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Internationaux des États-Unis: les jeunes créeront-ils la surprise?

- 25 août 2014
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Milos Raonic

À l’approche des Internationaux des États-Unis, qui s’amorceront aujourd’hui à Flushing Meadows, il est bien rare de voir quelqu’un oser se prononcer contre les trois ténors du tennis masculin.

Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic ont remporté 37 des 43 derniers tournois du Grand Chelem. Depuis 2004, seuls Gaston Gaudio (Roland-Garros 2004), Marat Safin (Internationaux d’Australie 2005), Juan Martin del Potro (Internationaux des États-Unis 2009), Andy Murray (Internationaux des États-Unis 2012 et Wimbledon 2013) ainsi que Stanislas Wawrinka (Internationaux d’Australie 2014) ont pu s’immiscer dans cette domination de ce trio infernal.

Cette année ne fait pas exception alors que plusieurs donnent l’avantage à Federer ou Djokovic pour triompher à New York. De son côté, Nadal, champion en titre, est sur la touche en raison d’une blessure au poignet.

Mais leur aura de domination est certes moins imposante que par le passé. Djokovic a connu une saison nord-américaine horrible en n’atteignant que le troisième tour à Toronto et Cincinnati. Pour sa part, Federer a été particulièrement brillant en atteignant la finale dans la Ville Reine et remportant le tournoi de Cincinnati. Ceux qui ont dit il y a quelques semaines que le Suisse venait de gaspiller sa dernière chance de remporter un tournoi majeur à Wimbledon, où il a été vaincu par Djokovic en finale, peuvent ravaler leurs paroles. Malgré les années qui passent, le Suisse fait encore et toujours figure de favori.

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Grigor Dimitrov

Outre del Potro en 2009, qui a un peu créé la surprise au fur et à mesure que le tournoi avançait, les jeunes joueurs du circuit de l’ATP retiennent l’attention en ce début de quinzaine. Plus particulièrement le Canadien Milos Raonic et le Bulgare Grigor Dimitrov. D’autres jeunes joueurs comme l’Australien Nick Kyrgios attirent également l’attention, mais pas au point de l’emporter.

Pour Raonic et Dimitrov, c’est autre chose.

Le Canadien a remporté la US Open Series cet été, avec un quart de finale à Toronto, une demi-finale à Cincinnati et un titre à Washington, devant son compatriote Vasek Pospisil. Il est le sixième joueur au monde, cinquième favori à New York et est l’un des joueurs les plus constants du circuit depuis le début de l’année 2014. Il profite également d’un tirage au sort favorable. Au premier tour, il affrontera le qualifié et Japonais Taro Daniel (qui a vaincu le Canadien Peter Polansky au dernier tour des qualifications). En cas de victoire, il se mesurera au vainqueur du duel fratricide entre les Allemands Benjamin Becker (très connu à New York pour avoir vaincu Andre Agassi lors du dernier match de sa carrière en 2006) et Peter Gojowczyk. Par la suite, il pourrait croiser le fer avec Lukas Rosol, Kei Nishikori et Stanislas Wawrinka. Ce dernier, bien qu’il ait remporté les Internationaux d’Australie en début d’année, est en recherche de constance. Le Canadien est dans la moitié de tableau de Djokovic, qu’il pourrait rencontrer en demi-finale.

Dimitrov, huitième au monde, connaît également une bonne année 2014, avec deux titres ainsi qu’un quart de finale en Australie et une demi-finale à Wimbledon. Il a cependant trébuché au premier tour à Roland-Garros face au géant Ivo Karlovic. Surnommé «Baby Fed», Dimitrov pourrait bien croiser le fer avec Federer en quarts de finale. Avant la route s’annonce plutôt facile pour le Bulgare avec comme seuls sérieux clients les Français Richard Gasquet et Gaël Monfils dans sa portion de tableau.

Raonic et Dimitrov sont perçus par plusieurs comme de futurs champions du Grand Chelem. Pourront-ils devancer leur heure?

Le respect

- 15 mai 2014

RE_2014_04_26T222303Z_1716293359_NOCID_RTRMADP_3_NHL_STANLEY_CU«Respect», voilà le mot que l’on a entendu le plus souvent après la victoire de 3-1 du Canadien de Montréal sur les Bruins de Boston lors du septième match de la série demi-finale de l’Association de l’Est entre les deux équipes.

D’un côté, une équipe qui cherchait (et qui au final l’aura mérité) à se faire respecter et de l’autre, une formation qui dit ne pas en avoir manqué.

Je n’ai aucun problème à ce qu’un joueur se tape la poitrine après avoir marqué un but. À la limite, de voir Milan Lucic afficher fièrement la grosseur de ses biceps à ses rivaux m’amuse.

Arroser un adversaire avec sa bouteille d’eau est un manque flagrant d’esprit sportif, autant pour Shawn Thornton que pour le respecté gardien des Rangers de New York Henrik Lundqvist. Tout comme flanquer une petite taloche à un rival dans le cercle des mises au jeu. Ces deux actions sont répréhensibles, irrespectueuses et condamnables, mais ce n’est tout de même pas la fin du monde.

Mais, «menacer» (c’est du moins ce que l’analyste de TSN Aaron Ward a rapporté) deux adversaires lors de la traditionnelle poignée de main d’après-série, ça démontre un manque flagrant de classe, voire d’intelligence.

Refuser de serrer la main d’un rival, ça s’est déjà vu (saga Martin Brodeur-Sean Avery), mais le comportement de Milan Lucic à l’endroit de Dale Weise et Alexei Emelin dépasse tout entendement.

Au pire, et je dis bien au pire, ne serre pas la main à personne. Rentre directement au vestiaire, casse trois, quatre bâtons, renverse une poubelle, hurle des jurons, fait un trou dans le mur avec tes poings.

JDQ_Richard_apres_commotionLa poignée de main d’après-série est une des traditions sportives que j’apprécie le plus. Ça permet aux athlètes de se dire «on s’est tapé sur la gueule, on a donné des coups limites, on y est allé d’attaques verbales. Mais maintenant, c’est fini, on passe à autre chose et bravo pour ta victoire». Si la poignée de main pouvait parler, elle dirait probablement ceci. Du moins c’est ce qu’elle devrait. Du moins c’est ce qu’elle disait quand le Rocket a serré la main de Jim Henry après la série Canadien-Bruins de 1952.

Elle symbolise l’essence même de la compétition sportive, l’une des raisons pour laquelle les joueurs font, ou du moins devrait faire, ce métier.

Je trouve dommage qu’un illuminé comme Lucic trouve le moyen d’ignorer ce principe. Et ce n’est pas la première fois. Et malheureusement, ce ne sera pas la dernière.

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Une rivalité, une décennie

- 25 mars 2014

Il y a eu Lendl contre McEnroe. Il y a eu Connors contre McEnroe/Lendl. Il y a eu Becker contre Edberg. Il y a eu Agassi contre Sampras.

Et il y a Rafael Nadal contre Roger Federer.

Ces rivalités ont façonné, chacune à leur manière, leur époque.

shake07Il y a 10 ans, presque jour pour jour, le premier chapitre de celle entre Federer, qui amorçait sa domination du tennis professionnel, et un teigneux adolescent espagnol de 17 ans du nom de Nadal a été écrit lors du troisième tour du Masters de Miami, en 2004.

Couronné depuis à peine quelques semaines, Federer devait déjà faire face à celui qui allait devenir son éternel rival. À la surprise générale, c’est Nadal qui s’est imposé en deux petites manches de 6-3 et 6-3.

La différence entre les deux joueurs était frappante, la clé d’une rivalité durable. D’un côté, il y avait Federer, gracieux et léger dans ses coups, ses déplacements et stoïque dans ses réactions. De l’autre, il y avait Nadal, bouillant, exubérant, infatigable. Les coups offensifs et à plat du Suisse faisaient contraste aux grosses frappes brossées de l’Espagnol.

Au fil des années, les contrastes ne sont jamais estompés et c’est pour cela que la rivalité a survécu malgré la fiche dominante de 23 victoires de Nadal en 33 affrontements contre Federer. Il y a aussi le fait que les deux joueurs possèdent de fidèles partisans qui sont tout aussi aux antipodes que les deux athlètes. Il y a aussi le fait que seul Nadal parvenait à ébranler d’une manière presque constante la domination du Suisse entre 2004 et 2007.

Pourtant Nadal a disputé plus de matchs contre Novak Djokovic (22-17 en faveur de Nadal). Mais l’intensité de la rivalité n’arrivera jamais à la cheville de celle contre Federer. J’aime penser que ceci peut s’expliquer par le fait que Nadal et Federer ont amorcé leur rivalité alors que le tennis masculin avait peine à remplacer les classiques entre Agassi et Sampras.

Le duel de tous les duels entre Federer et Nadal est survenu à Wimbledon en 2008, alors que Nadal est finalement parvenu à s’imposer sur le gazon anglais, 9-7 à la cinquième manche; un match qui est considéré par plusieurs comme le plus grand de tous les temps.

Cette rivalité continuera d’attirer l’attention de tous, et ce, même si aucun des deux joueurs n’est le numéro un au monde, jusqu’à ce qu’un des deux se retirera. C’est alors que deux p’tits nouveaux prendront la relève.

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Émotions à l’état pur

- 11 février 2014

La beauté des Jeux olympiques est qu’ils ont le pouvoir de faire vivre de véritables montagnes russes d’émotions.QMI_OLY20140210DD26

Depuis le début des compétitions à Sotchi, j’ai pleuré de joie avec les soeurs Dufour-Lapointe. J’ai essuyé quelques larmes, également de joie, quand Alexandre Bilodeau a enlacé son frère Frédéric après son triomphe. J’ai esquissé un sourire de fierté en voyant le bonheur de Mikaël Kingsbury, même s’il n’a pas gagné, et Marc-Antoine Gagnon, qui est passé si près de monter sur le podium.

 

J’ai sauté de joie avec Mark McMorris (et sa côté cassée), Dara Howell, Kim Lamarre et toute l’équipe canadienne de patinage artistique.

J’ai également forcé avec Jean-Philippe Le Guellec et Alex Harvey, puis resté incrédule devant ce qui leur est arrivé; la chute de Le Guellec et le mauvais fartage de Harvey. J’ai souffert avec Marie-Michèle Gagnon, qui s’est disloqué l’épaule, avec Yuki Tsubota, blessée à la mâchoire, et Kaya Turski.

J’ai surtout été si heureux pour Charles Hamelin et sa complète domination du 1500 mètres courte piste.

Et je suis sûr que la plupart d’entre vous en avez fait tout autant.

Certains de ces athlètes, nous ne les voyons qu’une fois à tous les quatre ans. Certains, on les voit qu’une seule fois, point final. Mais on s’y attache, on veut qu’ils réussissent, pour leur pays, oui bien sûr, mais également pour tout ce qu’ils ont pu surmonter. Certaines histoires sont ahurissantes.

Ces athlètes amateurs en auraient tellement à apprendre à leurs homologues professionnels. Allez. Un p’tit cour sur le travail, l’acharnement et la persévérance. Lundi soir, de 18h à 21h, avec le professeur Hamelin.

À ceux qui se bornent à ne s’exciter que lorsque la médaille d’or est accrochée au cou d’un athlète canadien (ou lors des matchs de hockey masculin), j’aimerais vous dire que ces athlètes amateurs attendent depuis quatre ans de vous montrer ce qu’ils peuvent faire. Ça fait quatre ans qu’ils attendent de revêtir l’uniforme de l’unifolié pour espérer propulser leur pays vers la gloire.

C’est bien de viser haut, c’est ce qu’il faut. Il faut travailler pour tenter d’atteindre le sommet. Mais en cas d’échec, ça n’enlève rien à la performance des athlètes. Alors, un peu de respect svp. Des commentaires vicieux sur une 26e place, j’en entends à la tonne.

Bons Jeux!

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Le déclin, quel déclin?

- 24 janvier 2014

Il me semble que c’est un bien long déclin.

Roger Federer n’a pas vaincu Rafael Nadal en Grand Chelem depuis la finale de Wimbledon en 2007 et s’est incliné pour une 23e fois, en 33 occasions, devant l’Espagnol en demi-finale des Internationaux d’Australie.

Chaque fois depuis, le mot «déclin» revient immanquablement dans les discussions. En fait, après chaque défaite du Suisse, peu importe l’adversaire, peu importe la surface, peu importe le tournoi.

Ce mot est revenu avec insistance en 2008, après un deuxième triomphe de Nadal au All England Club, puis s’est estompé avec la victoire de Federer à Paris, le bastion de son éternel rival. En 2010, 2011, 2012, 2013, 2014… toujours le déclin du Suisse.

AFP_APH1172217À ce que je sache, une demi-finale lors d’un tournoi du Grand Chelem, ce n’est pas si mauvais que ça. Non? À ce que je sache, perdre devant celui qui ne sait plus perdre, ce n’est pas si mauvais que ça. Non?

Surtout perdre dans ce qui est probablement la plus grande incompatibilité des styles de jeu, ce n’est pas un déshonneur non plus.

Les standards de Federer sont si élevés que seule la victoire satisfait ses partisans. La défaite amène toujours un questionnement sur la carrière du Suisse. Ça fait sept ans que ça dure, alors chers amis, s’agit-il d’une mort lente annoncée par tous en 2007 ou simplement que le fait de dominer outrageusement son sport pendant une décennie est franchement tout à fait impossible? Il n’y a pas de déclin, il n’y en a jamais eu.

Federer est toujours parmi les meilleurs du monde et se retirera quand il le voudra parmi les meilleurs du monde. Et ce sera la même chose pour Nadal.

Selon moi, la définition du meilleur joueur de tous les temps ne réside pas nécessairement uniquement dans les statistiques, mais bien dans le laps de temps consécutif où celui-ci a dominé incontestablement tous ses adversaires. Federer l’a fait sans broncher pendant environ quatre ans. C’est ÉNORME!

Bien sûr 17 Grands Chelem et plus de 300 semaines en tant que numéro 1, ça aide.

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