe, voire d’intelligence.

Refuser de serrer la main d’un rival, ça s’est déjà vu (saga Martin Brodeur-Sean Avery), mais le comportement de Milan Lucic à l’endroit de Dale Weise et Alexei Emelin dépasse tout entendement.

Au pire, et je dis bien au pire, ne serre pas la main à personne. Rentre directement au vestiaire, casse trois, quatre bâtons, renverse une poubelle, hurle des jurons, fait un trou dans le mur avec tes poings.

JDQ_Richard_apres_commotionLa poignée de main d’après-série est une des traditions sportives que j’apprécie le plus. Ça permet aux athlètes de se dire «on s’est tapé sur la gueule, on a donné des coups limites, on y est allé d’attaques verbales. Mais maintenant, c’est fini, on passe à autre chose et bravo pour ta victoire». Si la poignée de main pouvait parler, elle dirait probablement ceci. Du moins c’est ce qu’elle devrait. Du moins c’est ce qu’elle disait quand le Rocket a serré la main de Jim Henry après la série Canadien-Bruins de 1952.

Elle symbolise l’essence même de la compétition sportive, l’une des raisons pour laquelle les joueurs font, ou du moins devrait faire, ce métier.

Je trouve dommage qu’un illuminé comme Lucic trouve le moyen d’ignorer ce principe. Et ce n’est pas la première fois. Et malheureusement, ce ne sera pas la dernière.

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