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Une rivalité, une décennie

- 25 mars 2014

Il y a eu Lendl contre McEnroe. Il y a eu Connors contre McEnroe/Lendl. Il y a eu Becker contre Edberg. Il y a eu Agassi contre Sampras.

Et il y a Rafael Nadal contre Roger Federer.

Ces rivalités ont façonné, chacune à leur manière, leur époque.

shake07Il y a 10 ans, presque jour pour jour, le premier chapitre de celle entre Federer, qui amorçait sa domination du tennis professionnel, et un teigneux adolescent espagnol de 17 ans du nom de Nadal a été écrit lors du troisième tour du Masters de Miami, en 2004.

Couronné depuis à peine quelques semaines, Federer devait déjà faire face à celui qui allait devenir son éternel rival. À la surprise générale, c’est Nadal qui s’est imposé en deux petites manches de 6-3 et 6-3.

La différence entre les deux joueurs était frappante, la clé d’une rivalité durable. D’un côté, il y avait Federer, gracieux et léger dans ses coups, ses déplacements et stoïque dans ses réactions. De l’autre, il y avait Nadal, bouillant, exubérant, infatigable. Les coups offensifs et à plat du Suisse faisaient contraste aux grosses frappes brossées de l’Espagnol.

Au fil des années, les contrastes ne sont jamais estompés et c’est pour cela que la rivalité a survécu malgré la fiche dominante de 23 victoires de Nadal en 33 affrontements contre Federer. Il y a aussi le fait que les deux joueurs possèdent de fidèles partisans qui sont tout aussi aux antipodes que les deux athlètes. Il y a aussi le fait que seul Nadal parvenait à ébranler d’une manière presque constante la domination du Suisse entre 2004 et 2007.

Pourtant Nadal a disputé plus de matchs contre Novak Djokovic (22-17 en faveur de Nadal). Mais l’intensité de la rivalité n’arrivera jamais à la cheville de celle contre Federer. J’aime penser que ceci peut s’expliquer par le fait que Nadal et Federer ont amorcé leur rivalité alors que le tennis masculin avait peine à remplacer les classiques entre Agassi et Sampras.

Le duel de tous les duels entre Federer et Nadal est survenu à Wimbledon en 2008, alors que Nadal est finalement parvenu à s’imposer sur le gazon anglais, 9-7 à la cinquième manche; un match qui est considéré par plusieurs comme le plus grand de tous les temps.

Cette rivalité continuera d’attirer l’attention de tous, et ce, même si aucun des deux joueurs n’est le numéro un au monde, jusqu’à ce qu’un des deux se retirera. C’est alors que deux p’tits nouveaux prendront la relève.

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Émotions à l’état pur

- 11 février 2014

La beauté des Jeux olympiques est qu’ils ont le pouvoir de faire vivre de véritables montagnes russes d’émotions.QMI_OLY20140210DD26

Depuis le début des compétitions à Sotchi, j’ai pleuré de joie avec les soeurs Dufour-Lapointe. J’ai essuyé quelques larmes, également de joie, quand Alexandre Bilodeau a enlacé son frère Frédéric après son triomphe. J’ai esquissé un sourire de fierté en voyant le bonheur de Mikaël Kingsbury, même s’il n’a pas gagné, et Marc-Antoine Gagnon, qui est passé si près de monter sur le podium.

 

J’ai sauté de joie avec Mark McMorris (et sa côté cassée), Dara Howell, Kim Lamarre et toute l’équipe canadienne de patinage artistique.

J’ai également forcé avec Jean-Philippe Le Guellec et Alex Harvey, puis resté incrédule devant ce qui leur est arrivé; la chute de Le Guellec et le mauvais fartage de Harvey. J’ai souffert avec Marie-Michèle Gagnon, qui s’est disloqué l’épaule, avec Yuki Tsubota, blessée à la mâchoire, et Kaya Turski.

J’ai surtout été si heureux pour Charles Hamelin et sa complète domination du 1500 mètres courte piste.

Et je suis sûr que la plupart d’entre vous en avez fait tout autant.

Certains de ces athlètes, nous ne les voyons qu’une fois à tous les quatre ans. Certains, on les voit qu’une seule fois, point final. Mais on s’y attache, on veut qu’ils réussissent, pour leur pays, oui bien sûr, mais également pour tout ce qu’ils ont pu surmonter. Certaines histoires sont ahurissantes.

Ces athlètes amateurs en auraient tellement à apprendre à leurs homologues professionnels. Allez. Un p’tit cour sur le travail, l’acharnement et la persévérance. Lundi soir, de 18h à 21h, avec le professeur Hamelin.

À ceux qui se bornent à ne s’exciter que lorsque la médaille d’or est accrochée au cou d’un athlète canadien (ou lors des matchs de hockey masculin), j’aimerais vous dire que ces athlètes amateurs attendent depuis quatre ans de vous montrer ce qu’ils peuvent faire. Ça fait quatre ans qu’ils attendent de revêtir l’uniforme de l’unifolié pour espérer propulser leur pays vers la gloire.

C’est bien de viser haut, c’est ce qu’il faut. Il faut travailler pour tenter d’atteindre le sommet. Mais en cas d’échec, ça n’enlève rien à la performance des athlètes. Alors, un peu de respect svp. Des commentaires vicieux sur une 26e place, j’en entends à la tonne.

Bons Jeux!

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Le déclin, quel déclin?

- 24 janvier 2014

Il me semble que c’est un bien long déclin.

Roger Federer n’a pas vaincu Rafael Nadal en Grand Chelem depuis la finale de Wimbledon en 2007 et s’est incliné pour une 23e fois, en 33 occasions, devant l’Espagnol en demi-finale des Internationaux d’Australie.

Chaque fois depuis, le mot «déclin» revient immanquablement dans les discussions. En fait, après chaque défaite du Suisse, peu importe l’adversaire, peu importe la surface, peu importe le tournoi.

Ce mot est revenu avec insistance en 2008, après un deuxième triomphe de Nadal au All England Club, puis s’est estompé avec la victoire de Federer à Paris, le bastion de son éternel rival. En 2010, 2011, 2012, 2013, 2014… toujours le déclin du Suisse.

AFP_APH1172217À ce que je sache, une demi-finale lors d’un tournoi du Grand Chelem, ce n’est pas si mauvais que ça. Non? À ce que je sache, perdre devant celui qui ne sait plus perdre, ce n’est pas si mauvais que ça. Non?

Surtout perdre dans ce qui est probablement la plus grande incompatibilité des styles de jeu, ce n’est pas un déshonneur non plus.

Les standards de Federer sont si élevés que seule la victoire satisfait ses partisans. La défaite amène toujours un questionnement sur la carrière du Suisse. Ça fait sept ans que ça dure, alors chers amis, s’agit-il d’une mort lente annoncée par tous en 2007 ou simplement que le fait de dominer outrageusement son sport pendant une décennie est franchement tout à fait impossible? Il n’y a pas de déclin, il n’y en a jamais eu.

Federer est toujours parmi les meilleurs du monde et se retirera quand il le voudra parmi les meilleurs du monde. Et ce sera la même chose pour Nadal.

Selon moi, la définition du meilleur joueur de tous les temps ne réside pas nécessairement uniquement dans les statistiques, mais bien dans le laps de temps consécutif où celui-ci a dominé incontestablement tous ses adversaires. Federer l’a fait sans broncher pendant environ quatre ans. C’est ÉNORME!

Bien sûr 17 Grands Chelem et plus de 300 semaines en tant que numéro 1, ça aide.

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Un autre tour de force pour Eugenie Bouchard?

- 22 janvier 2014

AFP_APH1170170Bien des amateurs de sports, pas de tennis seulement, seront rivés à leur écran ce soir, 21h30, alors qu’Eugenie Bouchard tentera de devenir la première Canadienne à atteindre la finale d’un tournoi du Grand Chelem.

En demi-finale des Internationaux d’Australie, la Québécoise se mesurera à la Chinoise Li Na, quatrième au monde.

Bouchard en a surpris plus d’un, il y a deux jours, alors qu’elle a défait la Serbe Ana Ivanovic (14e) lors des quarts de finale. Et quelle démonstration de tennis ce fut.

Tout en offensive, Bouchard a présenté le jeu d’une top 10 mondiale, surtout en revers.

Li possède un amalgame de coups similaires à Ivanovic, avec peut-être un revers à deux mains supérieurs, du moins beaucoup plus offensif. Li n’hésite pas à prendre des chances et lorsqu’elle est dans une bonne journée, elle peut vaincre n’importe qui sur le circuit de la WTA.

AFP_DV1614288De son côté, Bouchard devra faire exactement ce qu’elle a fait face à Ivanovic. La clé pour la Québécoise sera de réussir un pourcentage élevé de premiers services, car Li ne fera qu’une bouchée de sa deuxième balle.

Les deux joueuses se sont affrontées à une reprise par le passé, à l’avantage de la Chinoise 6-4 et 6-4 à la Coupe Rogers de Montréal en 2012. Mais Bouchard n’avait que 18 ans et venait de remporter le tournoi de Wimbledon chez les juniors. En ce temps, elle n’était pas de taille.

C’est tout le contraire aujourd’hui.

Bouchard a, avec raison, une confiance inébranlable en ses moyens. Mais Li en a vu d’autres, elle qui a déjà remporté Roland-Garros en plus d’atteindre la finale en Australie en 2011 et 2013.

Je prévois une belle bataille. Et peu importe le résultat, la machine «Eugenie» est bel et bien en marche, sur et hors du terrain.

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Bute-Pascal: déjà la revanche!

- 17 janvier 2014

Le tant attendu combat entre Lucian Bute et Jean Pascal aura lieu demain, au Centre Bell.

Pourtant, en Pascal, Bute retrouvera un adversaire avec qui il a déjà croisé les gants. Enfin, presque.

À son troisième combat professionnel, le Montréalais d’origine roumaine a complètement atomisé un boxeur du nom de Jean Pascal… Service. Jean Pascal Service.

La comparaison entre le Jean Pascal de Laval et Jean Pascal Service d’Ottawa n’a que comme similitude le nom.

Mais, ça fait sourire.

Allez bon combat!

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